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Société - Ouest guyanais

Prospérité se dresse contre la future centrale électrique de l'ouest guyanais

Samuel Zralos Dimanche 19 Juillet 2020 - 14h38
Prospérité se dresse contre la future centrale électrique de l'ouest guyanais
La CEOG a repris le déchiffrage et l'ouverture du pan de forêt ou doit se construire une centrale électrique. - Samuel Zralos

Validé il y a un peu moins d'un an, le projet de centrale hybride porté par la société CEOG (centrale électrique de l’Ouest guyanais) suscite depuis ses débuts l’opposition des habitants de Prospérité. Il faut dire que la future centrale doit prendre ses quartiers à 1,6 kilomètres du village et même à 600 mètres des premières habitations.

 Quand les travaux de déchiffrage de la forêt autour crique Saint-Anne, à la limite entre Mana et Saint-Laurent-du-Maroni ont repris début juillet, après plusieurs mois d’arrêt, c’est l’indignation qui a également fait son retour à Prospérité, village presque à cheval sur ces deux communes de l’Ouest. Pas à l’idée même d’une centrale photovoltaïque dans la région, accueillie plutôt favorablement, mais contre l’encerclement du lieu. « Je ne dis pas non à ce qu’on nous présente comme une première mondiale, mais ce qui est dérangeant c’est l’emplacement de ce projet », affirme ainsi Roland Sjabere, chef coutumier de Prospérité. 
 
« Ici, c’est une forêt, nous le peuple premier, on y est légitime. Depuis 35 ans, nous sommes sur cette parcelle, on s’en occupe bien » s’exclame avec fierté le jeune capitaine, encore choqué que « les gens qui habitent là depuis le début », n’aient pas été pris en compte dans ce « grand projet » qui doit pourtant s’installer à l’orée même du village. Et si la CEOG affirme dans ses documents de présentation que l’entreprise sera dépourvue de nuisances, là n’est pas l’essentiel pour la population.  
Prospérité craint l’enfermement
Ce que craint avant tout Prospérité, c’est bien d’être condamnée à l’insignifiance, coincée entre des champs agricoles et des hectares de panneaux solaires. Le terrain présenté comme inoccupé par les promoteurs du projet, c’est l’espace où les villageois « vont chasser », explique ainsi Mika, un jeune habitant. Pour lui, « il faut déplacer le projet, parce que c’est la forêt qui nous nourrit ». 
 
Peut-être plus grave encore, renchérit Roland Sjabere, le village va devenir surchargé, des couples avec enfant étant déjà forcés de rester chez leurs parents, par manque de terrain constructible. Une situation qui deviendrait irréversible si la CEOG mène à bien ses travaux. Pour échapper à cette possibilité, Prospérité réclame donc une concession de 5000 hectares, sur la même zone que la future centrale, pour s’y étendre. 
 
Une demande appuyée par l’assemblée des chefs coutumiers de Guyane, qui exigent eux aussi le dépaysement de toute centrale - et ont signalé aux autorités la présence de plusieurs espaces compatibles plus éloignés de lieux de vie guyanais. En face, la CEOG ne semble pas disposée à lâcher le morceau. Son envoyé Alain Cyrille - directeur de Hydrogène de France Energy Guyane, qui représente la CEOG en Guyane - ne propose d’après Roland Sjabere qu’une compensation financière au village. 
 
Alors, pour ne pas être bloqués sur leurs propres terres, emportés par l’industrialisation de la Guyane, Prospérité se prépare au combat. Depuis plusieurs mois, son chef multiplie les coups de fils et les rendez-vous avec les autorités. Négociateur acharné mais bredouille, il envisage à présent des manifestations du village au complet. Comme une évidence, Mika conclut : « c’est notre forêt. C’est à nous de la protéger ». 

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3 commentaires

Vos commentaires

Vendeta973 20.07.2020
Le chef coutumier a bien raison ;-)

C’est quand meme fort de café, on veut leur donner de l’argent et ils préfèrent garder leurs garde-manger.
Une fois de plus le peuple premier n’est pas associé et traité comme cinquième roue du carrosse.
Il n’est pas contre le projet mais demande juste à ce qu’il soit déplacé, cela doit être possible,

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Ergo sum 20.07.2020

Déchiffrons la déchiffritude.

Pfff...

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Affreux Jojo 20.07.2020
Stop au déchiffrage !

;)

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