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Urbanisme

Saint-Laurent-du-Maroni: Les pieds dans l’eau, Bagdad attend des solutions

Samuel ZRALOS Vendredi 15 Mai 2020 - 20h34
Saint-Laurent-du-Maroni: Les pieds dans l’eau, Bagdad attend des solutions

Deux semaines après leur évacuation pour inondation, les habitants du quartier Bagdad, à Saint-Laurent, sont rentrés chez eux. Mais à chaque nouvelle pluie, l’eau refait son apparition. Fatigués, les occupants des lieux aimeraient partir.

 Ce vendredi après-midi, Bagdad a de l’eau jusqu’aux genoux. « Elle va encore monter, puis va redescendre. Je voudrais repartir le temps que l’eau descende, mais il y a nulle part ou partir à part au gymnase », commente, mi-inquiet mi-fataliste, le jeune Jordan.

Il y a deux semaines, lorsque l’eau était montée jusqu’à 1,6 mètres, ce garçon plein d’énergie de 11 ans a « failli se noyer » en portant sur les épaules sa petite sœur encore bébé. « Mon cousin a du venir prendre l’enfant et j’ai du nager ensuite » raconte-t-il, gestes à l’appui pour indiquer l’eau au dessus de sa tête. « J’ai peur d’avoir de l’eau qui monte à la maison pendant mon sommeil, qu’elle me rentre dans le nez et me tue », s’inquiète en écho sa mère, Ominsia Asaida, qui aimerait un nouveau logement, quel qu’il soit.
« L’habitude de presque se noyer »
« Il faut que la mairie ou la préfecture nous trouve un autre lieu. Ici il y a toujours de l’eau, c’est pas bon », renchérit Filipe Dinge. Assis à l’entrée de sa baraque de fortune, cet homme d’âge mur a perdu une partie de ses papiers lors de l’inondation précédente. « On a déjà l’habitude de presque se noyer », s’amuse dans un rire peiné Claudette, qui vit à Bagdad depuis six ans avec trois jeunes enfants. Elle aussi aimerait partir, mais il n’y a « pas d’autre endroit » : elle attend un logement social depuis l’an 2000.



Les habitants du quartier auront priorité « sur le plan de relogement du Nouveau programme national de rénovation urbaine [NPNRU], pour intégrer des habitats ou des terrains constructibles en toute légalité » leur répond Yves Dareau. Le sous-préfet « espère » que les parcelles seront « disponibles d’ici à la fin 2020 ». Mais en attendant, en dehors de la distribution d’aide alimentaire avec la croix-rouge, il n’y a pas de mesures particulières prévues, « parce que les habitats sont en toute illégalité sur une zone inondable et inconstructible », explique-t-il. La mairie, elle, n’a pas été en mesure de nous répondre.
Des buses d’évacuation trop petites
Pourtant le problème demeure : les buses de la ZAC Saint-Maurice, en construction à quelques mètres, « sont complètement inadaptées par rapport au volume d’eau qu’elles doivent évacuer », alerte Hortensia Godet, présidente de l’association Guyane na ala wi, qui appelle les autorités à « revoir ça avec la société » chargée du chantier. Actuellement, il n’est tout simplement « pas possible » d’évacuer toute l’eau qui envahit Bagdad. « Les habitations ne sont pas complètement surélevées, la plupart vont être inondées si l’eau remonte rapidement. A un moment donné il va falloir que la municipalité trouve une solution. »

D’autant qu’il n’y a pas que ce quartier « qui s’écroule », insiste la militante associative, qui cite en exemple la résidence Saint Maurice 4, « complètement inondée » il y a quelques jours et où, « d’après les habitants, le volume d’eau augmente chaque année ».

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