• S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Apatou : « L'avenir en communion avec nos ancêtres »*

Jean-Marie Pr FOTSING Jeudi 27 janvier 2011
Apatou : « L'avenir en communion avec nos ancêtres »*
1955 (Apatou 1955, Photographie aérienne, Copyright IGN)

France-Guyane et l'IRD vous proposent, le dernier jeudi de chaque mois, une commune vue du ciel, « hier » et « aujourd'hui » . Dixième commune : Apatou. Le mois prochain : Maripa-Soula.

Apatou est une commune rurale située au nord-ouest de la Guyane, en bordure du bas Maroni et du Suriname. C'est une commune récente créée en 1976 à la suite de la partition de Grand-Santi/Papaïchton. Elle est limitée à l'ouest par le fleuve Maroni, à l'est et au sud par les communes de Saint-Laurent du Maroni et de Grand-Santi.
Avec 2160 km2, Apatou se place au 14e rang des communes de Guyane par sa superficie. Mais elle occupe la 8e position avec une population totale de 6 360 habitants en 2009 (sources Insee). Cette population place Apatou parmi les quatre communes rurales de niveau supérieur. Cette population est en partie regroupée dans le bourg d'Apatou situé à plus de 320 kilomètres de Cayenne. Ce « petit bout du monde » établit sur la rive gauche du Maroni est le principal pole de peuplement et chef-lieu de la commune.
Situation en 1955
L'extrait de la photographie aérienne de 1955 (photo ci-dessous) montre, à l'emplacement actuel du bourg d'Apatou, deux empreintes de défrichement sur la rive droite du Maroni, totalement couverte de forêt dense. Ces défrichements ne portent ni habitations ni voie de communication préfigurant le futur village. L'extension continue du couvert forestier laisse penser que les populations en place vivent plus de la pêche, des produits de la forêt et de la cueillette que de l'agriculture.
2010 (Apatou 2010, Image Spot 5 d'octobre 2010. Copyright CNES. Distribution commerciale exclusive Spot Image : SEAS Guyane. Traitement d'image : Centre IRD de Guyane - UMR ESPACE-DEV.)
Situation actuelle
Vue par le satellite Spot 5 en octobre 2010 (photo ci-dessus), Apatou présente le paysage d'une « petite ville-rue » qui s'est développée le long d'un axe routier principal dont le tracé épouse grossièrement la courbe du fleuve sur la rive droite où s'est établi le village. Il s'agit de la rue Préfet-Vignon qui prolonge la route venant de Saint-Laurent jusqu'à la place des Fêtes située au coeur du bourg et de la rue François-Mitterrand qui part de la place des Fêtes vers le sud du bourg.
Vue de plus près, Apatou est une ville marquée par le poids du passé et des activités. Bloquée à l'ouest par le fleuve, la croissance s'est faite de façon anarchique vers le sud et secondairement vers le nord et le nord-est. La photo permet ainsi de distinguer quatre « groupes de quartiers » .
- Les « quartiers du vieux bourg » qui composent le coeur historique de la ville s'étendent au sud du débarcadère principal. Rétrécis au nord, ils s'élargissent en triangle du bord du fleuve jusqu'à la rue principale, à proximité et autour de l'église et de la mairie devant laquelle s'élève la statue du fondateur de la ville le « capitaine Apatou » . Ce vieux quartier offre aux visiteurs le spectacle désolant de vieilles petites maisons entassées ou isolées le long des rues étroites et bétonnées (1,5 à 2 mètres de large). Peu de constructions modernes et/ou récentes se voient dans ce paysage de ruines aux murs en planches ou en briques, et recouvertes soit de tôles, de paille ou de bois. L'état général des habitations montre que l'occupation humaine est ancienne et le quartier en voie d'abandon.
- Les « quartiers anarchiques du sud » présentent un paysage ouvert et boisé constitué de petites maisons éparses à l'intérieur de parcelles recouvertes de végétation naturelle ou cultivée. Deux blocs s'y distinguent, séparés par un verger. Le bloc dit « Jamaïca » au sud-est du vieux bourg est limité à l'est par la crique Sabakou. Le bloc dit « China » et « Columbia » au sud du vieux bourg s'étend de la rive du fleuve à la route principale.
- Les « quartiers récents du sud-est » comprennent des constructions modernes de type pavillonnaire dans des lotissements résidentiels récemment aménagés. Avec la place des Fêtes, ces quartiers tranchent du reste du paysage par leurs aménagements de type urbain : constructions, voies de circulation, électrification, etc.
- Les « quartiers anarchiques du nord » s'étendent au-delà du complexe qui comprend la médiathèque, l'école primaire et le collège. Ils offrent une physionomie semblable aux quartiers anarchiques du sud mais avec un habitat plus clairsemé le long de la voie principale jusqu'au bord de la crique Sakoura (terminus de la route Apatou-Saint-Jean). Ces quartiers dits « Ameican » offrent des maisons de petites et moyennes tailles regroupées en deux secteurs sud et nord, séparés par une zone centrale quasi-vide d'habitations. Au-delà c'est la lagune d'assainissement visible au nord de la photo.
En conclusion, le fait le plus saisissant du paysage d'Apatou c'est le caractère anarchique de l'occupation de l'espace doublé de l'hétérogénéité des constructions avec la juxtaposition d'habitations peu denses hors du vieux bourg et de parcelles végétalisées. Des programmes de restructuration urbaine sont en cours pour « combler les vides » laissés par l'occupation anarchique. Il faudra cependant résoudre l'épineux problème du foncier en liaison avec les pratiques d'abattis qui expliquent largement cet étalement urbain sans urbanisation. Enfin, on peut noter que la quasi-totalité de la population appartient au groupe ethnique des Noirs Marrons. Cette population est moins importante dans le bourg comme en témoigne la vingtaine de pirogues à moteur qui à la mi-journée ramènent les enfants à leurs villages, vidant ainsi le bourg de la quasi-totalité de sa population scolarisée.
Pr Jean-Marie FOTSING (directeur de l'IRD en Guyane)
(1) Signification du blason de la commune.
- Vue du sol...
À la question « Comment voyez-vous l'avenir de la commune ? » , ces habitants répondent :
- « L'avenir réside dans la concentration de la population au bourg d'Apatou pour en faire un pôle de développement économique » (Paul Dolianky).
- « Il faut faciliter l'accès au foncier pour permettre aux populations de s'installer et de développer la commune » (Jessy Koenersie).

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
A la une
1 commentaire
3 commentaires
Société

Avril 1981 : Cayenne a soif

Marlène CLÉOMA ( m.cleoma@agmedias.fr) - Mercredi 8 Décembre 2021

 En ce premier trimestre de l’année 1981 les Guyanais font face à de nombreuses...

1 commentaire