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Jeudi 07 février 2019

-toire international sur ces questions ; car nous tenons à associer les chercheurs internationaux. J’ajoute que dans la gouvernance de la Fondation, il y aura aussi un conseil des territoires pour représenter les collectivités locales.

Qu’en est-il de sa dimension internationale ?

L’esclavage est une histoire millénaire, mais la traite coloniale commence au XVIe siècle avec les Portugais, les Français, les Espagnols, les Anglais… C’est toute l’Europe qui a mis en œuvre ce système. C’est une économie, la première mondialisation, qui sera suivie par le colonialisme… Cela crée, pour les pays impliqués, un lien indénouable avec l’Afrique et les Amériques. Aujourd’hui on redécouvre cette histoire en Colombie, au Pérou, au Mexique…

Où en êtes-vous des moyens pour la future Fondation ?

Financièrement, nous en sommes aux deux tiers de la cible avec un peu plus d’1,2 million d’euros pour le capital (nous devons en réunir 1,5 million). Ce sont en majorité des capitaux privés, qui viennent de grands groupes, d’entreprises plus modestes mais également de personnalités engagées. Le reste vient de contributions publiques, celles de la quinzaine de collectivités locales qui ont déjà accepté de s’engager dans le projet comme membres fondateurs. Pour le fonctionnement, nous avons besoin de deux millions par an garantis sur quatre ans. Sur ces deux millions annuels, la moitié sera d’origine privée — c’est la campagne de levée de fonds —, l’autre moitié, c’est la contribution publique de l’État : mise à disposition de locaux, financement de l’équipe permanente. Je précise par ailleurs que, dans une Fondation, les fonctions de président et d’administrateur sont totalement bénévoles. Nous devrions nous installer dans notre siège à l’hôtel de la marine fin 2019, début 2020, quand les travaux y seront finis. Nous serons à quelques mètres du bureau qu’occupait Victor Schœlcher en 1848.

Et vos premiers projets ?

Nous allons beaucoup travailler avec les écoles, les associations d’éducation populaire. Il y a beaucoup de partenariats possibles, certains mêmes qui existent déjà et qu’on voudrait renforcer. Nous envisageons par exemple d’organiser des voyages mémoriels qui pourraient passer par le Mémorial ACTe pour faire connaître à la jeunesse cette histoire, là où elle s’est passée. Nous voudrions inaugurer cela avec les lauréats du concours scolaire de la Flamme de l’Égalité. Nous souhaitons, bien sûr, renforcer les programmes de recherche. Nous envisageons également de pouvoir labelliser les initiatives locales, comme l’avait fait la mission du centenaire de 1914-1918, y compris en donnant un coup de pouce financier, dans la limite des moyens que nous aurons. Nous voulons enfin mettre en valeur tout le patrimoine culturel et artistique issu de cette histoire. Nous voulons mettre en place un musée virtuel, et les 6 et 7 mai prochains, nous organisons des rencontres internationales sur le patrimoine matériel et immatériel de cette histoire, avec tous les grands musées et les grandes institutions françaises et étrangères qui travaillent sur ces questions. C’est le musée d’Orsay qui nous accueille, pendant son exposition de peintures sur « Le modèle noir ».

Propos recueillis par FXG, à Paris

L’autre fondation qui marche

Serge Romana, ex-président du CM98 et désormais président de la Fondation esclavage et réconciliation qui a su attirer l’intérêt et les fonds des descendants des esclavagistes martiniquais, entre autres, observe que ceux qui ont joué un rôle fondamental dans l’histoire de la mémoire de l’esclavage, à savoir les descendants d’esclaves eux-mêmes, ne sont pas, dans le GIP, au cœur du dispositif… Le directeur général est l’ancien préfet Henri Jean. À ses côtés, l’ex-plume de François Hollande, Pierre-Yves Bocquet, administrateur, ou encore Florence Pizzorni du ministère de la Culture comme directrice adjointe… Mais il préfère ne pas attiser les braises, car l’essentiel pour lui qui aurait eu toute légitimité à présider ce GIP, est que l’État ait donné suite au projet du CM98 du mur des noms au jardin des Tuileries. Quant à la fondation qu’il préside, Esclavage et Réconciliation, Serge Romana ne voit aucun obstacle à ce qu’elle soit habilitée par la future fondation nationale puisque son objet est tourné vers les patrimoines matériels et immatériels liés à l’histoire de l’esclavage en Guadeloupe et en Martinique. Pourvu que Jean-Marc Ayrault parvienne à la porter sur les fonts baptismaux.

C’est cette attente de la population, de la jeunesse, des territoires que nous n’avons pas le droit de décevoir.

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