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Cyril Moulard, président de la Cultimathèque

La Cultimathèque contrainte de réduire la voilure

Vendredi 25 Octobre 2019 - 03h05
 La Cultimathèque contrainte de réduire la voilure
Cyril Moulard, président de la Cultimathque et de la ludothèque Pass'Temps. - Serge Ravin

L'association, qui démocratisait le jeu et le numérique dans les quartiers prioritaires et en commune, abandonne certaines missions, en raison de la baisse de ses subventions. Elle se recentre sur sa ludothèque Pass’ Temps installée à Rémire-Montjoly.

Depuis quand existe la cultimathèque ?

Elle coexiste depuis huit années avec la ludothèque Le Pass’ Temps. Nous sommes installés rue Saint-Dominique à Rémire-Montjoly depuis un an et demi. Nous occupons 300 m² avec un espace pour les moins de 6 ans avec une bibliothèque climatisée et d’éveil aux imaginaires, une salle de jeux au sol, une salle mangathèque et jeux vidéos. La salle principale du rez-de-chaussée comprend toute la ludothèque. À l’étage, une grande salle accueille le soutien scolaire et les activités de concentration et de détente.

Quelles sont les objectifs de l’association ?

La Cultimathèque œuvrait pour la démocratisation ludique et numérique, autour du jeu et des nouvelles technologies. Nos missions étaient d’apporter, dans les quartiers prioritaires et dans toute la Guyane, ces supports, autant sur les aspects culturel qu’économique. Les jeux vidéos, les mangas, les jeux de société : ces passions-là peuvent être chronophages et un véritable gouffre financier (...) Donc notre association a pour but de faire des acquisitions de toutes ces collections. La Cultimathèque, c’est la culture de l’imaginaire et la collection des supports d’activités. L’ambition de l’association est d’être un centre de ressources, humain et matériel, pour présenter et adapter ces supports et avoir une grosse collection pour ne pas être limité sur la mise en place des activités.

Pourquoi ce changement d’orientation ?

Les activités étaient gratuites pour les usagers lorsque nous allions dans les quartiers prioritaires et en déplacement dans les communes. Grâce aux subventions « politique de la ville », notre offre était gratuite. Tout était financé en amont. Par économie d’échelle, ça rendait la chose possible. On a eu plus de 60 % de réduction de nos subventions et on a dû changer de modèle économique. Grâce à ce lieu, on a la possibilité de demander de l’argent à des parents qui en ont les moyens pour accueillir les enfants en activités extra- et périscolaires. Ce sont des parents qui nous financent pour faire nos activités. Le paradoxe est que tout le matériel a été acquis sur huit ans de travail social. N’ayant plus de financement social, c’est grâce à des fonds privés que l’on subsiste. Ce sont les fonds privés qui ont permis de continuer à faire du social. Nous allons créer une nouvelle association qui prendra en charge l’aspect ludothèque. Comme nos fonds sont limités, nous n’avons plus les moyens d’aller dans les quartiers au-devant des publics qui économiquement parlant sont faibles et nous n’avons plus les moyens d’aller en itinérance dans les communes.

Où alliez-vous ?

Nous étions en itinérance sur l’ensemble de la Guyane : Cayenne, Kourou, Macouria, Matoury, Saint-Laurent du Maroni qui sont les cinq communes qui pratiquent une politique de la ville et nous accordaient des financements. Néanmoins, nous allions régulièrement à Apatou, Awala-Yalimapo, Mana, Régina, Saint-Georges à raison de deux quartiers le matin et deux quartiers l’après-midi. Pour Rémire-Montjoly, les minibus transportaient les enfants jusqu’à notre établissement. À Saint-Laurent du Maroni, nous sommes restés une semaine. Épisodiquement, nous avons fait Maripasoula (...) On a eu 90 interventions durant les grandes vacances alors que, précédemment, nous en faisions plus de 200. Ces 90 interventions étaient supportées pour moitié par les fonds privés. Nous avons changé de modèle économique pour maintenir nos animateurs dans l’emploi sur l’année. Mais n’ayant plus de fonds social, nous n’avons plus les moyens d’aller en extérieur. On a pu le faire cette année faire car nous avions moitié de bénévoles et moitié de salariés.

Qui sont ces bénévoles ?

Les bénévoles sont des jeunes de moins de 25 ans qui à travers un projet associatif nous permettent de leur payer leur Bafa (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur), leur permis de conduire ou d’autres projets qui leur sont personnels. Nous avions le financement des communes et de l'État, Pôle emplois et de l’Agence de services et de paiements, ce qui a permis d’embaucher 5 personnes en parcours emploi compétences (PEC). Nous avons la possibilité d’avoir deux médiateurs sociaux mais nous n’avons pas de financement pour payer leurs activités sociales. Nous avons 2 adultes-relais mais nous ne pouvons pas en recruter d’autres, faute de financement. Nos animateurs ne sont pas de simples animateurs qui ont leur Bafa ou autrement diplômés. Ce sont des personnels formés sur le terrain qui maîtrisent plus de deux cents jeux de société. Chaque jeu nécessite entre une demi-heure et une heure d’apprentissage pour en connaître toutes les subtilités. Nous avons actuellement 10 stagiaires et il y en a trois qui sont bénévoles au sein de l’association depuis plus d’un an. La connaissance qu’ils ont des supports fait qu’ils ont plus de chance à terme d’être embauchés grâce à leurs compétences qui correspondent à nos besoins. Nous avons aussi énormément de partenariat qui nous permettent de développer des activités telles que le théâtre par exemple.

Quelles sont vos perspectives ?

Il a été décidé de clore progressivement la Cultimathèque tant qu’on ne trouve pas de ressources humaines ou des ressources financières propres à son fonctionnement social, ainsi qu’elle a toujours fonctionné. La nouvelle association sera gérée par les usagers de la ludothèque. Ainsi, nous continuons nos activités de ludothèque. Le prochain événement est la fête d’Halloween que nous préparons pour le 31 octobre et qui est très prisée par les enfants.

Propos recueillis par Serge RAVIN

Karl travaille dans l'association : « J’ai commencé comme bénévole au sein de l’association pendant un an, Ensuite j’ai fait du service civique pendant 8 mois. J’ai été aussi auto-entrepreneur. Je suis actuellement en emploi PEC depuis un an. » - Serge Ravin
Une partie de l'équipe de l'association, au côté de Cyril Moulard (à gauche), le président. - Serge Ravin
Le matériel pour Halloween est arrivé. - Serge Ravin
Une classe de l'école Sainte-Thérèse de Rémire-Montjoly à la ludothèque. - Serge Ravin

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1 commentaire

Vos commentaires

mikeromeo 25.10.2019
La rémunération justement

Le vrai problème de pas mal d'associations, c'est de savoir si le président est bénévole...

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1 commentaire