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culture

« Fédérer les talents de la mode en Guyane »

Samedi 22 juin 2019
« Fédérer les talents de la mode en Guyane »
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Vincent Mc Doom, styliste, consultant, animateur et acteur est en Guyane pour quelques semaines. Directeur artistique du nouveau projet « Fashion et Lifestyle » du pôle culturel de Kourou qui mettra en avant les talents guyanais de la mode, nous l’avons rencontré lors des premières auditions des mannequins. Originaire de Sainte-Lucie, il parle de mode, du concept du projet et de ses liens avec la Guyane.

Pouvez vous expliquer comment est née votre collaboration avec le pôle culturel de Kourou ?

Ce projet est né tout simplement d’une rencontre entre Warren et moi. J’étais en Guyane il y a cinq ans pour présenter les Lindor et j’ai découvert une pépinière de talents dans la mode. Mais ce talent restait ici. Il n’était pas exportable. Je marchais dans la rue etje voyais beaucoup de magasins chinois. Je trouvais ça bizarre. Je suis allé au marché et j’ai vu beaucoup de choses faites en Guyane, mais je ne les voyais pas dans les magasins. Or ce sont des artisans qui ont vraiment du talent et je me demandais quel était le problème ? J’ai donc posé la question à des artisans qui m’ont dit qu’ils n’avaient pas de moyens, qu’il n’y avait pas de plate-forme, pas de visibilité alors que c’est très important la visibilité. Donc j’en ai parlé à Warren. Je lui ai dis que je trouvais cela dommage car il y a tout ce talent chez vous, mais il s’en va… et il s’en va où ? Ou alors, ces personnes travaillent dans leur coin et personne ne fait attention à elles. Donc, quand Warren a eu son poste à la ville de Kourou, il m’a reparlé de ce projet « Fashion et Lifestyle » afin de fédérer les talents.

Quel est le concept de ce projet ?

Le concept c’est de mettre en avant tout ce qui est fabriqué ici, en Amazonie. J’ai vu dans les magazines de mode que toutes ces créations sont vendues à prix d’or, mais elles ne sont pas fabriquées par des gens d’ici, ce sont d’autres personnes qui ont vu le talent des artisans en venant ici. Donc, quelque part, ils sont en train de piller ces artisans mal payés qui donnent leur savoir faire ! Alors pourquoi ne pas créer une plate forme pour faire en sorte que tout ce savoir faire soit beaucoup plus visible, mais aussi faire en sorte qu’il devienne un métier, qui peut être appris par les plus jeunes. Au lieu d’avoir les artisans chacun dans leur coin, il faut professionnaliser ces talents.

Les mannequins castés ce week-end défileront en novembre. On présentera un défilé avec des tenues créées par des artisans d’ici, que nous sommes en train de sélectionner sur dossier. On veut donner ses lettres de noblesse à ce qui est confectionné ici, promouvoir la diversité culturelle de la région. J’ai la chance de pouvoir travailler dans la mode. J’ai travaillé avec les plus grands mannequins, comme Naomi Campbell, la transmission des savoirs c’est très important pour moi.

Quel conseil justement donneriez-vous à un jeune qui veut percer dans le mannequinat ?

Déjà de rester soi même. C’est tellement important d’avoir son propre caractère, sa propre personnalité. Et ne copiez pas une autre personne. On ne cherche pas des moutons, on cherche quelque chose qui sort de l’ordinaire, qui a une patte, une marque de fabrique. La mode est beaucoup plus diversifiée aujourd’hui. Dans les années 1990, on ne voyait que des filles du Brésil ou de l’Est. Il n’y avait pas de filles de couleurs. Donc pourquoi pas ce … made in Guyane ?

Vous êtes originaire

de Sainte-Lucie. Quels sont

vos liens avec la Guyane ?

C’est incroyable, car une personne sur deux que je rencontre en Guyane me dit qu’il a des parents sainte-luciens, comme Antoine Karam, Rodolphe Alexandre… Mon nom de famille, Mc Doom, vient de Guyane. Et bizarrement je ne connais pas mes racines ici. Les Mc Doom sont partis de Guyane pour Sainte-Lucie. Je n’ai jamais fait de recherches. Je dois le faire, on m’a dirigé vers Saint Laurent. Pendant la ruée vers l’or, beaucoup de Sainte-Luciens sont venus ici, mais ma famille, c’est l’inverse.

C’est votre deuxième séjour

en Guyane, que pensez-vous

de la ville de Kourou ?

J’aime beaucoup cette ville. On respire ici, c’est tranquille, c’est propre. Je vis à Paris, c’est une jungle de béton, alors qu’ici, tu marches un peu et tu rentres directement dans la forêt amazonienne.

Quels sont vos projets pour cette année ?

Je reviens à Kourou pour la deuxième partie du travail en septembre, puis en novembre pour la grande manifestation. Je suis très heureux également car je viens d’être décoré par la reine d’Angleterre, je vais donc recevoir la médaille de l’empire britannique pour tout le travail que j’ai fais dans la mode et aussi pour mon travail d’activisme. C’est un honneur magnifique. Je suis également parti il y a deux mois à Dubaï, pour une manifestation de mode. Je suis revenu avec l’honneur d’être icône de mode, dans un pays dit fermé. Qu’ils récompensent une personne comme moi, androgyne, c’est important. Vous savez parfois c’est important de déranger l’establishment ? Pour faire avancer les choses. Et je vais également être à l’affiche de la pièce de théâtre Hasta la vista, avec Natacha Amal, à partir du mois d’octobre, sur Paris, puis en tournée dans toute la France et en Suisse.

Propos recueillis par Aurélie PONSOT

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