• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Thomas Vancaeyezeele : « C’est mon parcours et j’en suis fier »

Mickael ALCIDE Lundi 1 Novembre 2021 - 09h05
Thomas Vancaeyezeele : « C’est mon parcours et j’en suis fier »
Thomas Vancaeyezeele – ©BMLegionFC – ©Concacaf

Pour sa quatrième saison professionnelle aux Etats-Unis, l’international Guyanais Thomas Vancaeyezeele du club de Birmingham Legion FC prendra part courant novembre aux play-offs d’USL Championship (2e division Américaine). C’est donc sa quatrième participation en quatre ans. La saison régulière du défenseur et milieu de terrain de 27 ans s’est achevée ce samedi soir. Une saison à rebondissement pour celui qui avait débuté l’exercice 2021 avec le San Diego SC avant d’atterrir en Alabama au mois de juillet. France-Guyane revient avec lui sur sa saison 2021 et sur l’aventure des Yana Dokos en qualification de la Gold Cup ayant précédé son changement de club. Interview avec Thomas Vancaeyezeele.

Une saison « très particulière »
Quel regard portez-vous sur cette saison régulière d’USL Championship ?
La saison a été très particulière pour moi étant donné que j’ai été transféré en plein milieu de San Diego à Birmingham. Ça a été compliqué, surtout mentalement, il a fallu s’adapter à un groupe déjà construit, à de nouveaux coéquipiers. Après j’ai été transféré dans une très bonne équipe donc on peut dire que ce transfert a été un mal pour un bien. Par contre je joue moins que l’année dernière, mon temps de jeu est irrégulier et lorsqu’on manque de constance comme cela c’est souvent plus dur de toujours performer au top. Comme je l’ai dit je suis dans une équipe qui gagne, avec de bons joueurs et beaucoup de concurrence donc je m’épanoui, je progresse et voilà je prends du plaisir.

Après trois saisons complètes avec le club pennsylvanien de Pittsburgh également en USL Championship, le natif d’Arras, flatté par le projet des San Diego Loyal SC s’engageait en Californie pour la saison 2021. Également l’occasion de se lancer un nouveau challenge et découvrir la conférence Ouest de l’USL. « Dès que je suis arrivé c’est vrai que les coachs de San Diego m’ont mis une certaine pression. Ils m’ont fait comprendre que j’étais une grosse recrue comme j’avais fini dans l’équipe type de l’année la saison précédente » raconte l’international aux 6 sélections.

Cependant, le début de saison n’est pas celui escompté et les Loyals s’inclinent sur leurs quatre premières rencontres. Des résultats décevants que Vancaeyezeele explique par un manque d’assiduité défensive : « Au début à San Diego c’était difficile car on avait très peu de joueurs qui revenaient défendre. C’est-à-dire qu’en tant que défenseur, on se prend des rafales surtout sur contre-attaque avec plusieurs joueurs à contenir. […] Mes performances n’étaient pas mauvaises mais en tant que défenseur central, on est forcément jugé responsable lors des défaites. J’ai pris mes responsabilités, je sais que je ne jouais pas mon meilleur football mais je pense qu’il y a beaucoup de choses qui n’allaient pas non plus dans l’équipe. ». Après une dizaine de matchs, alors qu’il rejoint la sélection de Guyane pour disputer les éliminatoires de la Gold Cup, son club décide de se séparer de lui…
« Beaucoup de déception sur une petite période »
Comment cette décision de changer de club en milieu de saison a-t-elle été prise ?
Ça a été très bizarre. Le début de saison s’était mal passé et beaucoup de choses m’étaient reprochées. Avant que je parte en sélection en juin, les coachs me disent : « Bonne chance, on va regarder tes matchs, on se reverra à ton retour etc… ». Mais au moment où j’atterri en Guyane mon agent m’apprend que le club veut me transférer… Je ne m’y attendais pas du tout, ce n’était pas prévu. A ce moment Birmingham, qui était déjà intéressé par moi la saison dernière s’est positionné pour me recruter sachant que j’étais libre. Du coup j’ai été transféré juste avant le match contre Trinidad & Tobago.
Comment est ce que cette annonce a été gérée, juste avant un match si important ?
C’est sûr que ça n’a pas été facile mentalement mais le fait d’être avec la sélection, avec des amis et des gens qui me font confiance, d’avoir ma famille également m’a beaucoup aidé. Je n’ai pas vécu ça tout seul dans mon coin, j’ai été très bien entouré. Cependant, le fait qu’on ne soit pas parvenus à se qualifier pour la Gold Cup ça a fait beaucoup de déception dans une petite période.
« On arrive en play-offs, tout peut se passer, je reste positif et puis je continue à travailler »
Comment vous sentez-vous sur le terrain depuis votre arrivée au Birmingham Legion FC ?
J’ai senti une grande différence dans l’organisation défensive en arrivant à Birmingham. J’ai pu mieux m’exprimer défensivement, mieux lire le jeu et gagner plus de duels mais offensivement j’étais plus en difficulté. En fait comme je suis plus haut sur le terrain je reçois souvent le ballon dos au jeu et depuis le centre de formation (Du SM Caen ndlr.) jusqu’à ma dernière saison avec Pittsburgh je me trouvais très rarement dans ce genre de situation. C’est une faiblesse de mon jeu et ça se travaille.

Le Guyanais reste néanmoins l’un des meilleurs contributeur au jeu de son équipe avec plus de 1350 passes réalisées et un taux de réussites aux passes de 85%. « Je suis content de cette statistique parce que justement je travaille cet aspect de mon jeu, je n’hésite pas à demander le ballon pour orienter le jeu et j’essaie de toujours rester actif. Je suis bien physiquement donc il n’y a pas de raison que je ne me donne pas à fond »

Thomas Vancaeyezeele a également marqué un but et délivré deux passes décisives à ses coéquipiers de Birmingham en 21 apparitions, dont 15 titularisations. Bien qu’il ait pris part à tous les matchs de son équipe depuis son arrivée, il dispose d’un plus faible temps de jeu.
Votre temps de jeu a baissé en arrivant dans votre nouveau club, pensez-vous que certains de vos choix de carrière auraient dû être différents ?
Non, je ne regrette pas car au final c’est mon parcours et j’en suis fier. Mon manque de temps de jeu s’explique aussi par le fait que je joue désormais au milieu de terrain et non plus défenseur central comme à Pittsburgh l’année dernière, c’est normal que je tourne plus. C’est aussi un nouveau poste pour moi car avant je ne jouais pas aussi haut sur le terrain et il faut s’adapter. En tout cas, ma saison n’est pas finie et on arrive en play-offs, tout peut se passer et donc je reste positif et puis je continue à travailler.
« Je suis passé de défenseur central à tireur de corner »

Thomas Vancaeyezeele sous le maillot de la sélection de Guyane en juillet dernier – ©Concacaf -
Vous participerez à vos quatrième play-offs en quatre ans, performance remarquable ?
Oui, franchement j’en suis super content. Je connais des joueurs pour qui la saison est déjà terminée. Je pense que les play-offs c’est vraiment quelque chose à vivre. Ce sont des matchs couperets à haute intensité avec beaucoup de pression où tout peut se passer. Même si tu as fini premier de ta poule tu peux rentrer chez toi dès le premier match. Je suis très content de pouvoir y participer de nouveau cette année.

Cette année a également permis à Thomas Vancaeyezeele de démontrer sa polyvalence, non seulement en changeant de poste mais également en se transformant en tireur de corner…
Comment en êtes-vous arrivé à tirer les corners à votre arrivée à Birmingham ?
(Rires.) Si j’ai tiré les corners c’est parce qu’en début de saison notre numéro 10 s’est blessé et comme personne ne voulait tirer les corners le coach a fait tirer un corner à tout le monde. Au final c’est moi qui m’en suis sorti le « moins mal » (Rires) et comme ça j’ai tiré les corners pendant quelques matchs. C’est fou, je suis passé de défenseur central à tireur de corner.


Une stratégie qui a porté ses fruits puisqu’il a délivré une passe décisive sur corner à l’international jamaïcain Flemmings le 22 aout dernier. Thomas Vancaeyezeele, la polyvalence à toute épreuve.
Vidéo| Vancaeyezeele contre le FC Tulsa le 22 aout 2021 :


Son équipe s’est inclinée samedi soir face à Louisville City FC, Birmingham finit donc deuxième de sa conférence et affrontera les 3e de la conférence Atlantique-Est qui ne sont autre que les Pittsburgh Riverhounds, l’ancien club de l’international guyanais. Rencontre à suivre le samedi 7 novembre à 18h.
« Une expérience humaine incroyable »
En juillet dernier, Thomas Vancaeyezeele faisait partie du groupe des Yana Dokos représentant la Guyane aux éliminatoires de la Gold Cup. Les Guyanais s’étaient inclinés aux tirs au but (7-8) après avoir tenu têtes à la formation de Trinidad & Tobago.


Quel bilan faîtes-vous de cette rencontre face à Trinidad & Tobago ?
On ne nous attendait pas vraiment, on se disait que l’équipe n’était pas affutée et finalement on a fait un super match alors que Trinidad était clairement favori. On a surtout fait une grosse deuxième mi-temps, je ne sais pas si j’ai des regrets puisque c’est dur de regretter quelque chose lorsque tu vas aux penaltys mais en tout cas vraiment déçu de ne pas être allé à la Gold Cup surtout avec ce groupe. Je me dis quand même que s’il y avait tout le monde (Des joueurs comme Donovan Léon ou Yoann Salmier ayant été retenus par leur club ndlr.) on aurait peut-être gagné le match.
A quelques minutes de la fin vous déclenchez une frappe qui frôle le poteau, cette occasion a-t-elle tourné en boucle dans votre esprit après le match ?
Dans la nuit bien sûr, j’y ai repensé je me suis dit si je marque cette occasion on ne va pas aux tirs au but on est directement qualifiés. Ça a été compliqué, l’action va très vite, j’arrive dans la surface je tire au deuxième poteau et la balle passe au ras-du poteau…Il y a aussi eu la VAR qui nous a annulé un but, c’était compliqué.
Comment est-ce que l’après match a-t-il été vécu, particulièrement par Kevin Rimane, le seul ayant vu son tir au but arrêté ?
Ça a été très dur pour lui, il s’en voulait énormément, il avait à cœur de faire la Gold Cup, il ne savait pas vraiment s’il continuerait le football après l’été et il s’était préparé comme il fallait pour cette échéance. Il a fait un super match et franchement après le match il était abattu. Ça été difficile pour beaucoup des joueurs du groupe, on ne sait pas quand est ce qu’on aura l’occasion de se rapprocher à ce point de la Gold Cup…
Que retiendrez-vous de ce rassemblement et de cette aventure de 2021 avec les Yana Dokos ?
Franchement c’était un super rassemblement. Rester tous les jours 24h/24 ensemble ça permet de souder les liens et c’était une expérience humaine vraiment incroyable. On était tous très déçu du résultat surtout que c’était très cruel de perdre aux tirs au but. C’était une grosse déception dure à surmonter mais c’est aussi un avenir qui se construit et je pense chaque joueur de la sélection fera le maximum pour se retrouver dans une situation similaire et revivre ce genre d’expérience.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
A la une
1 commentaire

Vidéos

Voir toutes les vidéos