France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Javouhey

Les collégiens participent à un exercice de l’armée de terre

Vendredi 28 juin 2019
Les collégiens participent à un exercice de l’armée de terre
Arrivée du Casa sur l'aérodrome de Saint-Laurent du Maroni, le lundi. - Philippine Oréfice

Du lundi 17 au mercredi 19 juin, le 9e Régiment d’infanterie de marine (9e RIMa) a organisé l’exercice Fer de lance, une mission d’évacuation de ressortissants dans l’Ouest. Cet exercice annuel vise à entraîner les soldats. Il s’est déroulé en partenariat avec les élèves du collège Paule-Berthelot de Javouhey, à Mana.

Au cœur du 9e RIMa

Lundi, 9h40, aérodrome de Saint-Laurent. Une quinzaine de soldats se précipite hors d’un Casa, petit avion de l’armée de l’air. En quelques secondes, les marsouins du 9e RIMa, un régiment qui agit également dans le cadre de l’opération Harpie, se placent stratégiquement sur le terrain.

Cinq minutes plus tard, un deuxième avion se pose avec une nouvelle cargaison de soldats. Ils se dispersent sur tout l’aérodrome et se mettent en position. Au loin, des passants poursuivent leur route, indifférents. Ce poser d’assaut est la première étape de l’exercice.

À l’affut d’une menace, des soldats veillent tandis que d’autres se frayent un chemin pour rejoindre la route et atteindre la pointe Balaté où les attendent deux pirogues et trois vedettes. Le but est maintenant de rejoindre le point de regroupement des ressortissants, à  quelques encablures de Terre Rouge.

Ce jour-là, ce sont des militaires qui jouent, avec une justesse troublante, le rôle des civils partagés entre la peur et l’incompréhension.

Nous sommes en plein Dékou Dékou, au cœur d’un Sinnamaland en proie à la milice mafieuse des Caïmans Noirs. Depuis plus de trois mois, le 9e RIMa prépare cette mission et a établi le scénario rodé d’un pays fictif à l’histoire politique tourmentée. L’objectif paraît simple : évacuer les ressortissants français à un moment où la situation sécuritaire se détériore. Dans la réalité, c’est l’une des missions qui incombe au 9e RIMa.

Pour le lieutenant-colonel Roure, avec cet exercice, il s’agit de « valider les procédures et le savoir-faire dans le cadre d’une mission d’évacuation de ressortissants », tout en s’appliquant à travailler « la coordination entre les forces armées, les autorités et les civils ».

Le capitaine Jean Sébastien commande la 1re compagnie du 9e RIMa : « L’exercice a nécessité une grosse préparation logistique étant donné que nous sommes déployés avec l’intégralité des moyens du régiment, tant humains que matériels. » Entre 200 et 250 personnes — soldats du 9e, réservistes et civils — ont été mobilisés avec une cinquantaine de véhicules.

Implication

Mardi matin, collège Paule-Berthelot de Javouhey. Dans le gymnase, des lits de camp sont installés. C’est là que les soldats ont passé la nuit. À côté, les 90 collégiens ont enfilé leur gilet pare-balles. « Ça fait mal aux épaules », murmure Nadège, élève de 3e. Avec six autres jeunes, elle embarque à bord d’un camion en direction de Mana où un point d’évacuation a été monté. Sur la route, alors que l’une de ses camarades s’inquiète de voir l’un des soldats sortir des munitions, Huguette explique vivre « une journée inoubliable ». Elle aussi est en 3e mais dans l’une des deux classes défense du collège : une spécialité destinée à « sensibiliser aux problématiques de la défense ». Plusieurs fois dans le semestre, les élèves se sont rendus à Saint-Jean où ils ont découvert le quotidien des militaires. Si l’expérience lui plaît, Huguette est catégorique, elle ne s’engagera pas dans l’armée : « C’est trop difficile. Ils sont vraiment courageux. »

Arrivés au point d’évacuation, au stade de Mana, les élèves se soumettent à une fouille pour vérifier qu’ils ne détiennent pas d’arme et sont priés de livrer leur identité. C’est la procédure classique à effectuer dans ce genre de situation pour s’assurer que les individus sont bien sur la liste des ressortissants français, fournie par le consulat. Pour le lieutenant-colonel Thomas, chef des opérations, il est important d’impliquer des jeunes : « Notre intérêt c’est qu’il y ait une connaissance, qu’un militaire ne soit pas qu’une image ou un fantasme. Ça fait partie de leur vie courante désormais donc il faut qu’ils sachent à quoi on sert. » À ses côtés, le gardien-brigadier Alphonse Renaud déambule dans le camp et s’enthousiasme que cet exercice se tienne à Mana : « Ça fait chaud au cœur et c’est bien pour les jeunes. Ça permet de voir ce qu’il se passe. » Le policier avait d’ailleurs parlé de cet exercice à des adolescents de la commune, mais il regrette de ne pas les avoir vus aux abords du camp. « L’armée est une bonne chose. On peut y entrer sans rien et sortir avec un bagage », souffle-t-il.

Découverte

Alors que l’exercice se poursuit et que c’est au tour du général Looten, commandant supérieur des Forces armées en Guyane, de se mettre dans la peau d’un ressortissant, plus loin sur la rivière, l’une des dernières vagues d’élèves du collège arrive au camp d’évacuation. Élysier Jadfard est leur professeur. Ces élèves sont allophones et viennent quasiment tous du Suriname. L’exercice prend alors une dimension toute particulière : « C’est une expérience sociale et scolaire très intéressante pour eux. Ils ont dû gérer l’attente, l’angoisse et ils doivent aussi faire face à l’épreuve du langage, décliner leur identité quand les soldats leur demande », explique Élysier Jadfard. Cette classe de tous niveaux est composée d’une petite quinzaine d’élèves établis en France depuis septembre. « C’est la première fois qu’ils font un exercice de la sorte et la première fois qu’ils rencontrent des soldats français, c’est intéressant », ajoute-t-il. Au moins quatre d’entre eux souhaitent s’engager dans l’armée, une habitude qui serait bien plus répandue sur l’autre rive du Maroni.

Pour les élèves qui ne sont pas prêts à franchir le pas, l’exercice aura en tous cas eu l’intérêt de leur faire découvrir les métiers de l’armée et une partie de son rôle en Guyane, aux dires du personnel d’éducation présent.

Philippine OREFICE

Arrivée des vedettes sur la pointe Balaté le lundi. - Philippine Oréfice

1

2

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
1 commentaire
A la une
Guyane

Camopi fête ses 50 ans

Mercredi 17 Juillet 2019