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Camopi

Le combat des Légionnaires face aux orpailleurs

Jeudi 02 mai 2019
Le combat des Légionnaires face aux orpailleurs
L’équipe du lieutenant Olivier, armes à la main, sur la rive française de l’Oyapock à hauteur d’Ila Bella. - Samir MATHIEU

Les forces armées en Guyane (FAG) à travers la Légion étrangère, vient de mettre un sérieux coup d’arrêt à l’orpaillage illégal sur le secteur de Camopi. Elles ont bloqué, avec l’aide de l’armée brésilienne, tous les flux logistiques sur l’Oyapock et ses affluents pendant une semaine, ce qui a entrainé la mise à l’arrêt de tous les sites actifs des orpailleurs illégaux sur la zone. Reste à savoir si cet effet va durer dans le temps…

L’orpaillage illégal paralysé pendant au moins une semaine sur le secteur de Camopi. C’est le résultat de la vaste opération conjointe menée par la Légion étrangère et l’armée brésilienne du 11 au 16 avril. Pendant près d’une semaine, les quelque 200 militaires déployés sur l’Oyapock et ses affluents, ont permis de bloquer intégralement la production des sites illégaux. Comme l’a résumé le colonel Laparra, chef de corps du 3e Régiment étranger d’infanterie de Kourou, cette mission coordonnée avait pour objectif de lancer un signal fort aux garimpeiros : « Nous sommes présents, unis, et nous contrôlons le périmètre. » Concrètement, pendant cette semaine-là, le fleuve a été quadrillé en long, en large et en travers. Toutes les pirogues qui circulaient sur le fleuve ont été surveillées et toutes celles qui étaient suspectes ont été contrôlées par les légionnaires accompagnés des gendarmes mobiles et par les militaires brésiliens. Chaque armée contrôlait les flux de leur côté du fleuve de façon à ce qu’il soit impossible pour d’éventuels orpailleurs, trafiquants ou autres personnes qui enfreignaient la loi, de passer entre les mailles du filet. Les légionnaires ont surveillé tous les flux sur le fleuve jusqu’à trois heures de pirogue au nord et au sud de Camopi. Ils ont notamment surveillé de très près les villages d’Ila Bella, connu pour être une base arrière des orpailleurs et qui donne sur la Sikini, rivière qui alimente l’intérieur des terres au nord de Camopi et qui est un accès privilégié pour les sites d’orpaillages illégaux. Ils ont également, avec l’aide précieuse des soldats brésiliens, contrôlé Villa Brasil, la ville jumelle de Camopi, de l’autre côté du fleuve, elle aussi réputée pour être un site important de ravitaillement pour les orpailleurs illégaux. Les contrôles se sont également déroulés au sud de Camopi en direction de Trois Sauts.

Une action franco-brésilienne efficace

Une telle opération, exceptionnelle de par son caractère bilatéral, mais aussi en moyens humains, est le fruit d’un incroyable travail de préparation. « Cela fait presque un an que nous avons mis sur pied cette opération » a rappelé le chef de corps du 3e REI. Le colonel Lapara s’explique : « Il faut une approche globale. L’outil militaire n’est qu’un pilier. Là, nous avons déployé une large gamme de moyens. On a agi sur le pilier de la coopération bilatérale car que ce soit sur l’Oyapock ou sur le Maroni, l’orpaillage illégal est nourri par les flux logistiques. Les orpailleurs ont besoin de manger, de s’habiller, de se déplacer… Et tout ce flux logistique vient de l’extérieur de la Guyane. Ma mission c’est donc de travailler en étroite collaboration avec les Brésiliens pour limiter les entrées, notamment à Villa Brasil et Ila Bella. Là, nous avons réussi non seulement à faire venir l’armée brésilienne, mais aussi la police et la police de l’environnement brésilienne sur ces deux localités. On a créé une zone où les orpailleurs ne peuvent plus rien faire. On a voulu que les gens comprennent que pendant une semaine on bloque tout, qu’on en est capable et qu’on peut le faire quand on veut. Le but était de les tétaniser et de leur faire comprendre « attention à vous, les armées s’entendent » et qu’ils sachent clairement qu’ils ne pouvaient plus rien faire. C’est donc un combat et une vision stratégique qui dépasse la Guyane. »

Pendant cette semaine, l’objectif n’était donc pas forcément d’arrêter physiquement les orpailleurs, puisqu’ils ont rapidement compris qu’il ne fallait pas qu’ils restent dans les parages, mais que les forces françaises et brésiliennes étaient capables de les bloquer. Et l’un des enjeux post mission pour les légionnaires, c’est de mesurer l’efficacité de ce dispositif.

« On a saturé la zone »

« Cela peut durer six mois ou un an. Cet effet dissuasif est important, mais dès que l’on sentira que les orpailleurs illégaux reprendront leurs activités de manière intense, nous reviendrons. Nous avons fait venir deux sections. C’est un effort conséquent, mais nous avons déjà nettoyé des zones comme autour de Petit Saut ou de Saül où la zone est très étendue. Là-bas, on est arrivé et on a tout cassé avec trois sections. Là sur Camopi, on est obligé de n’y laissé qu’une section. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce qui est important pour l’orpailleur, c’est la stabilité. On a estimé que pour remonter un site productif, il faut de 7 à 10 jours. Donc, cette section ici sur Camopi produit des effets démultipliés par rapport à ses effectifs. Cette opération que l’on vient de mener, c’est la partie visible de l’iceberg. La coopération avec les Brésiliens est permanente. On échange au moins trois fois par semaine. Quand à ce qui est du bilan, l’important c’est le nombre de sites actifs. Le jour où on aura gagné c’est lorsqu’il n’y aura plus de sites actifs », a conclut le colonel Laparra.

Samir MATHIEU

De jour comme de nuit, les légionnaires n’ont laissé aucun répit aux orpailleurs illégaux. Ici à Camopi, juste en face Villa Brasil… - Samir MATHIEU
Les militaires français et brésiliens ont collaboré tout au long de la mission. Ici, la pirogue des légionnaires côte à côte avec celle des militaires brésiliens sur l’Oyapock. - Samir MATHIEU
Les légionnaires et gendarmes ont contrôlé toutes les pirogues qui revetaient une importance à leurs yeux. Ici, une pirogue qui transportait des aliments au nord de Camopi… - Samir MATHIEU
L’équipe du lieutenant Olivier, armes à la main, sur la rive française de l’Oyapock à hauteur d’Ila Bella. - Samir MATHIEU
À l’honneur dans le monde entier grâce à la BBC

En plus de FA Guyane, les équipes de la Légion étrangère ont accueilli des journalistes de la BBC. Trois journalistes, de l’une des plus prestigieuses chaînes d’information au monde, ont participé au voyage et couvert la mission. Ils ont suivi les légionnaires en pirogue et lors des longues marches dans la forêt. Ils ont également dormi en pleine forêt et vécu au rythme des soldats. Une véritable immersion qui tombe bien puisque l’objet de leur reportage portait sur la Légion étrangère. Ils ont notamment dressé le portrait de trois legionnaires aux parcours passionnants. Ces reportages seront diffusés dans les semaines à venir sur la BBC, en Russie et au Brésil.

Trois journalistes de la BBC - Samir MATHIEU
Trois journalistes de la BBC - Samir MATHIEU
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3 commentaires

Vos commentaires

Matouryman 03.05.2019

L'état à enfin compris comment il fallait faire,après des années mais il faut amplifier ces actions en engagent plus de légionnaires, pour quelles soient permanentes jusqu'à la fin des sites illégaux.
Seule la Légion pourra y arriver.

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zene973 02.05.2019

La France est un grand pays qui a fait respecté la loi une semaine sur cette partie du territoire.Bravo!!!!

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zene973 02.05.2019

La France est une grande nation. Elle est capable de faire régner l'ordre sur son territoire et de protéger ses ressources face à des miséreux pendant une semaine....cool

Répondre Signaler au modérateur
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