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DÉBAT

Pratiquer la médecine en Amazonie : la place des médecins cubains en Guyane

Dr Rollin BELLONY, pirogue humanitaire Lundi 25 février 2019
Pratiquer la médecine en Amazonie : la place des médecins cubains en Guyane
Le Dr Rollin Bellony

Verra t-on bientôt des médecins cubains arriver en Martinique, en soutien aux professionnels de santé de l’île ? Le président de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), Alfred Marie Jeanne, en a fait la demande au préfet. D'aucuns militent pour que la venue de ces médecins soit également sollicitée en Guyane. C'est le cas du Docteur Rollin Bellony, créateur de l'association "Pirogue Humanitaire", qui signait cette tribune dans nos colonnes en février 2019, qu'il reprend aujourd'hui à son compte.

" La masse critique de médecins en Guyane étant faible, il est impératif d’ajuster l’offre de soins face à la réalité des besoins. Le recrutement de médecins cubains en Guyane représente dès lors un enjeu majeur. Il répond à une situation d’urgence face à la crise sanitaire chronique qui sévit sur le territoire. La santé devient une véritable tragédie, de nombreux mouvements de protestation dénoncent cette situation de crise permanente. La faible maîtrise de l’espace territorial et de l’offre de soins lacunaire aggravent l’appréciation de l’état de santé et par conséquent rend le progrès sanitaire lent et difficile .

La médecine cubaine a acquis une réputation mondiale. Son système de santé reste un exemple à travers le monde. La formation des médecins cubains est assurée chaque année par l’École Latino-Américaine de Médecine (Étam). À raison d’un médecin pour 148 habitants, Cuba reste le territoire le mieux loti au monde. Par ailleurs, plus de 120 pays lui font confiance pour la formation de leurs médecins. Enfin, les médecins cubains ont déjà une expérience en milieu amazonien brésilien, dans le cadre du programme « Mais medicos », « Plus de médecins », associée à une forte capacité d’acclimatation au contexte guyanais.

Ces médecins ayant exercé dans le nord du Brésil détiennent un savoir-faire spécifique au bassin de vie amazonien. Il existe des conditions d’isolement propres au continent sud américain, avec une société pluriethnique, obligeant une approche bien différente et une évaluation multiculturelle essentielle à la pratique d’une médecine de proximité dans ces circonstances.

En Guyane, outre le Français, le Créole, le Bushiningué et l’Amérindien, les non francophones sont nombreux comme les Brésiliens, les Surinamais, les Guyaniens, les Saint-Luciens, les Dominicains, les Haïtiens, les Asiatiques et les autres. Ainsi, il est indispensable d’adapter les pratiques médicales au contexte multiculturel. Or, les médecins cubains, de part leur expérience en Amazonie, semble tout à fait désignés pour ce type de prise en charge et ainsi participer au combat qui demeure un des grands défis de la santé publique en Guyane .

Solliciter la venue de médecins cubains en Amazonie guyanaise est une décision politique. Cependant, il convient de fédérer les différentes institutions et les professionnels de la santé à ce programme d’action en privilégiant une stratégie institutionnelle (Collectivité-État), une coopération bien cadrée (France-Cuba), sans omettre de recueillir l’avis du Conseil départemental de l’ordre et des syndicats de médecins.

Si ce recrutement pose problème dans l’application de la décision politique de nos dirigeants guyanais c’est en raison, d'une part, d’un système sanitaire où les spécificités constitutionnelles placent l’État dans des situations où les lois et les règlements sont applicables de plein droit. D’autre part, l’adaptation aux vérités guyanaises doit être négociée selon les contraintes législatives. Or, avec les représentants de l’État, nous subissons un diktat lié à leurs prérogatives de puissance publique. Par contre, s’il existait un transfert préalable de ces dites compétences en matière de santé, sous forme d’autonomie, passant par une véritable administration territoriale de la santé à la Collectivité territoriale de Guyane ; ce nouveau statut la protégerait de toute entrave constitutionnelle, de négociations et d’applications de plein droit.

Puisque c’est la spécialité législative prévue par la loi organique qui compléterait la constitution et qui organiserait le pouvoir, il s’agirait d’une sorte de ministère géré par l’assemblée territoriale en partenariat avec l’État qui concède à la Collectivité certaines compétences nouvelles et une dotation financière ajustée. Au final, notre appareil de soins n’est pas adapté à la situation de notre territoire, car piloté depuis Paris. La CTG doit jouer un rôle politico-administratif et avoir un véritable « plan prioritaire santé ». Ainsi, plus que jamais, le secret de notre autonomie décisionnelle est bien dans l’agir pour un développement adapté aux réalités guyanaises.

Aujourd’hui, la loi Letchimy a élargi le champ de compétences de la Guyane dans le domaine de la diplomatie territoriale. Elle lui donne la capacité juridique de signer un accord de coopération bilatéral avec un État de la Caraïbe. Il ne devrait pas y avoir de contre-indication juridique à la signature d’un tel accord. La venue de médecins cubains permettrait d’améliorer l’offre de soins en Guyane et ce partenariat pourrait aider à conceptualiser le projet du futur Centre hospitalier universitaire (CHU) de Guyane" .

Dr Rollin BELLONY, pirogue humanitaire

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3 commentaires

Vos commentaires

joko973 25.02.2019
Encore une idée lumineuse

Le docteur Bellony fait de la basse politique, comme beaucoup de nos zélus. Sa devise se résume à "faites comme je dis, pas comme j'ai fait". Sinon, pourquoi ne pas être venu pratiquer en Guyane ? La réalité est aussi que les médecins cubains coutent moins cher. C'est vrai que lorsqu'on voit l'état de délabrement et de saleté de certains services, ça n'encourage pas à venir y travailler, encore moins à s'y faire hospitaliser...

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Paassy 25.02.2019
Honte !

"Elle lui donne la capacité juridique de signer un accord de coopération bilatéral avec un État de la Caraïbe"
Bilatéral, c'est dans les deux sens. Sous quelle forme la CTG va coopérer vers Cuba ?
D'autre part, il serait bon de rappeler pourquoi les médecins cubains ont été expulsés du Brésil.
Les médecins cubains sont des esclaves modernes de la dictature cubaine qui récupère 70% de leurs salaires, et qui empêche les familles des médecins à les suivre dans leurs déplacements, de façon à les dissuader d'avoir toute idée de fuir le régime totalitaire qui les exploite.
Bien entendu, cela ne gène pas du tout le Dr Bellony et les autres apprentis dictateurs à l'origine de cette idée grotesque et honteuse.

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dtc97300 25.02.2019

D'un autre côté si la Guyane attend ses étudiants pour soigner les hypertendus, les diabétiques, les obèses, etc. LOL

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