France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

« Le football féminin est en train de se faire une place »

Vendredi 07 juin 2019
« Le football féminin est en train de se faire une place »
terer - treter

Les coéquipières de Wendy Renard donnent aujourd’hui le coup d’envoi de la Coupe du Monde féminin face à la République de Corée. Selon Marcel Bafau, président de la ligue de football de Guyane, l’épreuve, organisée pour la première fois en France, marquera un tournant dans l’histoire du football féminin. Mais qu’en est-il des Guyanaises ? Car aucune d’entre-elles ne figure encore cette fois chez les Bleues.

Pensez-vous que les valeurs sportives

ont encore leur place, à l’heure du football business ?

Il est difficile, pour un amateur de répondre à cette question car notre engagement est entièrement bénévole. C’est avant tout une passion.  Dans le monde professionnel, il y a d’autres paramètres qui entrent en jeu : l’argent en grande partie. Lorsqu’un joueur arrive à un tournant de sa carrière, il a une attention particulière sur son business et pas uniquement sur l’amour du jeu. Cependant, le football demeure le seul sport qui est capable d’unir toute une population autour d’un but commun.

Les instances du football sont-elles en cours de féminisation ?

La Fédération française de football (FFF), bien avant la Coupe du monde, a mis en place un plan de féminisation. Cela consiste à fidéliser les femmes qui s’engagent dans le sport. Pas essentiellement des joueuses, mais aussi des encadrantes, des entraîneuses et des dirigeantes. Chaque ligue a une commission de féminisation. En Guyane, on a mis en place une sous-commission féminine de développement.

Aujourd’hui, quelles sont les forces et les faiblesses du football féminin ?

Au niveau mondial, c’est une partie émergente. C’est maintenant que le football féminin commence à être médiatisé. Il n’y a pas si longtemps, on entendait les joueuses revendiquer leurs droits car elles n’avaient pas la même couverture médiatique et le même salaire que les hommes. On doit bien reconnaître que les hommes seront toujours plus puissants mais on a tort de comparer. Les hommes ont leurs qualités et les femmes ont les leurs.  Mais les choses sont sur la bonne voie.

Quel impact la Coupe du monde peut-elle avoir sur le football féminin ?

L’engouement ! Je pense à ces femmes qui vont pratiquer un football de haut niveau qui plus est en Coupe du Monde. Il y aura un enthousiasme certain chez les filles qui pratiquent déjà et ça va aussi susciter des vocations. Le football féminin est en train de se faire sa place parmi l’élite. 

Est-ce que le public masculin regarde le football féminin de la même manière qu’il regarde celui pratiqué par les hommes ?

C’est une autre approche. C’est un football moins rude que chez les hommes et peut-être, aussi, moins superficiel, avec moins de vice. C’est un vrai jeu. Elles prévilégient le plaisir de jouer et ne recherchent pas à influencer les arbitres…

Les médias prennent-ils au sérieux le football féminin ?

Les réflexes se mettent en place.  Aujourd’hui les matchs sont en direct alors qu’auparavant cela n’existait pas. La Coupe du monde sera retransmise sur TF1 et tous les matchs de Ligue 1 féminine seront diffusés prochainement sur Canal+. Il y a encore du travail à faire. Mais dans l’ensemble, le sport féminin est encore trop méconnu.

En 2019, comment se porte le football féminin en Guyane ?

Nous avons de grands espoirs et une marge de progrès très intéressante concernant le nombre de licenciées. Cette année, nous avons mis en place une compétition pour les filles. Elles étaient pas moins de 150 à y participer. 

Combien de licenciées a la ligue de football ? 

Elles sont environ 470 licenciées, toutes catégories confondues. 

Tout comme chez les hommes lors de la dernière Coupe du monde, la Guyane fait mauvaise figure dans une compétition d’envergure... Quel est le vrai problème ? La structure ? La formation ? L’argent ? 

Nous avons pris du retard à un certain moment qui sera difficile à rattraper. Mais surtout, il faut en être conscients. Nous avons aussi des joueurs de talent. Il faut que l’on soit structuré, notamment concernant la préparation des jeunes, mais cela dépend aussi des moyens financiers que l’on a. Aujourd’hui, nos clubs sont de plus en plus structurés car nous avons fait ce qu’il fallait :  depuis quelque temps, la pratique se fait dès l’âge de six ans, avec la mise en place des structures d’élites comme le pôle régional d’espoir. Cette année, la ligue a aussi organisé un brevet de moniteur du football, qui est un diplôme de niveau supérieur dans l’encadrement . Les choses se mettent en place, il nous fait désormais nous concentrer sur la globalité du projet. C’est cela qui produira des petits champions. 

Dans combien de temps encore peut-on imaginer une Guyanaise chez les Bleues ? 

Il y a du travail. Lorsque je regarde les résultats du dernier U15 filles des Antilles Guyane, nous sommes très loin du niveau attendu à cet âge à l'échelon national. Cela s’explique par le retard que nous avons pris dans le développement. Il faut savoir que le championnat des seniors a disparu à un certain moment. L’erreur a été de construire d’abord la maison du football féminin par les seniors en ne préparant pas l’avenir avec les plus jeunes.  Alors que chez les hommes, toutes les catégories existent, la relève est assurée. Les enfants débutent la pratique à 6 ans, voire 4 ans. Pour les féminines, nous avons commencé au niveau des jeunes qu’à partir du moment où la FFF a mis en place la locomotive des U15 filles. Ça nous a permis d’avoir un levier pour entraîner tout le monde.  à partir de là, nous avons mis en place des championnats pour les jeunes filles car jusqu’à maintenant elles évoluaient avec les garçons jusqu’en U15. Cette année, notre challenge a été de mettre en place les plateaux pour les retenir. L’année prochaine, nous souhaitons organiser des championnats comme chez les garçons en U19, U17, U16 et U15. Actuellement nous travaillons sur la détection des jeunes filles qui sont performantes. Cependant, nous devons d’abord nous concentrer sur le développement de la masse, c’est à dire avoir suffisamment de joueuses qui pratiquent de manière régulière afin que nous puissions sortir les meilleures. 

Propos recueillis par Marlène Cléoma 

. C’est un

football moins rude que chez les hommes et peut-être,

aussi, moins

superficiel,

avec moins de vice

’’

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
A la une