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MICRO-TROTTOIR

Vous sentez-vous en sécurité à Cayenne ?

I.J. et S.R. Vendredi 9 Avril 2021 - 14h59
Vous sentez-vous en sécurité à Cayenne ?
Dans les rues de Cayenne, les passants nous ont fait part de leur ressenti au sujet de l'insécurité dans les rues du chef-lieu.

Légende urbaine ou réel ressenti : les passants craignent-ils la capitale? C'est le thème du micro-trottoir de cette semaine.



Elisabeth, 58 ans, habite dans la rue Justin Catayée à Cayenne : "Non je ne me sens pas en sécurité. Il y a 5/6 mois, je me suis retrouvée entourée de 5 jeunes de 14 ans à vélo alors que j'allais juste promener mon chien au coin de la rue. Depuis, je ne sors plus de chez moi après 18 heures. J'entends de temps en temps des gens qui se sont fait tirer leurs affaires par ici. On doit être vigilant jour et nuit maintenant".


Adriano, 25 ans, habite lui aussi à Cayenne près de la poste : "La journée ça va mais c'est la nuit qu'on se sent en insécurité. Déjà les rues sont mal éclairées. Je travaille trois nuits par semaine et sur le chemin du retour, je passe par plusieurs rues dont rue Arago plongées dans le noir. En plus, en tant que barman, je dois régulièrement chasser des toxicos qui me menacent... et que recroise dans la rue en rentrant. Heureusement, ils ne se souviennent jamais de moi... Après, ce sentiment d'insécurité doit aussi s'expliquer par le fait qu'on ne voit plus personne après le couvre-feu. Pourtant on voit plus de voitures de police dans les parages alors qu'avant même en les appelant, ils ne venaient pas. Mais bon, les policiers semblent plus contrôler les attestations que la sécurité.


Vilmon, 59 ans, habite Cogneau Lamirande : "Vous savez, même autour de la maison je vois traîner des adolescents. Il y a des délinquants partout dans les rues. Ce sont des jeunes qui causent des désordres dans la rue. Je ne me sens pas personnellement en danger mais bon ils pourraient faire autre chose que de traîner."


Laura, 23 ans, habite Montjoly : "Ca dépend des endroits et du contexte. Je fais attention à mes affaires et je regarde autour de moi la nuit mais en même temps c'est un réflexe. J'ai vu ma grand-mère se faire agresser par un SDF quand j'étais petite donc j'en garde un mini-traumatisme. Si j'en croise un et que je suis seule, je change de rue".

Siloé, 22 ans, habite Montsinéry : "Je ne suis pas aussi prudente et il ne m'est rien arrivé pour autant. Je ne me sens pas moins en sécurité qu'ailleurs. C'est une ville comme une autre avec ses risques. Pas plus pas moins".

Dans les rues de Cayenne, les passants nous ont fait part de leur ressenti au sujet de l'insécurité dans les rues du chef-lieu. -

Kimberlly, 24 ans et Caleb, 28 ans, habitent à Matoury : "On a de plus en plus de gens autour de nous qui témoignent d'agressions ou de vols à Cayenne mais il nous est jamais rien arrivé. On essaye de ne pas traîner. De toute façon, ce n'est pas comme si il y avait beaucoup de bars où se poser. A Matoury, on  sait qu'il n'y a rien à craindre à part la poubelle qui nous a été volée."


Angy, ressortissant polonais, assure se sentir en sécurité à Cayenne. En Guyane depuis près de six mois, il a toutefois fait l'objet de plusieurs vols. "J'ai su me défendre même si ceux qui étaient en face de moi avaient des armes" nous assure-t-il. "Les problèmes viennent surtout dans la nuit, notamment dans le quartier de Chicago" poursuit-il en anglais. 


Adel, 24 ans, travaille dans une boutique de peinture à proximité du quartier chinois. Il fait quant à lui part des problèmes rencontrés par ces amis d'origine libanaise dans le chef-lieu. "Je vais être honnête avec vous, je ne suis pas guyanais et jusqu'à maintenant je n'ai pas eu de problèmes. De ce qu'on me raconte il y a des gros différends qui démarrent sur fond de racisme" nous disait-il à proximité de son lieu de travail. Le jeune homme précise que beaucoup d'étrangers sont la cible d'insultes, "souvent gratuites et méchantes". 
 
Les chiffres sur les vols et atteintes aux biens
Sur l'année 2020, le service territorial de la police judiciaire en Guyane a enregistré une diminution des atteintes à l'intégrité physique (moins 1,02%); des atteintes aux biens (moins 11,99%) et des vols avec violence (moins 4,06%).

Seules zones d'ombre au tableau sur l'année, la légère augmentation des vols à main armée (plus 4,72%) ainsi que l'augmentation notoire des vols par effraction (plus 27,94%).

Dans son bilan de l'année, le STPJ précisait : "la baisse globale des indicateurs se matient en ce début d'année 2021".
 

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Vos commentaires

Laguya2020 10.04.2021
Banalité du mal

Je ne croyais pas trop à l insécurité et à tout ce qu on racontait jusqu'à qu'à ce que ça me tombe dessus.Quatre ados qui m ont fait le coup du braquage vers 19 heures non loin du poste de police.j ai réussi à faire face à l arme pointée sur moi et j ai préservé mon tél portable et un sac qui contenait mon portefeuille..cela étant malgré mon ardente opposition, j'ai dû voir disparaître mon vélo, non sans hurler. Des commerçants chinois étaient à côté mais sont lâchement rentrés dans leur magasins. Après tu déposes plainte auprès de la police et les types te disent tranquillement de rentrer chez toi. L officier de police me dit : j'ai bientôt 50 piges, je vais rentrer en métropole prendre ma retraite et cultiver mon jardin. Ici à t il ajouté, il y a une montée de la violence, il ne faut compter sur personne pour te prêter assistance.
Les gens ne veulent pas se mouiller.Ils craignent pour leur peau.
J en ai conclu que cela témoignait d'une acceptation du mal. Ici à Cayenne, un braquage est une chose banale. Une banalité du mal en un certain sens.

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