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Huit agriculteurs hmong doivent être expulsés d’Apatou

Mercredi 17 juillet 2019
Huit agriculteurs hmong doivent être expulsés d’Apatou
Messieurs Yaku et Siong-Sa sur leur parcelle, sur la crique Sakura, à Apatou / DR - DR

Huit agriculteurs hmong doivent être expulsés de leurs parcelles, prochainement à Apatou, suite à une décision de justice. Le maire, Paul Dolianki, leur a attribué près de 90 hectares sur la crique Sakura. Ces terrains appartiennent… à l’État et l’ONF est gestionnaire.

L’affaire remonte à 2015. Plusieurs agriculteurs hmong sont reçus au conseil municipal d’Apatou qui, à l’époque, souffre déjà d’un manque d’approvisionnement en fruits et légumes. « Ils sont venus exposer leur demande de foncier agricole mais il n’y a jamais eu de délibération prise », se souvient Moïse Edwin, conseiller municipal d’opposition. Pourtant, en septembre 2016, le maire Paul Dolianki envoie à 12 de ces agriculteurs une lettre d’autorisation d’activité agricole. Huit d’entre eux se mettent à l’œuvre et achèvent le déboisage d’environ 90 hectares sur la crique Sakura fin septembre 2016. Un problème se pose rapidement : ces terrains n’appartiennent pas à la mairie d’Apatou mais à l’État. L’Office national des forêts (ONF) en est le gestionnaire. Après constat, les agents de l’ONF dressent alors un procès verbal. Les agriculteurs sont mis en demeure de cesser l’occupation du terrain. En vain ! Janvier 2017, l’avocat des agriculteurs, Patrick Lingibé, envoie un courrier pour proposer un règlement du conflit à l’amiable, courrier qui reste sans réponse. L’affaire prend une tournure judiciaire. « À ce moment là, l’ONF sait très bien que les agriculteurs ont été installés par le maire d’Apatou mais décide de ne poursuivre que mes clients », estime-t-il.

Astreinte de 100 euros par jour

Voici un mois, le 12 juin, le tribunal de grande instance de Saint-Laurent du Maroni tranche en faveur de l’ONF et met aussi en cause la mairie, contre laquelle les agriculteurs se sont retournés. Les agriculteurs, en pleine phase de production, se retrouvent sous le coup d’un ordre d’expulsion avec une astreinte de 100 euros par jour. Ils sont aussi condamnés à verser 5 000 euros au titre du préjudice subit par l’ONF et une provision de 2 500 euros, avant fin août, au titre des honoraires d’un expert qui va évaluer la réalité du préjudice. La mairie d’Apatou est, elle, condamnée à un quart des montants auxquels les agriculteurs ont été condamnés. Patrick Lingibé a fait appel le 9 juillet. Cet appel ne suspend pas la mesure d’expulsion, qui n’a cependant pas encore été signifiée par l’ONF. Paul Dolianki reste injoignable.

Un collectif d’agriculteurs

Le groupement des agriculteurs d’Apatou a constitué un collectif de soutien. Il compte déjà une cinquantaine de membres. « Il y a des agriculteurs installés depuis des années le long de la route des 6 kilomètres (qui permet l’accès à la crique, ndlr) qui n’ont jamais eu de problèmes. On a toujours eu l’habitude de faire de l’agriculture sur la crique Sakura », enrage Laurietta Carolina, présidente du groupement et secrétaire de la FDSEA à Apatou. Un courrier a été envoyé au préfet vendredi. « Dimanche, nous serons sur les terres des agriculteurs en question. Si la situation ne se règle pas, il y aura des actions ».

Angélique GROS

Les parcelles de la crique Sakura. - DR
 

MM. Yaku et Siong-Sa sur leur parcelle,

sur la crique Sakura,

à Apatou / photos DR

Dix ans plus tard, toujours pas de PLU

À sa création en 1969, seuls 27 hectares sont transférés à la commune d’Apatou. En 2011, après des années de négociations, le département rétrocède 1 528 hectares à la municipalité d’Apatou. Les problèmes persistent en partie car la commune n’a toujours pas de plan local d’urbanisme (PLU).

« Le PLU est en cours d’élaboration depuis dix ans ! La commune s’est agrandie et on manque de foncier agricole. […] Le maire avait l’habitude de donner des autorisations parce qu’en attendant de régler le problème du foncier, il faut bien qu’on vive… », souligne Laurietta Carolina.

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1 commentaire

Vos commentaires

zene973 19.07.2019

Monsieur le journaliste, merci d'aller nous chercher la position de la chambre d'agriculture sur cette affaire.

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