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Pollution du Haut-Maroni : les parties prenantes se creusent la tête

Gaetan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr) Samedi 12 Février 2022 - 16h19
Pollution du Haut-Maroni : les parties prenantes se creusent la tête
Les déchets vus sur le Maroni au cours de ce déplacement - Photo : Patrick Lecante

 À l’heure où la consultation publique pour le nouveau projet du Schéma directeur d'aménagement de gestion des eaux (SDAGE) a été initié, le constat de pollution du Maroni s’aggrave à vue d’œil.

 La problématique n’est pas nouvelle. Cependant, « les populations nous signalent une aggravation de la pollution des cours d’eau », témoigne tout d'abord Patrick Lecante, Président du Comité de l’Eau et de la Biodiversité (CEB).

Du 3 au 5 février, l’élu s’est rendu avec une délégation (voir en bas de page) sur le haut Maroni dans le cadre de la consultation publique du nouveau Schéma directeur d'aménagement de gestion des eaux (SDAGE) pour 2022-2027. L’objectif était, entre autres, de recueillir les remarques, les suggestions et les doléances des parties prenantes de cette partie du territoire qui est « très fortement marquée par son isolement et une gestion difficile de la ressource en lien direct avec le Suriname voisin », commente Patrick Lecante.

Les fortes pressions sur le Maroni et le Lawa ont été mises en avant notamment à cause de la « présence très préoccupante et très importante d’ordures ménagères en plus de celles des pollutions de l’orpaillage clandestin ».

« Nous sommes en train d’envisager la construction d’une nouvelle station de captage d’eau sur la rivière Inini mais juste en face (coté Suriname ndlr) il y a une décharge à ciel ouvert qui pollue directement l’eau du fleuve », faisait remarquer une conseillère municipale au cours de ce déplacement.

Une peine perdue ?
Un site d'orpaillage illégal juste en face de Papaichton, vu en fin janvier dernier. - GT

« Il résulte de cette mission et de ces constats la nécessité de continuer à approfondir les échanges transfrontaliers déjà entamés pour une gestion durable des deux rives du fleuve. Cela rentre dans le cadre du projet Bio-plateaux », indique le Président du CEB.

La délégation a pu échanger avec les maires de Maripasoula et Papaichton (Serge Anelli et Jules Deie) mais aussi les chefs coutumiers de certains villages amérindiens, dont celui de Taluen-Twenké. Ces derniers se sont nommés pour aller engager des discussions plus sérieuses de l’autre côté de la frontière. « Les chefs coutumiers ont pointé du doigt le fait que de part et d’autre, ce sont les mêmes populations. Ils expliquent qu’ils devraient être en capacité de raisonner avec leurs voisins de l’autre côté du bassin ».

Mais la problématique remonte évidemment plus loin… notamment au niveau de l’Etat. C’est pour cela que Patrick Lecante met en avant et réitère « la nécessite d’obtenir du Suriname l’éradication définitive de l’orpaillage et de ses conséquences directes et indirectes ». Les « villes illégales » telles qu’Albina 2 et les déchets en toutes sortes qu’elles produisent sont dans le viseur.

Un objectif : « de l’eau en quantité et en qualité »
Albina 2 en face de Maripasoula, dénoncé pour etre un "village illégal" trés polluant - GT

En ce qui concerne le Sdage, les équipes doivent à présent indiquer aux collectivités et à l’État les financements et équipements nécessaires qui doivent être engagés. « en 2017, on avait estimé la compétence eau potable/assainissement de l’ordre 300 millions d’euros. Cela prend en compte la dynamique démographique ».

En termes d’infrastructures, les habitants du village Twenke signaleraient notamment des problématiques d’entretien des installations actuelles gérées par la Société guyanaise des eaux. Ils relevaient également certaines questions qui supposaient d’éventuelles maladies hydriques. Et si beaucoup de villages détiennent leur système de captage d’eau souterrain « quatre n’en n’ont tout simplement pas », précise encore Patrick Lecante qui dénonce ici une « situation contrastée en fonction de la localisation ».

Celui qui est également le maire de Montsinéry-Tonnégrande expliquera enfin : « on est face à des agglomérations et un énorme besoin de rattrapage et d’anticipation en matière de réalisation d’infrastructures pour l’eau et l’assainissement. Le Sdage doit permettre à tous de se rassembler autour d’un objectif essentiel pour la vie de nos citoyens qui est celui de distribuer de l’eau potable en quantité et surtout qualité pour tous ».
 
La délégation présente pour ce déplacement
- Patrick Lecante, Maire de Montsinéry-Tonnégrande et Président du Comité de l'Eau et de la Biodiversité,
- Vincent de Barmon, Chef de service Paysage, Eau et Biodiversité à la Direction Générale des Territoires et de la Mer,
- Franck Chow-Toun, Responsable de la Planification, de la Prospective et des Relations internationales à l’Office de l'Eau de Guyane,
- Célia Biancat, Coordinatrice locale du projet de coopération transfrontalière BIO-PLATEAUX,
- Amina Mourid, Directrice de l'Association Graine Guyane.
 
 
Photo Patrick Lecante

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2 commentaires

Vos commentaires

MauriceSlm 13.02.2022
Pouvoirs Publics

Il serait souhaitable que les gouvernements nationaux de la France et du Suriname se rencontre enfin afin de régler l'anarchie que provoque l'orpaillage illégal. Le gouvernement brésilien a rencontré le gouvernement surinamais à quand remonte une rencontre officielle franco-surinamaise ?

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jayjay5 14.02.2022
faiblesse

de la France sur se dossier... tant que les militaires se font "mettre a l'amande" par les garimperos, c'est pas gagner... Il faut leur donner l'autorisation d'utilisez leurs fusils pour se defendre.

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