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CAYENNE

Toussaint : Rencontre avec les "jobbers" des cimetières de Cayenne

Samir MATHIEU Vendredi 30 Octobre 2020 - 18h17
Toussaint : Rencontre avec les "jobbers" des cimetières de Cayenne
Le cimetière de Cabassou à Cayenne était en effervescence cette semaine avec de nombreux "jobbers", venus nettoyer et rénover les tombes des défunts. - Samir MATHIEU

Ce sont pour la plupart des jeunes, de 16 à 25 ans... Des jeunes bien souvent sans emploi, ou alors qui profitent des vacances pour effectuer un job d'appoint et se faire soit de l'argent de poche, soit pour tout simplement gagner un minimum pour vivre... Et cette année, la crise semble être passée par là. Les "jobbers" ont été plus nombreux dans nos cimetières guyanais. Nous en avons rencontré au cimetière de Cabassou à Cayenne.

 C'était l'ambiance des grands jours cette semaine dans nos cimetières guyanais. La raison : les jobbers et les habitants qui ont préparé la Toussaint. Véritable spécificité guyanaise, les jobbers se mobilisent du matin au soir pour remettre les tombes en état, à la demande des familles. Cela leur permet de se faire de l'argent de poche, par exemple pour les étudiants, mais aussi, un petit plus pour vivre, pour ceux, nombreux, qui ont stoppé leurs études ou sont sans emploi et sans revenus stables. Pour la plupart, ce sont des jeunes de 16 à 25 ans, qui sont présents toute la semaine de préparation de la Toussaint dans nos cimetières.
 
Il n'a pas manqué de travail cette semaine pour remettre en état, comme tous les ans pour la Toussaint, les tombes des défunts, ici au cimetière de Cabassou à Cayenne. - Samir MATHIEU


La particularité cette année, c'est que le nombre de jobbers a fortement augmenté par rapport aux années passées. Plusieurs d'entre eux nous ont expliqué qu'en raison de la crise, ils se retrouvaient sans emploi et sans revenus, et se sont retrouvés, par la force des choses, à devenir jobber. Nous en avons rencontré au cimetière de Cabassou vendredi après-midi à  Cayenne, alors qu'il s'agissait des tous derniers préparatifs.

Sur place, la fréquentation du site était impressionnante. Certains jobbers demandaient "un petit boulot" aux passants, devant le cimetière. D'autres s'affairaient à l'intérieur pour remettre les tombes en état. Certains travaillaient en groupe. D'autres au contraire, se concentraient pour réaliser dans les meilleurs délais, et les meilleures conditions, les tâches qui leur incombaient. Pour les "jobbers" les plus assidus, ils ont pu réussir à cumuler jusqu'à 400 euros sur la semaine de travail, sachant que pour les plus motivés, les journées commençaient à 6 heures du matin jusqu'à 18 heures. Enfin, il y avait aussi quelques familles présentes pour arranger et fleurir elles-mêmes les tombes de leurs défunts. Rencontres.

Joseph-Dani, 17 ans, était "jobber" pour la deuxième année consécutive. Et le travail paye, jusqu'à 400 euros cumulés sur la semaine. - Samir MATHIEU
Joseph-Dani, 17 ans
" Je fais des jobs pour me faire des petits sous. Ce sont les vacances. C'est le moment idéal pour faire ces petits boulots. Il nous faut cependant avoir le matériel pour retirer les herbes, nettoyer les tombes, les laver, et parfois même les repeindre. Je commençais tous les matins à 8 heures, jusqu'à 18 heures. J'ai travaillé de lundi jusqu'à vendredi soir. C'est la deuxième année que je fais ça. C'est pas forcément quelque chose que j'aime mais ça permet de gagner un peu d'argent. Et avec la crise, on n'a pas le choix. J'ai réussi à gagner 400 euros depuis lundi. Les familles donnent de 20 à 30 euros pour qu'on s'occupe de leur tombe. C'est à nous de les convaincre de nous faire confiance, d'aller les voir et de faire le travail qu'ils nous demandent."

Robin-Marie, 19 ans, fait "jobber" pour pouvoir payer le loyer du logement qu'il partage avec sa maman, juste en face du cimetière de Cabassou à Cayenne. - Samir MATHIEU
Robin-Mari, 19 ans
"C'est la première année que je fais ça. C'est la situation qui m'a poussé à faire ça. Les années passées j'arrivais encore à m'en sortir en travaillant de temps en temps, mais cette année avec la crise, c'est vraiment très difficile. Et d'ailleurs je ne suis pas le seul. On est nombreux à s'être mis à faire ces jobs cette année. Moi j'habite juste à côté du cimetière de Cabassou, et il faut que je gagne de l'argent pour payer le loyer de notre logement. Je vis avec ma maman et c'est à moi aussi d'aider. Cette semaine, mon travail a consisté à laver les tombes, à en peindre plusieurs et aussi à débroussailler autour des tombes. Et je dois dire que j'ai bien aimé faire ce travail. J'arrivais tous les matins à 6 heures et je repartais le soir à 18 heures. Et au rythme d'environ 70 euros par jour, ça va bien nous aider ma maman et moi."

Florence a passé un bon moment à s'occuper de la tombe de son papa décédé, et avec sa maman, elles se sont efforcées de la fleurir du mieux possible. - Samir MATHIEU
Florence
"Je suis venue nettoyer la tombe de mon papa. Comme tous les ans, avec ma maman, on accorde beaucoup d'importance à la Toussaint. Pour nous c'est primordial que la tombe de mon papa soit le plus fleurie possible pour la fête des morts. On fait le nécessaire. C'est un gros budget, mais on y tient. Ma maman a dépensé plus de 100 euros en fleurs, et moi 60 euros  C'est très important que la tombe soit la plus fleurie possible".
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