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MICRO TROTTOIR

Quelles perspectives offrir à une jeunesse désœuvrée ?

XP.LP. & S.R. Vendredi 23 Juillet 2021 - 17h09

 Comme chaque vendredi, France-Guyane fait de la proximité et vient à la rencontre des guyanais qui souhaitent s'exprimer sur des sujets d'actualité. Cette semaine, nous revenons sur les problématiques liées à une jeunesse faisant malheureusement toujours plus souvent l'actualité des faits-divers par la délinquance et la violence à laquelle elle participe. De nombreux jeunes, et des grands frères et grandes soeurs sont venus nous faire part de leur opinion sur le sujet aux abords du marché de Cayenne.

  • Eilla © XPLP

  • Olga © SR

  • David © XPLP

  • Malika © XPLP

  • Willy © SR

  • Thomas © XPLP

  • Israel © XPLP

  • Grégory © XPLP

  • Marry et Adrilson © XPLP

  • Claude © XPLP



Willy - SR

Willy de Cogneau-Lamirande, 30 ans :
Il faudrait mettre en place des ateliers dans les quartiers pour que les jeunes aient des activités au lieu d’aller faire des bêtises. Il y a des jeunes qui ne travaillent pas, alors qu’ils en auraient bien besoin. Il faudrait déjà résorber ça dans les cités. Personnellement, je n’ai pas eu de problèmes dans mon quartier, mais il y a des problèmes de sécurité. Des personnes se font voler, braquer… Et ça depuis toujours, même si actuellement les taux de violences et de criminalité ont augmenté. Sauf que maintenant dès qu’il y a un problème, ça passe par les armes.


Olga - SR

Olga de Matoury, 59 ans :
Que faire pour pallier à ces problèmes d'insécurité chez les jeunes ? Il faut trouver un(e) responsable, qui pourrait encadrer des jeunes. Comme un médiateur qui pourrait parler pour eux, les encadrer, leur expliquer certaines choses. Ils ne savent pas ce qu’ils font… Je pense qu’ils sont perdus. Il faut de l’encadrement pour les mettre en confiance.


David - XPLP

David de Mana, 25 ans :
Je suis originaire du sud de la France où il y a aussi beaucoup de problématiques liées à la jeunesse. À Mana, les jeunes apprennent beaucoup de choses au lycée, mais n'ont ensuite pas de boulot ni d'opportunités pour eux. Du coup ils restent sur les abattis entre eux, ne bougent pas. Certes ils s'occupent des enfants mais ils ne peuvent pas s'épanouir. Nous n'avons pas sur la commune la même délinquance que dans les grandes villes, mais il y a des vols et des cambriolages très souvent. Ce sont souvent les mêmes groupes dans lesquels il y a aussi des jeunes, mais je les comprends, si je n'avais pas de moyens tout comme eux, moi aussi je me résoudrai à faire pareil.


Thomas - XPLP

Thomas de Rémire, 20 ans :
Honnêtement, je pense qu'il n'y a plus rien à faire. On a beau faire des manifestations pour la jeunesse, il y en aura toujours qui viendront gâcher la fête. On en arrive à un stade où c'est triste de voir à quel point ces initiatives peuvent dégénérer. En tant que jeune, je peux le dire, c'est bien fait pour nous. C'est nous qui dégradons les choses, alors si demain il n'y a plus qui rien qui nous est destiné, il ne faudra pas s'étonner. C'est triste, mais c'est comme ça. Dès qu'il y a une structure culturelle ou d'animation, les jeunes arrivent et foutent la m*****, donc quand il n'y aura plus rien, ce sera tant pis pour nous et tant pis pour ce qui arriveront demain.


Eilla - XPLP

Ellia de La Rochelle, 38 ans : 
J'ai grandi à Balata, ici comme en hexagone, il faudrait plus de structures pour mieux orienter les jeunes. J'ai quand même fait un peu le tour et ça manque. Il faut plus d'animateurs qui les suivent dans leurs démarches, pour la rédaction des courriers et ce genre de choses. Pôle Emploi a aussi un rôle à jouer là-dedans pour leur prendre la main et les accompagner vers le bon chemin plutôt que les laisser zoner.


Malika - XPLP

Malika de Macouria, 23 ans :
L'éducation avant tout, est ce qu'il y a de plus important. C'est dès l'école petit que se fixent les bonnes bases, sauf que certains ne l'aime pas, dès leur plus jeune âge. Les entreprises aussi devraient jouer le jeu et embaucher, car il y a trop de jeunes en recherche d'emploi. Pour apaiser les tensions entre les quartiers, je pense qu'il faudrait mettre en place plus d'initiatives comme des concours de dominos ou des tournois de foot.

Israel - XPLP

Israel de Cogneau, 20 ans :
En ce moment, je vois que les jeunes se perdent dans les vols et les braquages, ils feraient mieux de plus aller à l'école ! Pendant ce temps-là les patrons devraient offir plus d'emploi et donner de meilleures opportunités pour qu'ils puissent rentrer dans la vie active. En ce moment, je ne sais pas pourquoi mais les quartiers sont en train de s'entretuer, je n'ai pas de réponse à cette situation. De plus en plus de jeunes se mettent dans le shit et le cali, mais pendant ce temps-là, la Police ne fait rien et ne pénètre pas dans les quartiers chauds. Quand il y a une orange qui est pourrie, il faut la sortir du panier avant qu'elle contamine tout.


Grégory - XPLP

Grégory de Rémire-Montjoly, 26 ans :
Dans un premier temps, je pense qu'il faudrait que l'on soit à l'écoute des besoins de nos jeunes. On ne peut pas prendre de bonnes décisions sans avoir de retour des personnes sur le terrain. Comme ça, on pourrait savoir quelle serait la bonne priorité à donner entre le sport, les loisir ou encore la santé...


Marry et Adrilson - XPLP

Marry et Adrilson de Cayenne, 25 ans :
Y a franchement pas mal de choses à faire afin de pouvoir œuvrer pour la jeunesse, mais ça commence dès la maison ! Les politiques eux changent et ne restent pas, c'est donc aux parents de jouer leur rôle. Si on n'apporte pas de corrections à nos enfants qui fautent, ils vont recommencer. Un mineur qui nous braque prend simplement 24 heures de garde à vue et peut recommencer dès le lendemain. Selon moi, ils devraient aller en prison, puisque ce n'est pas possible, il vaut mieux qu'ils aillent au foyer, même si ça ne devrait pas être à eux de remplir la charge des parents. C'est pas parcequ'on est mineur que l'on a pas conscience de ce que l'on fait. 



Claude - XPLP

Claude de Matoury, 42 ans :
Il faut absolument relancer les activités vacances pour commencer. Pourquoi pas les emplois-jeunes qui existaient à la fin des années 90. Il faudrait aussi reprendre les activités inter-quartiers, plutôt que les jeunes ne se divertissent qu'en passant par les réseaux sociaux, pour mettre en avant le savoir de ces jeunes. Mais ce n'est pas uniquement les collectivités qui devraient jouer le jeu, mais aussi les entreprises et tous les socioprofessionnels qui devraient s'impliquer à relancer ce type d'activités. Même si ce ne sont que quelques semaines dans l'année, il faut que les jeunes se sentent impliqués dans la vie sociale. Au lieu de se battre à coup d'armes à feu, il vaudrait mieux mettre un match en jeu, un mouton ou une glacière de boissons. Il existe d'autres manières de résoudre ses problèmes que par la violence en revenant aux activités sportives et intellectuelles. Revenir au jeu avec des concours de dominos ou de scrabble, par exemple;

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4 commentaires

Vos commentaires

cap40 27.07.2021
Quelles perspectives...

Quelles perspectives les jeunes offrent -ils pour le "décollage " de la Guyane???

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g6d 24.07.2021

En dehors d'emploi dans des associations, que proposent ils ? Rien de concret ou réaliste pour développer le pays. D'ailleurs, quelles sont les solutions proposées par ceux qui sont contre tout pour donner du travail aux Guyanais ?

Répondre Signaler au modérateur
Miroslav 24.07.2021

Bjr,
Il y a une majorité jeunes guyanais avec un fort potentiel. Le souci c'est qu'ils quitteront la Guyane pour saisir des opportunités dans une métropole vieillissante. L'objectif est de rendre la Guyane attractive. Courage !!

Répondre Signaler au modérateur
dny973 23.07.2021

Enfin une question qui mérite d'être posé. Aujourd'hui, chez les jeunes, si je peux résumer c'est "tout, toute de suite, sans efforts". Et pour y arriver, il n'y a que l'illégalité qui le permet. Je ne dis pas qu'on ne peut pas y arriver autrement mais sinon veut tout, tout de suite sans forcer pour ça, et bien, c'est dans l'illégalité. Et ce n'est selon moi, pas la meilleure des solutions. Mais ce qui est "vendu" aux jeunes. Un jeune homme m'a dit une fois "je me mets en bas de chez moi, je préviens quand la police passe dans le quartier et pour ça, les gars me donne 300€ ou 400€ par semaine. Et je reste seulement assis, je ne me fatigue pas plus. Je me fais environ 1600€ par mois et vous voulez que j'aille travailler pour gagner pareil ??
Et ce n'est qu'un exemple.

Pour lutter contre ça, il faudrait tout d'abord davantage de chantiers d'insertions et de formations diplomantes financées ou alors dont la part à charge serait minimale, afin de motiver et attirer le plus grand nombre.

Il faudrait offrir davantage de moyens financiers aux associations de proximité, celles que l'on retrouvent dans les quartiers.
Enfin, les parents doivent être informés de leurs devoirs. Ils doivent savoir ce qu'ils peuvent faire et ce qu'ils ne peuvent plus faire. Quelles sont les possibilités de les contraindre à suivre leurs enfants et leurs scolarités.
L'école ne va pas tout résoudre mais elle a l'avantage d'offrir de meilleures opportunités que celles uniquement de la rue.
On ne pourra pas sauver tout le monde car beaucoup se plaisent dans l'illégalité, dans les armes et les dépendances. Ils ont un statut et une espérance de vie qui va avec.

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