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Les Amérindiens, première civilisation de Guyane ?

Mercredi 29 Janvier 2020 - 03h15
 Les Amérindiens, première civilisation de Guyane ?
Les perles retrouvées faites à partir du coquillage bivalve qui datent du 16ème. Le vernissage de l'exposition réalisée avec le soutien de la DAC a lieu le 20 septembre, à l'occasion des journées du patrimoine. - aurelie ponsot

L’exposition Patrimoine archéologique précolombien et amérindien au CSG, située sur le site d’observation Colibri, est le résultat des fouilles archéologiques conduites par l’Inrap (1) à l’occasion des chantiers de Soyouz et d’Ariane 6. Elle témoigne du mode de vie des Amérindiens, il y a plus de 6 000 ans.

Perles fabriquées à base de coquillages, vases servant d'urnes funéraires, outils en pierre… autant de découvertes dans les vitrines de cette exposition dévoilée en avant première le 10 août au Grand conseil coutumier des peuples amérindiens à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones. Depuis, elle est intégrée dans le parcours de visite du Centre spatial guyanais. Les objets exposés viennent essentiellement de deux sites Eva-2 et Luna-S2 et témoignent de trois grandes périodes de l’histoire guyanaise : le Mésoindien (6 000 ans avant notre ère), le Néoindien et le début de la colonisation européenne. Ces fouilles ont mis en lumière que les terrains qui s'étendent entre Kourou et Sinnamary sont les témoins privilégiés de l'installation des Précolombiens sur la frange littorale il y a des milliers d'années. On y retrouve des objets qui informent sur leur mode de vie et leur habitat : mobilier lithique, mobilier céramique, perles, rites funéraires (sépultures) ou encore outillages métalliques.

Un collier de 750 perles

Il s’agit d’un des premiers lieux d’évocation de l'histoire des amérindiens de manière chronologique. Par exemple le site Luna évoque un habitat de plein air constitué de carbets regroupés au sommet du morne sableux. Un village qui aurait été apparemment abandonné vers le début du XVIIIe siècle lors de la fondation du bourg de Kourou. Parmi les objets retrouvés, il y a des perles. S'il y a des perles qui sont en plastique (amenées par les colons), les chercheurs ont également retrouvé des perles datant du XVIe siècle, fabriquées manuellement par les Amérindiens. Elles sont les derniers vestiges d'une culture matérielle qui allait disparaître, avec l'introduction de nombreux objets fabriqués en Europe. Elles étaient donc faites avec des petits coquillages, les bivalves, fracturées, abrasées, percées, assemblées. Difficile d'imaginer le nombre d'heures de travail afin d'aboutir à ce collier de 750 perles retrouvé sur le site des fouilles.

Prochainement, l’exposition devrait sortir de ces murs et aller à la rencontre des différents peuples amérindiens du territoire, c’est en tout cas la piste de réflexion actuelle entre le CSG, l’INRAP et la DAC de Guyane, les trois acteurs à l'origine de ce travail de mémoire.

Aurélie PONSOT

(1) Institut national de recherches archéologiques

Dominique Garcia, le président de l'INRAP a visité l'exposition mercredi dernier: «Ce qui nous intéresse c'est d'écrire une histoire et de la transmettre, donc ce type d'archéologie nous permet de découvrir de nouveaux lieux et d'en écrire l'histoire. C'est presque un cadre idéal si ce n'était pas un site fermé. Donc si l'exposition devient itinérante, on aura: l'endroit qui nous a permis de découvrir de nouveaux vestiges, l'exposition sur le long terme de préfiguration, et enfin l'exposition itinérante que l'on pourra demain diffuser de manière plus large sur le territoire guyanais.» - aurelie ponsot