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GUYANE

Olivier Taoumi lance une opération de reprise en main à l'aéroport Félix-Éboué !

Samir MATHIEU Lundi 12 Octobre 2020 - 15h51
Olivier Taoumi lance une opération de reprise en main à l'aéroport Félix-Éboué !
Tous les badges rouges non justifiés seront désactivés. - DR

Olivier Taoumi lance une grande opération d'assainissement de l'aéroport Félix-Éboué ! Le directeur général de la CCI et responsable de l'aéroport international veut optimiser la sécurité du site. Cela passe la désactivation des centaines de badges rouges, qui donnent accès aux zones les plus sensibles, et qui traînent dans la nature. Un constat alarmant qu'a fait le directeur qui va faire le grand ménage. Explications.

C'est le ménage de printemps à l'aéroport Félix-Eboué. Le directeur général Olivier Taoumi lance une grande opération de reprise en main qui vise à renforcer la sécurité de l'aéroport international. "Il y a aujourd'hui des failles qui sont inacceptables" explique dans un premier temps Olivier Taoumi. Il a commencé cet "assainissement" en faisant clouer au sol deux avions, sorte de taxico aérien, qui agissaient "en toute illégalité", à travers des montages administratifs complexes, et sans les autorisations nécessaires. "J'ai fait sortir moi-même ces avions dont le propriétaire les avaient attachés l'un à l'autre pour éviter d'être sortis de la piste et ainsi ils gênaient le travail d'Air Guyane et en plus cela faisait plusieurs années qu'ils ne payaient pas ce qu'ils devaient" assure Olivier Taoumi, qui a procédé à toutes les vérifications et a découvert des irrégularités à la fois sur le véritable propriétaire de ces avions, des pilotes et gérants. Situation pour le moins compliquée, raison pour laquelle Olivier Taoumi est monté au créneau. Olivier Taoumi a d'ailleurs publié une circulaire rappelant les conditions dans lesquelles un pilote peut exercer. La société qui gère ces avions a d'ailleurs déposé un référé devant le tribunal administratif contre une décision qu'elle estimait injuste, et a été débouté par la justice. Une première victoire pour Olivier Taoumi qui ne compte pas s'arrêter là. C'est pendant qu'il travaillait sur ce dossier qu'Olivier Taoumi a découvert l'anomalie concernant les badges rouges, que le pilote de ces avions disposait...
La question sensible des badges rouges
Désormais donc, le directeur général de la CCI, qui gère l'aéroport, s'attaque aux badges rouges. Ce sont les badges qui donnent accès à tout l'aéroport, y compris à la piste. Il y a au jour d'aujourd'hui 1350 badges rouges qui ont été distribués. Or, ce chiffre ne correspond pas au nombre de personnes qui travaillent réellement sur l'aéroport. À titre d'exemple, "Air Guyane a distribué 45 badges, mais ne compte que 18 salariés. Azul avait 5 salariés." Aucun n'a rendu le badge explique Olivier Taoumi.

"Le problème, c'est que des centaines de badges, toujours actifs, se promènent dans la nature" déplore Olivier Taoumi. L'explication réside dans le fait que beaucoup d'entreprises qui travaillent au sein de l'aéroport, font appel à des intérimaires. Résultat : des badges ont été créés et activés, mais n'ont pas ensuite été désactivés. Olivier Taoumi s'est alarmé de cette situation : "concrètement ça veut dire que n'importe qui peut avoir accès y compris aux zones stratégiques de l'aéroport" déplore t'il. "Nous avons le statut d'aéroport international et je ne veux pas que cette situation perdure" prévient le directeur, qui annonce que "tous les badges non identifiés seront désactivés au 1er janvier 2021". Les entreprises sont donc prévenues. Elles vont devoir répertorier tous les badges rouges qu'elles ont accordé et justifier auprès de la direction de l'aéroport de leur usage. Si au 1er janvier elles n'ont pas fait ce travail, des employés pourront se voir interdire l'accès à l'aéroport et les entreprises payeraient alors des employés qui ne pourraient pas travailler. Olivier Taoumi assume : "je serai intraitable sur cette question. Les entreprises concernées sont désormais prévenues et doivent prendre leur disposition".
La sécurité déjà renforcée avec le portique millimétrique
Cette opération est lancée alors que la CCI vient d'investir 550 000 euros dans de nouvelles machines de contrôles avec notamment deux scanshoes qui ont été installés au poste de contrôle, dans un portique millimétrique. "On a mis en place l'ensemble du dispositif de contrôle au PIF. Plus rien ne peut passer quasiment. On a trois détecteurs différent : on a un détecteur à métau, on a un détecteur explosif dans les chaussures et on a un détecteur de matière bizarre, c'est à dire un scanner corporel" résume Olivier Taoumi. A cela, s'ajoute la fouille corporelle, ce qui porte à 4 le nombre de contrôles possibles avant d'embarquer. "Mais il reste trois fragilités qui aboutissent toutes les trois à l'avion et qui sont liées à ces badges rouges" complète Olivier Taoumi : "ce sont les cargos, les hors formats et le duty free". Les personnes qui travaillent sur ces postes ont toutes des badges rouges et ce sont souvent des intérimaires, donc il y a un renouvellement régulier des employés et donc des badges rouges. L'enquête lancée par Olivier Taoumi auprès des entreprises prendra fin à la fin du mois d'octobre : "si à la fin du mois d'octobre, si je n'ai pas les contrats, je vais moi-même faire le point entre les contrats et le listing des badges rouges, délivrés par l'aéroport. Toutes les personnes dont je n'aurai pas le contrat de travail, verront leur badge rouge désactivé". Olivier Taoumi rappelle enfin qu'il a le soutien du préfet, responsable de la sécurité civile, sur ce sujet.

La CCI avait déjà repris la main, l'an dernier, sur la gestion de l'aéroport avec la grande opération liée aux sociétés de sécurité, en excluant Galéa du marché de l'aéroport, car Galéa ne fournissait pas les documents liés aux charges sociales de ses employés.

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6 commentaires

Vos commentaires

Harold 15.10.2020

Il était temps au vu des failles de sécurité possibles !
Par contre, un effort dans la rédaction des articles SVP, c’est écrit comme ce serait raconté !
Quant aux fautes ! « que le pilote de ces avions disposait », les entreprises doivent prendre « leur disposition »...ça fait mal aux yeux !

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Paassy 13.10.2020
Negligences et coincidences troublantes...

Surprenant que personne ne s'interroge sur le fait que le Directeur de l’aéroport découvre cette situation incroyable 2 ans après ses prises de fonctions !
Surtout que l'affaire Galea en mai 2019 avait forcément mis en lumière cette histoire de badges rouges.
Beaucoup d'intrigues dans cet aéroport et plus généralement à la CCIG...
Et curieux hasard que ce coup de balai intervienne juste après la saisie de 600kg de cocaïne au port de Degrad des cannes...

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bozo 13.10.2020
et la CCI ?

Pour faire baisser les charges et nettoyer l'aéroport, la première chose à faire est de le libérer du poids de la CCI qui se gave avec ce qui est sa dernière tirelire depuis la perte du port, ainsi on pourra faire baisser le prix des taxes et enfin parler de développement.

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Pokeur 13.10.2020
tarifs

si on veut un jour devenir attractif au niveau touristique, il serait temps de baisser les taxes aeroportuaires, en ce moment paris la réunion 400€ plus de km 2x moins cher. Un Paris-Papeete 800€ pour 15000km c'est le prix pour la Guyane. MErci à la CCI et à la CTG d'arreter de se sucrer et de permettre le developpement du tourisme !

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zene973 13.10.2020

Et on s'étonne qu'autant de drogue transite par l'aéroport Félix Eboué.....

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Miroslav 12.10.2020

Encouragements à M.Taoumi ! Reprise en main indispensable avant d'éventuelles mauvaises surprises.

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