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ECONOMIE

Innovation, coûts et développement dans l’Ouest : la Sara dresse sa vision pour 2030

Gaetan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr) Mercredi 19 Janvier 2022 - 18h05
Innovation, coûts et développement dans l’Ouest : la Sara dresse sa vision pour 2030

 Près de 10 mois après l’arrivée en poste de son nouveau directeur général, Olivier Cotta, la Sara annonce ses perspectives pour les années à venir. Le fournisseur en carburants souhaite, entre autres, réduire son impact environnemental, maintenir l’accessibilité sur les prix et évoque des pistes de développement dans l’Ouest guyanais…

 « Si on veut anticiper l’avenir, c’est maintenant qu’il faut commencer à agir. C’est pour cela que l’on se veut être à la fois fournisseur de produits carbonés, mais également futur fournisseur de produits verts ». Olivier Cotta, Directeur Général de la Sara initie son propos de cette manière. Arrivé à ce poste en avril dernier, il a présenté à la presse cette semaine la feuille de route de la Société anonyme de la raffinerie des Antilles pour les années à venir. « 2030, c’est maintenant ! », annonce-t-il accompagné de Frédéric Dupelin, chef des terminaux pétroliers de la Sara en Guyane.

Cette feuille de route s’appuie sur trois « piliers fondamentaux ». Tout d’abord une responsabilité sociétale et environnementale. La société souhaite « s’impliquer, s’insérer et participer à l’épanouissement des sociétés en s’axant sur la santé, l’éducation et l’environnement ». Ensuite le cœur de métier : la Sara se positionne pour « fournir du carburant en qualité, quantité et aux prix les plus acceptables possibles ». Enfin la vision future. Cela se décline selon Olivier Cotta par « la manière dont on s’insère, et dont on se développe, ainsi que la mise en place d’outils et carburants qui permettent une diversification et une réponse au plus proche des spécificités de chaque territoire ».

En ce qui concerne l’innovation, en Guyane, la Sara évoque 5 ou 6 études d’énergies nouvelles en cours. Comme exemple, le projet Hydrane de Guyane à Mana pour la production de Biogaz et d’hydrogène vert à partir de biomasse endémique cultivée. Un projet sur 8 ans de 150 millions d’euros, avec une estimation de 90 emplois directs et indirects locaux. Aussi, le projet Pian à Sinnamary pour la production de microalgues, de biocarburants de troisième génération et de capture de CO2. Un projet d’environ 3 millions d’euros. 5 emplois seraient concernés. « Sans pour autant faire du greenwashing », précise le directeur général, ce sont des développements qui se veulent vertueux. Il reste encore à voir si la demande pour ces produits correspondra à la quantité de matière offerte.

Bientôt un troisième terminal dans l’Ouest ?
La Guyane tient cette spécificité d’être un territoire en pleine croissance démographique. Cela se traduira vraisemblablement par une hausse continue de la demande en carburant pour les années à venir. Saint-Laurent-du-Maroni, et plus largement l’Ouest guyanais, sont d’autant plus concernés par cette problématique.

Questionné sur ce point, Olivier Cotta rétorque : « on est en train d’identifier avec nos partenaires, notamment les élus et l’Etat, les zones géographiques où la croissance est la plus forte de façon à y répondre et être le plus flexible possible. Dans ce cadre, on pense fortement à des perspectives de développement dans l’Ouest guyanais. C’est même plus qu’une pensée. C’est une des raisons pour lesquelles je suis venu cette semaine ». Le directeur général continue : « lors de ma première visite en Guyane j’avais rencontré un certain nombre d’élus et représentants de l’État. Ils m’ont tous dit que s’il y a quelque chose à faire, il faut aller à l’Ouest avant tout ».

Ce sont des idées encore en cours de concrétisation. Différentes options sont en train d’être analysées mais le choix, assure-t-il : « est en train d’être finalisé. On le saura très bientôt ». Interpellé plus tard sur ce point, Frédéric Dupelin concède : « on est conscient qu’il faudrait un terminal dans l’Ouest. Il faut qu’on arrive à finaliser cette réflexion avec les acteurs et évaluer ensemble les intérêts ».

Quid du prix ?
La Sara le maintient, sa marge est fixe. Elle s’établit à 0,03 euros/litre de carburant, comme défini par le décret Lurel depuis 2013. A cela s’ajoute les couts de fabrication. Ils englobent l’ensemble de la gestion des terminaux et représentent environ 0,20 euros/litre. Des tarifs encore une fois fixés par la réglementation. L’Etat, la Collectivité Territoriale, le coût de la distribution et surtout celui de la matière première sont les autres composants de la chaine logistique définissant le prix à la pompe. Or, la fluctuation des prix à la pompe est principalement influencée par le coût de la matière première. « on aura beau donner des explications, quand on dépasse un seuil d’acceptabilité, ça devient difficile à entendre et bien sûr qu’on le comprend. Si on veut trouver des solutions il faut les trouver tous ensemble, signale Olivier Cotta avant d’insister : nous ne touchons pas et ne gagnons pas d’argent sur la flambée du prix du pétrole. Notre rémunération reste la même ».

Ce mois de janvier 2022, les prix du carburant avaient baissé. La bouteille de gaz avait bénéficié d’une diminution de 1,58 euros. Le prix du sans plomb avait diminué de 9 centimes et celui du gazole de 2 centimes. Cette fluctuation mensuelle ne devrait malheureusement pas se confirmer le mois prochain annonce déjà la Sara. « Le prix du baril augmente de nouveau. Il est repassé de 65-70 dollars à 85 dollars ces jours-ci donc hélas il va falloir s’attendre à un impact sur l’augmentation des prix du carburant ».

La société de raffinerie assure encore qu’elle ne maitrise pas ces coûts : « on a une vision à court terme, puisqu’on est basés sur des cotations des prix du baril d’un mois à l’autre. Cela se passe dans des domaines géopolitiques avec des jeux d’influence entre les pays de l’OPEP que l’on ne maitrise absolument pas ».

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1 commentaire

Vos commentaires

Paassy 20.01.2022

Cet article ressemble à un pot de vaseline.
Et pour cause, au 1er février les prix du carburant en Guyane vont atteindre des sommets, le sans plomb va certainement atteindre ou dépasser les 2€ le litre !

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