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ENTRETIEN FRANCE-GUYANE

« Un confinement, ça pose des problèmes à long terme »

Propos recueillis par Hermann ROSE-ELIE Samedi 27 Juin 2020 - 10h33
« Un confinement, ça pose des problèmes à long terme »
"Nous ne pourrons gagner contre l'épidémie sans la généralisation du port du masque et le confinement des personnes vulnérables" affirme le préfet, Marc Del Grande

Marc Del Grande revient plus largement sur les mesures annoncées par la ministre des Outre-mer. Point d’étape, général sur la situation avec le Préfet de Guyane.

MESURES DE RESTRICTION
Une large partie de la population attendait de la ministre des Outre-mer un confinement global, qu’est-ce qui a pesé dans la décision de ne pas confiner ?

La ministre a reçu très largement les différents représentants de la société guyanaise, et le choix des mesures qui ont été prises s’est imposé comme étant le plus conforme dans la situation épidémiologique actuelle même si cela ne fait jamais consensus, à la fois à la santé et aux intérêts des guyanais.

Pourtant le seul modèle actuel qui permet de limiter la propagation reste bien le confinement ?

Nous avons des masques, ce n’est pas un problème sur notre territoire. Nous avons mis à disposition des communes, des associations, des forces de l’ordre, plus de 850 000 masques pour être distribués à la population.

Nous avons augmenté notre capacité de tests.

Nous sommes passés à la vitesse supérieure et le nombre de tests va augmenter. Nous avons notre expérience en matière de gestes barrières qui sont respectés par une grande majorité de la population mais ce n’est pas suffisant, l’objectif est que nous soyons à 100% de la population.

J’entends bien, pourtant dans l’Hexagone en mars dernier il y avait des masques, il y avait les barrières de distanciations, le pays a pourtant été placé en confinement. Partout dans le monde, cette mesure montre ses résultats.
Avez-vous une pression des acteurs économiques ?


Lorsque le confinement a été décidé à l’époque, on n’avait peu de tests et peu de masques. Vous voyez que partout dans le monde, il y a des interrogations sur le reconfinement général. Lutter contre une épidémie, c’est très complexe.

Ce n’est pas avec des mesures simplistes qu’on arrive à régler tous les problèmes. Un confinement ça pose des problèmes à long terme, ce sont des patients avec des pertes de chance qui voient leurs opérations reportées.

Ce sont des quartiers dans lesquels on n’ira plus alors qu’ils ont besoin d’aides alimentaires. Et quand on dit confinement, il y a aussi le problème du déconfinement, on voit ce que ça donne. Il y a un relâchement qui peut être fatal.

La ligne qui est suivie, on va essayer de la tenir pendant deux semaines avec des clauses de revoyure quasiment quotidiennes.
On observe notamment le système hospitalier et l’évolution épidémique.

Plusieurs quartiers sont confinés, sur quels critères ont-ils été choisis ?

Il y a deux critères : une forte circulation du virus et une forte vulnérabilité. La liste qui a été publiée pourra évoluer en fonction de la dynamique épidémique. Des quartiers pourront disparaître de la liste, d’autres arriver. Être dans cette liste, ce n’est pas une punition !


S’agissant du couvre-feu, est-ce que cela veut dire que le virus ne circule qu’entre 5H et 17H la semaine et à partir de 13H le week-end ?

Mais vous savez bien que non. Pourquoi ces mesures ont été prises ? Si le couvre-feu avait été respecté partout sur le territoire, les occasions de contamination n’auraient pas été aussi fortes.

On connaît la Guyane, on aime sortir le soir, on aime se regrouper le soir. Ce couvre-feu évite ces regroupements. On est dans une logique de freiner l’épidémie mais aussi d’assurer une vie économique qui peut-être permettra de préserver l’avenir de la Guyane.

Vous interdisez la vente d’alcool entre 16H et 8H, pourquoi ?

Le couvre-feu fait que la vente d’alcool est interdite et j’interdis surtout la consommation d’alcool sur la voie publique.
Cela évite des attroupements qui favorisent l’épidémie. Je fermerai tous les libres-service qui serviront des personnes qui ont déjà
trop bu.

BILAN SANITAIRE

Le dernier bilan covid fait état de 11 morts en milieu hospitalier. Est-ce à dire qu'il y a des morts hors hôpitaux ?

Il peut arriver qu’il y ait des patients qui décèdent à leur domicile, c’est un chiffre qui n’est pas par définition complètement consolidé. La mortalité observée en Guyane du 1er mars 2020 jusqu’à maintenant est significativement en baisse, ce qui est un indicateur pour vérifier qu’il n’y a pas beaucoup de décès Covid dans les domiciles. Il peut arriver qu’il y ait des décès en effet…

Il y en a eu ou pas à domicile ?

À ma connaissance, il y a eu un décès à domicile. Mais c’est à ma connaissance, je ne suis pas l’autorité médicale.
ECONOMIE
Les travaux qui devaient débuter en Guyane sont-ils tous stoppés ?

On ne stoppe pas car les administrations, contrairement à ce que j’entends, fonctionnent. Je vais signer les marchés très vite pour la route Maripasoula-Papaichton. Nous nous efforçons de maintenir l'avancement des grands projets. C’est aussi l’une des raisons de ne pas confiner.

LES ACTEURS DE LA CRISE

On perçu une certaine tension entre la ministre des Outre-mer et la directrice de l’ARS, cette semaine. Clara De Bort a-t-elle toujours la confiance de l’État ?

Je n’ai pas senti de tensions entre la ministre et la directrice de l’ARS. Lorsque nous sommes assurés des fonctions d’autorité et de représentation de l’Etat dans les circonstances actuelles en Guyane, cela exige beaucoup de force de caractère, d’énergie, de sobriété et un engagement sans faille.

Tous les responsables de l’Etat dont Clara De Bort sont dans cet état d’esprit et n’ont pas le temps d’avoir d’état d’âme.

JUSTICE

Le collectif PLPG (panga lasanté pep gwiyanè) a déposé plainte contre l'État. Comprenez-vous la démarche ?

C’est leur droit, elle sera instruite. Je n’ai pas à comprendre un fait. Il y a eu une plainte qui sera instruite si elle est reçevable.

TRANSPORT AERIEN
Que se passe-t-il avec les compagnies aériennes ? Des passagers se plaignent d’annulations vols à la dernière minute.

Je ne vais pas me défausser, même si je ne suis pas le directeur des compagnies aériennes. Je comprends ce que peut être la détresse de ceux à qui on a dit : il y a un vol mais vous ne pouvez pas monter dans l’avion.

Dire que c’est l’autorité préfectorale serait trop simple. Nous sommes dans une période, et les compagnies le savent, où les vols sont restreints. C’est le cas depuis début mars, il y a une gestion qui se fait de semaines en semaines.

Et prévoir quatre vols quand en réalité on n’est pas certain d’avoir l’autorisation pour ces quatre vols, ce n’est pas la faute du préfet.

MOYENS

Les forces de l’ordre sont elles aussi touchées par le Covid et mises à lourde contribution, des renforts sont-ils encore prévus ?


Il y a des discussions sur ce sujet…

VIE SOCIALE
Concernant les associations, certaines s’inquiètent de leur survie…

La ministre s’est engagée à soutenir les associations. Nous avons avec les associations de ce territoire des relations qui, je l’espère, survivront après la crise car elles sont importantes pour gérer les quartiers d’habitat informel.

EDUCATION

Le recteur dit s’organiser pour que tous les élèves fassent la rentrée scolaire, vous êtes aussi confiant que lui ?

On tiendra compte du contexte, notre état d’esprit est important. Si nous sommes défaitistes, on ne s’en sortira jamais.
Nous devons être confiants dans nos atouts surtout si on respecte tous les dispositions sanitaires.

L’État continuera-t-il à distribuer des masques aux élèves à la rentrée.

Les masques pour la rentrée sont déjà prêts à être distribués, ils sont stockés et mis à la disposition du recteur.

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1 commentaire

Vos commentaires

jayjay5 28.06.2020
Incompétent

"Un confinement, ça pose des problèmes à long terme".

Et ce monsieur ne s'est pas posé la question en mars quand on a suivi la métropole comme des moutons alors que nous n'avions que 40 cas environ ?

A ce moment-là, la pandémie n'avait pas encore touché le Brésil, les vols Orly-Cayenne pouvaient faire l'objet de mesures de quarantaine et dépistage, le Suriname n'avait (et n'a toujours pas) de problème de COVID.

C'était pas à ce moment qu'il fallait remettre en question le confinement mis en place par Paris ?

Encore un bras cassé de la métropole qu'ils envoient chez nous...

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