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Santé

Un tiers des urgences de nuit traitées au Chog

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr Mardi 28 Juin 2022 - 17h46
Un tiers des urgences de nuit traitées au Chog
Didier Guidoni, directeur du Chog, en visio et Clara de Bort, directrice de l'Agence régionale de santé ont donné une conférence de presse à Cayenne, mardi à 12h30. "C'est une absolue nécessité de préserver la garantie de prise en charge des personnes en urgences sérieuses", a rappelé Clara de Bort pour justifier la décision du Chog de ne plus recevoir la nuit les urgences relevant de la médecine générale. - G. Guitteau

Le centre hospitalier de l'Ouest guyanais rencontre une pénurie d'infirmiers pour les grandes vacances. Il ne reste plus que 10 infirmiers sur 28 pour assurer les urgences jusqu'au 31 août.

   Les grandes vacances ne vont pas être une partie de plaisir pour le personnel du centre hospitalier de l'Ouest guyanais (Chog). Les infirmiers commencent à manquer.
  “Nous sommes ok sur le nombre de médecins et d'aide-soignants mais pas sur celui des infirmiers. Sur 28 postes, seulement dix sont occupés. Nous avons douze promesses d'embauches pour septembre mais rien en juillet ni en août”, regrette Didier Guidoni, le directeur du Chog.
  Résultat : les urgences relevant de la médecins générale ne seront plus traitées entre 19 heures et 7 heures jusqu'au 31 août. D'après le directeur : “25 % des patients aux urgences nécessitent une hospitalisation, le reste relève de la médecine générale”.
Pour les 75%, il faudra donc revenir le lendemain ou patienter chez un des quinze médecins libéraux répartis entre Saint-Laurent et Mana. Exception : les enfants jusqu'à dix ans. Ils seront pris en charge systématiquement par les urgences.
Témoignage d'un soignant sur les réseaux sociaux. - DR

  L'hôpital fonctionne donc à flux tendu. Alors quand hier soir, 8 ou 6 blessés par balle arrivent aux urgences, le directeur doit rappeler les médecins, mobiliser le personnel des autres services. Pour cette fois, les urgences n'ont pas été submergées.
Quatre lits de réanimation au Chog
  Il pourrait en être autrement avec la remontée des chiffres du Covid et le manque de lits ouverts en réanimation. Seulement quatre le sont au Chog, deux sont déjà occupées. Seulement deux infirmiers étaient présents hier et avant hier dans ce service. Pareil aux urgences où deux infirmiers travaillent la journée et deux la nuit.
  “Nous avons eu 400 nouveaux cas de Covid dans les dernières 24 heures pour six hospitalisations dont deux sont dans le service de réanimation. Cela est plus élevé qu'une grippe mais l'incidence n'est plus automatiquement liée au service de réa”, rassure Clara de Bort, la directrice de l'agence régionale de santé.
Utiliser le 15
Quelles solutions sont mises en place afin de remédier à ce manque de personnel ?
Premièrement : utiliser le 15. “C'est le seul numéro qui est en lien direct avec les urgences et qui peut réserver une place. Le 15 fera un premier tri. Si vous vous déplacez à l'hôpital, un agent d'accueil vous redirigera et s'il y a un doute ou une inquiétude particulière, il pourra appeler un médecin des urgences qui choisira de vous faire entrer ou non ”, détaille Clara de Bort.
 
Un vivier de 600 médecins pour la Guyane et la Martinique
En 2020, l'Agence régionale de santé avait publié 249 ouvertures de poste pour les diplômés hors de l'Union européenne. L'opération a été réitérée l'an dernier pour une centaine de postes. 4 000 candidatures ont été reçues pour 35 spécialités. Au final, 600 médecins ont intégré une liste d'aptitude dans laquelle les hôpitaux martiniquais et guyanais peuvent piocher. Plus d'une centaine de médecins ont été recrutés via cette liste en Guyane.
 
Tous les infirmiers du Chog sont vaccinés. La non vaccination sans motif valable reste un élément qui empêche l'embauche du personnel soignant qui se trouve dans ce cas. - Archives

   Les moyens juridiques pour une réquisition du personnel libéral ne sont pas remplis. L'existence d'une maison de garde des médecins libéraux au sein de l'établissement serait la bienvenue pour l'ARS mais “ils sont trop peu nombreux. Seulement, onze médecins. Nous avons besoin, comme les infirmières libérales, qu'ils pratiquent leur métier. Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi. Travailler en libéral et à l'hôpital sont deux pratiques différentes”, tempère Clara de Bort.
Nous ne voyons pas, nous médecins libéraux également en nombre insuffisant puisque nous sommes 15 médecins généralistes sur tout l´Ouest guyanais pour 50 000 habitants ce que la présence supplémentaire de médecins aux urgences modifiera la pénurie d´infirmiers. Au total nous sommes, hélas ! et comme nous l'avons à maintes reprises signalé à l´ARS, dans l'impossibilité de pallier les insuffisances des urgences du Chog”, répond le docteur Miryam Goldzak, présidente de la société des médecins de l'Ouest Guyanais.
Un infirmier recruté par le Chog via l'Ifsi de Cayenne
   De son côté, l'institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de Cayenne forme 50 personnes d'après leur site. Un tiers part pour l'Hexagone. En cinq ans, le Chog n'a recruté qu'une infirmière venant de cette formation. Autant dire que l'Ifsi de Saint-Laurent du Maroni qui ouvre en septembre est attendu. Il formera quinze personnes.
  “Si on réussit à revenir à 20 infirmiers, on ouvre les urgences normalement. Là, on devrait obtenir quatre infirmiers sortis d'école”, assure Didier Guidoni.
   De manière générale, la pénurie de soignants touche toute la France. Actuellement, la différence entre les professionnels qui partent en retraite et ceux qui entrent sur le marché de l'emploi est estimée par le directeur de l'hôpital entre 70 000 et 80 000 personnes.
  Les Ifsi ne remplissent donc plus leurs bancs d'études. La crise sanitaire s'est transformée en crise des vocations et a éreinté le personnel soignant. Huit arrêts maladies seraient en cours dans le service des urgences du Chog d'après une source interne.

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