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«On sera là tous les dimanches»: les opposants à la future prison de Margot mobilisés

Samuel Zralos Lundi 5 Octobre 2020 - 13h54
«On sera là tous les dimanches»: les opposants à la future prison de Margot mobilisés
Les opposants à l'implantation d'une cité judiciaire carrefour Margot, dimanche 4 octobre 2020. - Samuel Zralos

Une grosse cinquantaine de saint-laurentais se sont réunis hier après-midi au carrefour Margot avec un mot d'ordre : « pas de prison ici ». Opposés à l'emplacement de la future cité judiciaire, ils prévoient de recommencer l'opération aussi longtemps que nécessaire.

A partir de 16h, ce dimanche, habitants et habitantes de la RD9 arrivent au compte-goutte sur le rebord du carrefour Margot, à l'entrée de Saint-Laurent du Maroni. Qui à pieds, qui en voiture, seuls ou en groupe, le noyau du Conseil de Margot se salue, commence à installer deux barbecue portatifs, à sortir glacières et sac poubelles.

L'ambiance est souriante, presque familiale, mais demeure combative. « Aujourd'hui, la crique Margot est ce qu'elle est par rapport à ses habitants. A ceux qui l'occupent depuis parfois [des décennies]. C'est pas sur le dos de ceux qui ont sué toute leur vie qu'il faut faire le développement économique », s'indigne un membre du collectif.

La grosse cinquantaine de personnes présentes à la nuit tombée sont là pour s'opposer à l'installation d'une cité judiciaire - qui doit regrouper prison, tribunal et services judiciaires - sur la zone. La placer « en entrée de ville, c'est mauvais », juge Vincent Amayota, porte-parole du Conseil de Margot. Un avis partagé par Tony et Yves Dendoe, deux jeunes du quartier, venus découvrir la raison de l'attroupement. « Pourquoi la faire en entrée de ville et pas plus loin ? », s'interroge le premier, « en bienvenue à Saint-Laurent ça le fait pas... ». Le second, lui, se demande carrément ce qu'une prison apporte « aux jeunes » et au quartier.
Des habitants « abandonnés » ?

A ceux qui estiment qu'il ne s'agit que de vouloir le développement de la Guyane, mais pas chez soi, M. Amayota répond qu'il ne s'agit que d'une vision « réductrice » de leur action. Le problème à ses yeux, c'est « que des gens ont vécu ici pendant des années », ainsi que sur la zone d'Opération d'intérêt national qui jouxte la future prison.

Des occupants souvent sans droits ni titre, il l'admet, mais pas tous d'après lui. Surtout, pour les habitants dans l'illégalité, « la mairie n'a jamais fait de démarches pour les accompagner » dans leur régularisation, accuse-t-il, et se retrouve aujourd'hui à « être d'accord avec l'Etat, promoteur de la prison, sous prétexte de développement, [sans] se préoccuper de ses » administrés. Ces habitants de la RD9 disent donc se sentir « délaissés ». Un sentiment d'abandon que ne viennent visiblement pas combler les indemnisations dont ont bénéficié les familles relogées, indemnisations que les membres du collectif rencontrés jugent en inadéquation avec la situation. « On se sent enfermés entre la cité judiciaire et le futur port industriel », complète un autre membre du collectif.
Enquête publique en pleine épidémie

Le Conseil de Margot conteste par ailleurs la forme qu'a pris l'annonce de la future cité judiciaire. Un membre actif du collectif, qui ne souhaite pas communiquer son nom, s'indigne ainsi que l'enquête publique ait eu lieu « fin juillet et début août, en plein covid-19 », en semaine et de 9h à 12h uniquement. Il juge que « mettre des réunions publiques à cette heure là, les gens ne viendront pas ».

Le porte-parole du groupe va plus loin et affirme carrément que l'Etat « a fait ça délibérément à ce moment-là, en sachant » que la population ne pourrait se déplacer. Il en veut pour preuve l'absence de communication en dehors des trois panneaux installés autour du carrefour. Il reconnait que ces panneaux sont visibles, mais « il n'y a eu que ça, alors qu'il y a des gens ici qui ne savent pas lire, ils le savent ». « Il est temps qu'ils arrêtent de faire sans la population », s'agace un autre manifestant.
« On va monter en crescendo »

Alors, pour que l'Etat les « entendent » et les « prennent en compte », les cinquante manifestants réunis affichent leur mobilisation. Accompagné de ses deux petites filles, Vincent Amayota va « se bagarrer » pour montrer que « y a pas qu'une prison pour développer Saint-Laurent du Maroni ».

Le collectif s'y engage, ils seront sur le carrefour de Mana tous les dimanches, « jusqu'à ce qu'on ait une réponse de l'Etat ». Et « à un moment donné, on va monter en crescendo », prévient-il, « comme les gilets jaunes, ils ont commencé comme ça ! »

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2 commentaires

Vos commentaires

youpix973 06.10.2020
Habitants de la RD9 légaux ou illégaux

C'est bien ce que je me posais comme question ?
puisque tout est permis dans ce far west ? Et çà continue de plus belle.... Pauvre et triste Guyane !


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Josse 05.10.2020

Ah beh mince alors, voila que des squatteurs... des illégaux... manifestent... contre la construction d'une prison!
C'est une blague !!!

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