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Energie

La centrale de Dégrad-des-Cannes sera prolongée

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr Vendredi 19 Août 2022 - 12h56
La centrale de Dégrad-des-Cannes sera prolongée
la sénatrice, Marie-Laure Phinéra-Horth, présente ce matin lors de la réunion de travail sur l'énergie, a obtenu du Palais du Luxembourg qu’une étude soit menée sur le système d’approvisionnement énergétique dans les Outre-mer. Le rapport doit être rendu d’ici à six mois. - DR

La réunion de travail qui s'est déroulée à la CTG, à Suzini, ce vendredi matin a mentionné de nombreuses études et audit en cours sur la distribution de l'électricité sans donner plus d'informations ou de garantie aux différents élus, notamment à ceux de l'Ouest mais la prolongation de la centrale thermique de Dégrad-des-Cannes a été entérinée.

L'éclat de voix s'est entendu au-delà de la salle de la commission permanente de l'hôtel territorial de Suzini. Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni et présidente de la Communauté de communes de l'Ouest guyanais était encore sur l'émotion après la réunion de travail sur la distribution de l'énergie en Guyane qui s'est déroulée vendredi dès 8h30.
 
Madame le maire de Saint-Laurent du Maroni, Sophie Charles n'a pas hésité à montrer son mécontentement face aux 41 coupures d'électricité que sa commune a subies depuis janvier. - G. Guitteau
Nous avons subi 41 coupures d'électricité depuis janvier sans aucune communication ou informations de la part d'EDF. Nous sommes mal desservis pour y remédier nous devons obtenir des moyens de productions plus proche de nous”, plaide l'édile.

En ligne de mire de Sophie Charles : la centrale électrique de l'Ouest guyanais (CEOG), d'une capacité de 10 mégawatts toujours bloquée par des "réticences" selon lemot du préfet des habitants du village de Prospérité situé à proximité de la future centrale.

C'est au préfet de gérer cette situation. Même si la centrale voit le jour et que les travaux débutent maintenant, elle ne sera pas opérationnelle d'ici 2024. Nous avons une phase de transition à envisager en sachant que les batteries de Mana [de la société Voltalia] n'ont pas fonctionné lors du dernier black-out”, prévient la présidente.

Son mécontentement est rejoint par le président de la Collectivité territoriale (CTG) Gabriel Serville :”Nous ne pouvons pas développer économiquement notre territoire et spécifiquement l'Ouest guyanais avec de telles difficultés d'approvisionnement et de distribution d'électricité.
Le président de la Collectivité territoriale discute avec l’État dans le cadre de la PPE dont les arbitrages seront rendus début 2023. - G. Guitteau

"Un important plan d’investissement est prévu en 2023 et 2024"
Du côté d'EDF, Sylvain Martino, directeur adjoint en charge des opérations à EDF, qui fait office de directeur par intérim d'après le communiqué de la sénatrice Marie-Laure Phinéra-Horth présente lors de cette réunion ainsi que François Ringuet, président de l'Association des maires de Guyane, a indiqué qu'une étude était en cours afin de prolonger la centrale de Dégrad-des-Cannes. Dans nos colonnes il avait déjà émis cette possibilité. “Un important plan d’investissement est prévu en 2023 et 2024 en vue de fiabiliser et de sécuriser les moteurs de Dégrad-des-Cannes et les Turbines à combustion.

Aujourd'hui, Sylvain Martino a été bien moins précis se retranchant derrière les études et audit en cours. Il nous avait quand même détaillé précédemment l'état de la centrale rémiroise. “Les moteurs de DDC ont été installés entre 81 et 85. Deux moteurs ayant subi des avaries majeures sont aujourd’hui mis à l’arrêt de façon définitive. Les autres moteurs font l’objet d’une maintenance régulière telle que préconisée par le constructeur et conformément aux procédures définies.”
Pour autant, hors caméra, à la question : “Nous n'avons donc plus à écrire que l'absence de centrale au Larivot pourrait provoquer un black-out ?” ; le directeur des opération a répondu par un laconique :”Oui effectivement”.

Si la menace d'un black-out au soir du 31 décembre 2023, date de fin de vie attendue de la centrale, est écartée, l'augmentation de la production d'électricité constitue une priorité, place Héder.
Nous avons deux projets d'envergure : la centrale du Larivot qui représente le deuxième projet national pour EDF et la CEOG. Si ce dernier est en voie de réalisation avec quelques réticences encore à solutionner, le premier doit passer en octobre devant la cour d'appel de Bordeaux”, rappelle le préfet.
Thierry Queffélec n'envisage pas d'autres alternatives. “Notre alternative c'est le droit. Il y a un travail en droit à effectuer qui va s'imposer [concernant la centrale du Larivot].”
Thierry Queffélec, le préfet est revenu sur ses propos tenus lors du point presse le matin du black-out. Actuellement, la Guyane a besoin en moyenne de 90 Mégawatts par jour mais il y a des pointes à 122 Mw. Petit-Saut produit 65% de l'électricité en Guyane et peut monter selon les conditions météorologiques à une production de 110Mw. - G. Guitteau

La PPE 2023-2028 sera effective dés le début de l'année
Au-delà de la production d'énergie, la réunion a mis en avant les problèmes récurrents dans la distribution de l'électricité et ces fameuses lignes de 20 000 volts. La perte d'énergie est connue de tous ceux qui ont été attentifs à leur cours de physique de cinquième. Un audit est en cours depuis le black-out de début août. Les résultats sont attendus impatiemment par les acteurs politiques qui discutent de la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui s'étalera de 2023 à 2028.
Nous devons signer d'abord un accord de programmation entre l'Etat et la CTG puis après avoir écouter tous les acteurs de l'énergie et élus, un décret devrait sortir début 2023 qui figera les arbitrages pris”, confie le préfet.

Il est à noter qu'aucune référence n'a été faite en direction du syndicat mixte de l'énergie (Smiguy). Celui-ci créait par arrêté préfectoral en 2020, a son siège social dans la commune de Sinnamary d'après les sources sur le net. “Il est urgent de mettre en place ce syndicat. On attend les maires de Guyane. L'un des freins étaient sans doute le choix du lieu d'installation. Maintenant, nous devons le rendre efficace”, encourage Gabriel Serville.
"EDF s'est toujours désengagée "
Par aillerus,  à Paris, au Palais Bourbon, Jean-Victor Castor est intervenu dans la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire où il siège par rapport à la sobriété énergétique, thème très en vogue dans l'Hexagone et qui tente de s'imposer en Guyane dans le débat sur la centrale du Larivot.
Nous connaissons la sobriété depuis toujours par nos traditions et nos cultures et par les délestages et coupures qui [interviennent] toute la journée. 50% de population n'a ni eau et/ou ni électricité. Il s'agit donc d'un débat surréaliste.
EDF, j'y ai travaillé pendant vingt et un ans, s'est toujours désengagée en matière de transport, de production et de distribution d'énergie.
Nous, notre industrialisation n'a pas encore commencée. Depuis 2007 la décision de construire une nouvelle centrale a été prise, en 2022 le permis de construire de cette centrale a été interdit. Nous rencontrons aussi l'interdiction de produire du gaz ou du pétrole chez nous mais vos multinationales sont très agressives et engagées sur tout le plateau des Guyanes du Venezuela au Brésil. Attendez vous au pire chez nous car les gens n'accepteront pas qu'il n'y ait pas de décision
”, conclut le député de la première circonscription.
Une voix absente ce matin pendant la réunion mais qui ne devrait pas l'être lors des discussions sur la PPE, prochain chantier imminent sur l'énergie.

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