France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Entre mémoire et polémique

Mardi 11 Juin 2019 - 03h15
Entre mémoire et polémique
Samedi soir à Cayenne, le groupe folklorique Lauriers Roses, qui fête ses 60 ans cette année, était accompagné des groupes Dahlia et Wapa. Les groupes ont déambulé dans la ville animant chaque coin de rue devant les passants. « Le folklore doit descendre dans les rues », insiste Tanicia Bourdon, la présidente des Lauriers Roses. Les scènes jouées retranscrivent l’esclavage avec les tenues de travail de l’époque. La soirée s’est terminée place des Palmistes avec un bal en dansant le Kaséko. - Aurélie Ponsot

La Guyane a vibré ce week-end au son des tambours des commémorations de l’abolition de l’esclavage, le 10 juin 1848. Cent-soixante-et-onze ans après, le peuple n’oublie pas ce qui a fondé sa mémoire, sa culture et son identité. Marches, conférences, cérémonies, chants et danses ont rendu hommage aux esclaves et noirs marrons de Guyane. En présence de Christiane Taubira, qui est revenue sur les récents propos tenus par Christine Angot, et de Jean-Marc Ayrault, fondateur et président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, dont la Guyane est officiellement devenue membre. Textes et photos Aurélie PONSOT

.

Dimanche, les Journées mémoire, résistances et abolitions se déroulaient à Montsinéry-Tonnégrande. Après une marche des Mémoires libres au départ du cimetière Risquetout, une conférence tratait de l’habitation La Charlotte. Pour clore cette journée à laquelle assistait Christiane Taubira, dégustation du traditionnel bouyon wara, au rythme du groupes fokloriques Les Lauriers Roses. - Aurélie Ponsot
Dimanche, les Journées mémoire, résistances et abolitions se déroulaient à Montsinéry-Tonnégrande. Après une marche des Mémoires libres au départ du cimetière Risquetout, une conférence tratait de l’habitation La Charlotte. Pour clore cette journée à laquelle assistait Christiane Taubira, dégustation du traditionnel bouyon wara, au rythme du groupes fokloriques Les Lauriers Roses. - Aurélie Ponsot
Le lundi 10 juin 2019 sonne les 171 ans de la proclamation en Guyane de l’abolition de l’esclavage. La journée a débuté par un dépôt de fleurs au rond-point Adélaïde-Tablon, puis s'est poursuivi au jardin botanique par une belle cérémonie rendant hommage aux esclaves et marrons de Guyane, devant les stèles portant les noms des 13 000 esclaves libérés, en présence entres autres de Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice, de Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre et président de la Mission de la Mémoire de l’esclavage, des traites et de leur abolition et de Rodolphe Alexandre, président de la CTG. - Aurélie Ponsot
Le lundi 10 juin 2019 sonne les 171 ans de la proclamation en Guyane de l’abolition de l’esclavage. La journée a débuté par un dépôt de fleurs au rond-point Adélaïde-Tablon, puis s'est poursuivi au jardin botanique par une belle cérémonie rendant hommage aux esclaves et marrons de Guyane, devant les stèles portant les noms des 13 000 esclaves libérés, en présence entres autres de Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice, de Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre et président de la Mission de la Mémoire de l’esclavage, des traites et de leur abolition et de Rodolphe Alexandre, président de la CTG. - Aurélie Ponsot
Le lundi 10 juin 2019 sonne les 171 ans de la proclamation en Guyane de l’abolition de l’esclavage. La journée a débuté par un dépôt de fleurs au rond-point Adélaïde-Tablon, puis s'est poursuivi au jardin botanique par une belle cérémonie rendant hommage aux esclaves et marrons de Guyane, devant les stèles portant les noms des 13 000 esclaves libérés, en présence entres autres de Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice, de Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre et président de la Mission de la Mémoire de l’esclavage, des traites et de leur abolition et de Rodolphe Alexandre, président de la CTG. - Aurélie Ponsot
Samedi soir à Cayenne, le groupe folklorique Lauriers Roses, qui fête ses 60 ans cette année, était accompagné des groupes Dahlia et Wapa. Les groupes ont déambulé dans la ville animant chaque coin de rue devant les passants. « Le folklore doit descendre dans les rues », insiste Tanicia Bourdon, la présidente des Lauriers Roses. Les scènes jouées retranscrivent l’esclavage avec les tenues de travail de l’époque. La soirée s’est terminée place des Palmistes avec un bal en dansant le Kaséko. - Ponsot
Samedi soir à Cayenne, le groupe folklorique Lauriers Roses, qui fête ses 60 ans cette année, était accompagné des groupes Dahlia et Wapa. Les groupes ont déambulé dans la ville animant chaque coin de rue devant les passants. « Le folklore doit descendre dans les rues », insiste Tanicia Bourdon, la présidente des Lauriers Roses. Les scènes jouées retranscrivent l’esclavage avec les tenues de travail de l’époque. La soirée s’est terminée place des Palmistes avec un bal en dansant le Kaséko. - Aurélie Ponsot
Samedi soir à Cayenne, le groupe folklorique Lauriers Roses, qui fête ses 60 ans cette année, était accompagné des groupes Dahlia et Wapa. Les groupes ont déambulé dans la ville animant chaque coin de rue devant les passants. « Le folklore doit descendre dans les rues », insiste Tanicia Bourdon, la présidente des Lauriers Roses. Les scènes jouées retranscrivent l’esclavage avec les tenues de travail de l’époque. La soirée s’est terminée place des Palmistes avec un bal en dansant le Kaséko. - Aurélie Ponsot
Jean-Marc Ayrault

« Nous voulons faire partager à tous nos concitoyens la longue marche vers l’abolition en créant une fondation nationale pour la mémoire de l’esclavage. Ce travail important nous a pris presque deux ans, il est maintenant sur le point de s’achever la fondation sera créée cet été […] Si je suis ici aujourd’hui, alors que la fondation est sur le point de voir le jour, c’est aussi pour saluer la place que tient la Guyane dans la réussite de ce projet. Cette place tient d’abord à vous chère Christiane Taubira. Vous êtes celle qui a permis à la France d’enfin reconnaitre l’esclavage et la traite comme des crimes contre l’humanité. […] Vous êtes celle qui a fait que cette loi ne soit pas qu’une loi de déclaration, mais soit une loi d’incitation pour que cette histoire soit étudiée par les chercheurs, pour qu’elle soit transmise dans les écoles. C’est cette loi qui a posé les bases de la fondation. »

Propos recueillis par A. Po.

Christiane Taubira

« Je sais que vous avez été nombreux à être émus par des propos inqualifiables, qui ont été tenus récemment, sur une télévision publique […] Moi je dis que nous avons là une circonstance intéressante, pour tester notre placidité, notre impavidité, notre aptitude à faire front, notre capacité à résister à ces inepties blessantes et injurieuses. Parce qu’il faut quand même un esprit sacrément tordu pour vouloir comparer les tragédies humaines entres elles. Il faut être particulièrement inculte pour penser que l’esclavage a pu être cela à n’importe quelle période et en particulier en cette longue période spécifique où l’esclavage a été organiquement lié à la traite, c’est-à-dire en clair au commerce d’êtres humains, à la vente et à l’achat de femmes, d’hommes, d’enfants, au point qu’il leur fallu inventer des théories raciales, racialistes et racistes, pour justifier leur commerce. Et montrer de la désinvolture, face à une réalité humaine aussi massive et aussi douloureuse, est une marque d’immaturité et l’attitude est obscène. Et puis quand même, il faut une dose extraordinaire d’imbécilité pour s’habiller, sortir de chez soi, passer au maquillage, entrer sur le plateau d’une télévision publique et déblatérer en proférant des énormités archaïques et odieuses, autant qu’elles sont invraisemblables. Vous voyez que nous n’avons pas à nous en faire, il y a des gens à qui nous n’avons rien à dire, parce qu’il n’y pas entre nous le minimum essentiel : la conviction de l’unité de l’espèce humaine, la certitude que dénier sa dignité à une seule personne au monde met en péril l’espèce toute entière. Nous n’avons rien à dire à des personnes qui ne savent pas qui nous sommes : survivants obstinés, résilients magnifiques, voilà ce que nous sommes. »

Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre et président de la Mission de la Mémoire de l’esclavage, des traites et de leur abolition, Rodolphe Alexandre, président de la CTG, et Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice. - Aurélie Ponsot

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
3 commentaires
A la une
3 commentaires
1 commentaire