Des artistes caribéens au secours des SDF parisiens

Des artistes caribéens au secours des SDF parisiens

FXG, à Paris


Pierre Cornette de Saint-Cyr, Christophe Girard et Christophe Mert.

Débarquement des avions inter-îles, une photo d'Adolphe Catan

L'affiche de la vente au profit des sans-abris

Bluemarine de Bruno Coiffard

Ainsi soit elle de Carine Hayot

Chabin de Mickaël Caruge

Vaval 1 et 2 de Claude Cauquil

La fille espérance de Danièle Monsoro

Bouclier de David Né

Anse à la barque de Fanny Debeurme

Falaises vertes de Francis Eck

Photo de FRançois-Xavier Péroval

La liseuse de Fred Eucharis

Lacets de Gildaas

Déjeuner sur le sable d'Hector Charpentier

Fleurs de rocailles de Jean-Marie Nicoli

Les totems de Christophe Mert

La méchanceté des artistes de Luis Pannier

Mert devant les totems

Un masque d'invocation monaiste de Christophe Mert

Berceau de Noël Chateau

Tentation de Zobel

Une vingtaine d’artistes antillais ont exposé leurs œuvres pendant trois jours à la mairie du 4e arrondissement de Paris, entre le 15 et le 17 octobre. Ils ont répondu à l’invitation du maire Christophe Girard pour le lancement de son opération « grand froid ». La toile du Guadeloupéen Philippe Laurent, « L’anonymat des sans abris » qui a fait l’affiche, a été offerte par l’artiste, de même que l’un des totems, « Les guérisseurs d’âme », du Martiniquais Christoph Mert qui restera en exposition permanente à la mairie d’arrondissement.
Ces peintures, photos et sculptures ont été vendues aux enchères par le célèbre commissaire-priseur parisien Pierre Cornette de Saint-Cyr et ont rapporté quelque 2000 €. La somme sera intégralement reversée à la Croix rouge au bénéfice des sans abris. « Une petite somme, explique l’organisatrice de l’exposition, Patricia Condo, de L’art d’être soi…e, car lors des ventes de solidarité, les lots vendus pour récupérer des fonds sont en général des oeuvres connues, mais le maire a fait confiance à nos artistes. »
Des tirages d’Adolphe Catan
Si le commissaire-priseur, qui a acquis le masque de Christophe Mert, « Invocation au monaïsme » (en référence à Eugène Mona), accorde un véritable intérêt artistique aux œuvres de Philippe Laurent, Mickaël Caruge, Claude Cauquil, Gildaas et Christophe Mert, d’autres plasticiens, Hector Charpentier et Francis Eck, ont aussi trouvé des acquéreurs. Danièle Monsoro et Fred Eucharis ont fait de sérieuses touches, mais les ventes restent à confirmer…
A noter qu’à côté des photographies contemporaines de Joël Zobel et François-Xavier Peroval, Patricia Condo a présenté quelques tirages sur aluminium du photographe guadeloupéen Adolphe Catan. Les autres artistes exposés étaient Xavier Barthe, Bénito, Noël Château, Béatrice Clerc, Bruno Coiffard, Fanny Debeurme, Jean-Luc Dejean, Hélène Donadieu, Carine Hayot, David Né, Jean-Marie Nicoli et Luis Pannier.
L’exposition de ces artistes et la vente de solidarité seront reconduites à la fin de l’année prochaine.
 
Le marcaraïmonisme de Christophe Mert
Trônant telle une forêt au milieu de la salle d’exposition, les 14 totems de Christophe Mert ont été le clou de l’exposition. Chaque œuvre est faite à partir de matériaux de récupération, que l’artiste qualifie de « récupération de cœur ». Ce Martiniquais de 39 ans vit et travaille à Rivière-Pilote. « Ces totems sont un concept que j’ai démarré en 2011 avec une première exposition en Martinique. Depuis, ils sont allés à Miami et les voilà à Paris… » Ce concept, c’est la « totemisation des anonymes ». L’artiste entend ainsi valoriser « des individus qu’on croise sans les regarder ni les écouter alors qu’ils ont tous quelque chose à dire »… Il en a d’abord créé 34, autant qu’il y a de communes en Martinique. Aujourd’hui, il y en a 54, car Christophe Mert a élargi sa palette aux îles de la Caraïbe. « J’appelle cela le marcaraïmonisme. » Il faut entendre Martinique, Caraïbe et monde, une façon pour l’artiste d’aller de l’individualité à l’universalité. L’un de ces totems est aujourd’hui exposé au conseil général de la Martinique.