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Assises de l'Agriculture : que doit-on retenir du côté des innovations ?

Jade Letard-Methon Jeudi 3 Décembre 2020 - 19h21
Assises de l'Agriculture : que doit-on retenir du côté des innovations ?
Parmi les projets innovants présentés durant ces assises de l'agriculture, la ferme "Capvalora" - Jade Letard-Methon

Les assises de l'Agriculture se sont clôturées plus tôt après plusieurs jours de travail et d'introspection du monde agricole. Comme bien d'autres, ce secteur doit son évolution à l'innovation constate. En trois questions, nous avons demandé à Franck Roubaud, directeur de Guyane Développement Innovations, de nous en dire plus sur les initiatives innovantes qui font ou feront la Guyane agricole.

Que peut-on retenir, en termes d’innovations, à l’issue de ces Assises de l’Agriculture ?
Quel que soit son degré ou son type, l’innovation - incrémentale, de rupture, adjacente ou radicale - est nécessaire et profitable au développement de notre territoire, en particulier pour l’agriculture. Aussi, compte tenu du caractère singulier de la Guyane, toute forme d’innovation qui va de la simple amélioration de process ou d’organisation en passant par la mise en place de système high tech (satellites, drones, objets connectés, etc.) est bonne à prendre dès lors que cette innovation apporte une amélioration non négligeable sur la qualité de vie, une baisse des coûts de production, un impact positif sur l’environnement, etc.

Les assises de l’agriculture nous ont permis de vérifier que l’innovation était bien présente mais de façon encore trop timide, souvent par le biais de la recherche malgré un transfert trop peu important. Nous avons également fait la démonstration qu’il fallait, dans ce contexte guyanais, des plateformes de transferts technologiques et de la connaissance, éléments indispensables de cette chaîne de valeur du développement économique avec l’innovation comme principal relais de croissance. C’est à ce titre, par exemple, que la CTG porte aujourd’hui le projet de CapValora.

Comment est-ce que le projet « Capvalora » peut changer le visage de la Guyane de demain ?

Il serait prétentieux de penser que CApValora puisse changer à lui seul la physionomie de notre territoire. Pour autant, ce modèle de plateforme (technique et juridique) devra faire école compte tenu de la typologie de nos entreprises (essentiellement des TPE) et des différents écosystèmes qui se mettent en place. Ce projet innovant est original sur bien des plans, en particulier en tant qu’outil intégré et fédérateur, véritable hub de mutualisation des moyens (équipements, humains et financiers) et interface de transfert et de valorisation des bioressources, nécessaire et indispensable entre le monde de l’agriculture, de l’agro-transformation, de la recherche, de la formation et de l’entrepreneuriat. Cet outil mutlisites se veut également original car il tient compte des spécificités de nos territoires, sur un principe d’économie circulaire et de « zéro déchets ».

Demain, quelles innovations, propres aux besoins locaux ou déjà disponibles ailleurs, a-t-on des chances de retrouver en Guyane ?
Nous devons faire de nos faiblesses, des atouts et se servir de l’innovation pour faire des sauts qualitatifs et quantitatifs importants afin de combler un retard qu’on pourrait qualifier d’endémique. Le Numérique, à condition d’être bien pensé et utilisé à bon escient, doit nous permettre d’amorcer un démarrage économique durable. De plus, nous devrons rapidement maîtriser les technologies de pointe (technologie du spatial, utilisation de drones, l’énergie à base d’hydrogène, etc.) pour mieux se les approprier, tout en les adaptant à nos besoins et contraintes.

A titre d’exemples, les prochains outils innovants à mettre en place pour compléter efficacement cette chaîne de valeur sont des « Cellules de Valorisation » de la recherche pour la gestion des brevets et pour alimenter efficacement les incubateurs d’entreprises ; un « Système d’Information Territoriale », sorte de méta base de données regroupant toute la connaissance des 50 observatoires du territoire (éco, juridique, social, scientifique, SIG, etc.) et au-delà, pour l’aide à la décision, l’aménagement du territoire et basé sur de l’intelligence artificielle ; une plateforme « Logistique et Transport » capable de résoudre les problématiques d’échanges des biens et des personnes intra et extraterritorial ; des laboratoires de caractérisation physico-chimique pour l’extraction de principes actifs (pharmacopée, cosmétopée, etc.) et de caractérisation de matériaux pour développer la filière des bio-matériaux et de l’éco-construction. Pour autant, toutes ces innovations « lourdes » ne devront pas nous faire perdre de vue que les plus simples améliorations sont souvent les plus efficaces et les plus faciles à mettre en œuvre...


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