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SPORTS

Kayak : « La richesse de notre sport c’est sa diversité »

Florentin Popieul Lundi 3 Mai 2021 - 11h30
Kayak : « La richesse de notre sport c’est sa diversité »

Même si le canoë-kayak est un sport moins médiatisé que d’autres plus populaires, ici en Guyane son potentiel et ses résultats rayonnent dans toute l’Amérique du Sud.

On dénombre près de 600 licenciés de kayak répartis sur 11 clubs, de Maripasoula à Camopi en passant par le littoral. Néanmoins, les infrastructures et les moyens matériels sont largement insuffisants. Florian Lelay a récemment été élu président du comité régional pour 4 ans. Il nous explique les grands axes de développement de ce sport sous-médiatisé.

«Un gros travail à faire pour accueillir dignement les licenciés»


Avec l’aide de «Guyane base avancée», le club de Montsinery est la seule base nautique digne de ce nom. Beaucoup de clubs manquent de moyens :

« Les choses s’améliorent. Actuellement presque la moitié de nos clubs disposent d’un salarié permettant de réaliser un travail de structuration et d’accueil. Nous devons donc accentuer ce chiffre», constate Florian Lelay. Confronté à l’étendue du territoire guyanais, le canoë-kayak ne compte actuellement qu’un seul cadre technique pour l’ensemble des disciplines dont regorge cette activité.

«Qui en Europe pourrait imaginer qu’un pays grand comme le Portugal ne bénéfice que d’une seule personne en charge du développement et de la performance ?»

Le seul cadre technique est basé à Cayenne. « Je souhaite que l’on crée très rapidement un autre poste sur l’ouest pour répondre aux besoins administratifs et financiers mais surtout exploiter ce gros potentiel qu’il y a sur l’ouest.»

Alors que les régions ou les départements français ont des Conseillers Techniques Régionaux (CTR) mis à disposition par la fédération, la Guyane n’en a jamais eu :

« La Guadeloupe et la Réunion en bénéficient, pas la Martinique ni la Guyane. Il faut que la fédération puisse répondre à nos besoins... Nous ne sommes pas sur le même pied d’égalité.»

Qu’à cela ne tienne, à chaque problème une solution. Tout d’abord en mettant dans le bureau, des représentants de toute la Guyane. Avec Tristan Bellardie, vice-président, de Maripasoula, Hugues Le Chenadec, Trésorier du Club de Remire, et enfin la secrétaire du comité, Maria Tavie Abe d’Apatou, qui récemment fait l’objet d’un portrait dans notre Hebdo, élue meilleure joueuse d’Amérique du Sud en 2017. Le comité peut donc avoir des yeux sur l’ensemble du territoire.

«La richesse de notre sport c’est sa diversité»

Il faut dire que pour les amoureux de la glisse sur l’eau, le choix est large. Avec pas moins de 14 disciplines dont deux Olympiques (la course en ligne et le slalom), les techniciens misent sur la diversité des épreuves en Guyane comme par exemple avec le «Challenge jeune».

Une compétition pour les 8 à 14 ans qui fait également la fierté de Florian Lelay, car les jeunes des différents clubs se retrouvent plusieurs fois dans l’année autour d’une course en ligne, d’un slalom, de Kayak Polo, d’une course de pirogue, et d’une épreuve de sécurité sauvetage.

«Nous formons les jeunes très tôt dans ce dernier domaine, car il est primordial dans notre sport, qui est à risque d’avoir les bons gestes en cas de nécessité.»

Le temps viendra ensuite pour ces Kayakistes en herbe de se spécialiser dans un des domaines :

«La fédération fait en sorte que dès le plus jeune âge, les jeunes puissent toucher un maximum de disciplines. Car la richesse de notre sport c’est sa diversité.»

«La fédération sait que nous sommes pourvoyeurs de talents»

Avec des résultats de niveau international, la discipline phare en Guyane actuellement est le kayak polo. Présent régulièrement lors des jeux panaméricains, la Guyane avait même remporté le titre de championne d’Amérique du Sud il y a 4 ans et la vice-présidente élue meilleure joueuse du tournoi à l’époque.

«Nous avons eu aussi Franck Besson qui avait eu un parcours en équipe de France en commençant en U21 et en étant même capitaine en fin de carrière. Il nous apporte maintenant son œil d’expert dans cette activité.» Avec un championnat régional où les filles d’Apatou brillent dans la compétition depuis plusieurs années, la relève est bien présente, à l’exemple de Maria Lucia Carlisi, jeune Cayennaise de 21 ans, retenue lors des derniers rassemblements de l’équipe de France U21. Mais ce n’est pas la seule. Chez les hommes, Corentin Opertti, un jeune Saint-Laurentais qui évoluait l’an dernier en équipe de France, fera également partie de l’aventure.

Le Kayak Polo... et la Pirogue : épreuves reines de la Guyane

Et comment dans ce sport de glisse en Guyane ne pas parler de la pirogue : moyen de locomotion traditionnel dans de nombreuses cultures, ses courses se sont codifiées.

«C’est le seul endroit au monde où l’on a cette pratique. À la genèse, il y avait des courses de «pali boto», la pirogue bushinen-guée, avec quatre personnes. Puis avec l’organisation des Maîtres de la pagaie, est apparue les courses en Pirogue à 12, avec 10 rameurs, un barreur, et un crieur. Ces deux disciplines ont continué d’évoluer de façon parallèle. Nous mettons en avant ces épreuves dès le plus jeune âge et des compétitions ont lieu régulièrement chez les plus grands.» Et une pirogue venant du Pacifique, la Va’a, pirogue traditionnelle tahitienne a fait son arrivée depuis quelques temps sur le territoire. Elle se développe avec l’aide de Julien Besson et la Guyane espère accueillir les championnats panaméricains de Va’a dès l’année prochaine en recevant plus d’une dizaine de nations et presque 400 athlètes.
Un volet loisir à ne pas négliger
La grande chance du canoë kayak est d’avoir un volet sportif large mais aussi des pratiques de loisir, en lien avec le tourisme. En partenariat avec la fédération, des fascicules sont disponibles pour développer toutes ces pratiques de loisirs essentielles à la survie des clubs.

Vous pouvez aller dans la quasi-totalité des communes de Guyane et louer un canoë en famille, pour aller flâner sur les eaux fraîches des criques ou fleuves qui jalonnent la forêt amazonienne.

Avec les JO de 2024 à Paris et l’expansion de l’activité en Guyane, il n’y a plus qu’à souhaiter que de jeunes talents continuent de s’épanouir dans les clubs.


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Vos commentaires

RAPHI 03.05.2021

quel rapport avec la superficie du territoire ? le portugal denombre 10 millions d habitants....

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