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COVID-19

Obligation vaccinale : à la veille du début de la grève, les pompiers en quête d'adaptations

S.R. Mardi 24 Août 2021 - 10h19
Obligation vaccinale : à la veille du début de la grève, les pompiers en quête d'adaptations
Les représentants syndicaux ont de nouveau échangés avec le président de la CTG Gabriel Serville ce lundi 23 août. - CTG

 Comme les soignants, les sapeurs-pompiers devront être totalement vaccinés contre le Covid-19 à partir du 16 octobre selon la loi du 5 août 2021. Depuis samedi, les représentants syndicaux sont à pied d'oeuvre pour qu'un plan de reprise du travail soit adopté en Guyane. Une partie de la profession monte au créneau.

 Les sapeurs-pompiers sont soumis à une obligation vaccinale à partir du 15 septembre au même titre que les soignants. La mesure a été validée le jeudi 5 août par le Conseil Constitutionnel. En Guyane, cette obligation est le branle-bas de combat des syndicats représentatifs du SDIS. L'UTG-CGT a annoncé un mouvement de grève illimitée à partir du 25 août 2021.

Dans leur sillage, la question de la vaccination obligatoire chez les pompiers qui exercent à l’aéroport Felix Eboué. Au nombre de 26, ces derniers préviennent les risques et interviennent en cas d’incidents sur un aéronef et dans l’enceinte de l’aérogare. Le 27 juillet, Olivier Taoumi, alors directeur de l’aéroport -avant d’être remplacé temporairement à ce poste par l’actuel directeur administratif et financier de la CCI Stephen Koessler appuyé par Guylène Chonville sur ces fonctions- lançait l’alerte sur le plateau de Guyane la 1ère : seuls 7 sur 25 étaient vaccinés à cette date.

Selon ses dires, au moins 8 personnes sont requises pour faire atterrir ou décoller les avions dans les normes. Olivier Taoumi a fini par obtenir satisfaction puisque sur décision d’une cellule nationale de crise, saisie par le préfet, les pompiers seront exemptés de vaccination obligatoire. « La loi s’applique uniquement aux pompiers du SDIS » nous indiquait hier (lundi) le DGS de la CCI, qui accumule les rendez-vous en sa qualité d’élu après les dernières mesures de freinage préfectorales.
12,4% de sapeurs-pompiers vaccinés en Guyane
Concernant les pompiers du SDIS, le sujet est plus que jamais brûlant et promet d’âpres discussions entre syndicats du SDIS et représentants de l’Etat. Pour rappel, le SDIS de Guyane a une organisation bicéphale, gérée administrativement par le président de la CTG et opérationnellement par le préfet de Guyane Thierry Queffelec. L’appel à la grève, notamment signé par l’UTG, n’a pas été suivie par toutes les organisations syndicales présentes ce lundi à la CTG. « La grève n’est pas une solution » assénait dans ce sens Yves D’Abreu, président du syndicat SNSPP-PATS du SDIS Guyane.

Signe de dissensions à l'intérieur des casernes, l'obligation vaccinale inquiète surtout par le manque d'effectifs qu'elle pourrait engendrer en cas de suspensions. Selon les chiffres fournis hier par la CTG, seuls 12,4% des sapeurs-pompiers en fonction bénéficient d'un schéma vaccinal complet. Un pourcentage à relativiser : « Certains ne parlent pas. Avant l’apparition des textes, la discrétion médicale faisait que certaines personnes ne déclaraient pas qu’ils étaient vaccinés. Avec l’obligation vaccinale, je pense que plus de personnes vont se délivrer. » expliquait ce lundi à France-Guyane Raymond Mathurin, chef de centre de secours principal de Cayenne.

« 80% de nos agents sont des sapeurs-pompiers volontaires qui font des actes de citoyenneté pour venir aider la population au côté des professionnels. En temps normal on a déjà du mal à avoir des effectifs au complet. Ce que je crains c’est que si cette loi passe, le préfet fasse venir des sapeurs-pompiers de l’extérieur. » poursuit Yves D'Abreu.

« On ne souhaite pas aller vers la réserve, on essaiera de trouver un plan B ou un plan C pour pallier à ces difficultés. » esquisse Raymond Mathurin. En coulisses, le préfet aurait déjà exposé d'éventuelles réquisitions de pompiers dans l'Hexagone. Dans la loi, deux leviers sont dans la main du directeur et du président de la CTG : la réquisition et l’assignation. « Sur le plan local, le président de la CTG nous a promis de demander au préfet une application en douceur pour qu’il y ait le moins de dégâts possible. » poursuit Raymond Mathurin, présent ce lundi à la CTG en tant que représentant du syndicat Avenir Secours.
Les autotests, une solution ?
Calqué sur les mesures d'adaptation proposées pour le pass sanitaire, un report d'un mois de ladite obligation ne ferait que retarder le couperet dans ses usages : « Si on se met à respecter la loi à partir du 15 octobre, on risque d’avoir beaucoup de pompiers qui ne seront pas mobilisables. Compte tenu des menaces qui planent sur les agents en termes de suspension de salaires et de suspension de postes, l’idée est de trouver une solution intelligente. » nous explique le président de la CTG Gabriel Serville. Ce lundi, au cours d'une réunion de longue haleine, ce dernier a exposé aux trois syndicats les plus représentatifs du SDIS ses préconisations, inscrites dans un plan de retour à l’activité qui sera présenté ce jour au préfet. « L’élément le plus significatif c’est cette capacité à réquisitionner les pompiers, y compris ceux qui ne sont pas vaccinés et qui pourraient bénéficier de la présentation d’un test négatif » rajoute le président de la CTG.

La directrice générale de l’ARS a annoncé une commande d’un stock relativement important d’autotests qui pourraient permettre de suivre l’évolution de ce dossier entre le 15 septembre et le 15 octobre (entre ces deux dates, les professionnels concernés par l'obligation vaccinale sont autorisés à exercer à condition de justifier de l'administration d'au moins une des doses). «On va déjà, sur ce créneau de temps, voir comment s’organiser avec les autotests. La seule difficulté soulevée par les pompiers est qu’il est nécessaire de trouver une solution pour valider ces tests.» poursuit Gabriel Serville.

Dans ce cadre, des pompiers seraient formés pour contrôler et valider les autotests. Le plan de retour à l’activité sera débattu ce jour entre le colonel Frédéric Robert et les représentants syndicaux du SDIS. Dès 14h, le sujet sera ensuite placé sur la table du préfet, à l'ordre du jour et en parallèle à une réunion avec les socioprofessionnels. Un agenda décidément chargé, à l’aune d’une myriade de mobilisations annoncées par plusieurs collectifs. 

A LIRE AUSSI : "Nous nous sentons entendus par le président de la CTG"



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5 commentaires

Vos commentaires

g6d 25.08.2021

une requête présentée par des pompiers contre l'obligation vaccinale auprès de la Cour européenne des droits de l'homme a été rejetée. Tous les élus qui soutiennent cette revendication sont donc hors la loi. Et dire qu'ils sont élus pour représenter la loi. Que pourront ils dire aux délinquants qui pourrissent notre vie ?

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dogs 24.08.2021

Alors là ces messieurs pleins de muscles ne veulent pas se faire vacciner; ils ont peur de la piquouse, mort de rire!!!
Ils ne sont pas très courageux et l'intérêt général ne les concerne pas, malgré leur métier qui en principe fait partie de leur engagement. C'est affligeant!

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HIHIHI 24.08.2021
Ben oui

On veut un vaccin fabriqué par un Guyanais! Et un "vrai" Guyanais si possible!

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Mathy 24.08.2021

Deces de la covid du secretaire général de l'UGT Martinique, Patrick doré, bêtement .

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g6d 24.08.2021

Et comme d'habitude, les Guyanais vont demander des renforts de la Métropole dès que la situation s'aggravera à cause de leur inconsequence. En Métropole, avec une incidence de cas identique à celle de la Guyane, des régions n'ont pas de problèmes car les hôpitaux ne sont pas assaillis. Si les Guyanais estiment qu'il n'y a pas assez de structures sanitaires, qu'ils commencent par donner envie aux professionnels de venir en Guyane en ne les critiquant pas ou en ne les mettant pas en cause systématiquement. Sinon demandons au Dr Bellony ce qu'il fait de concret pour améliorer la qualité des soins en Guyane. Facile de donner des leçons depuis la Métropole !

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