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[INFO FRANCE-GUYANE]

En déficit de 3 millions d'euros, l'Église fait un appel aux dons

Michel LE TALLEC Jeudi 21 Octobre 2021 - 18h04
En déficit de 3 millions d'euros, l'Église fait un appel aux dons
Administrateur apostolique du diocèse de Guyane depuis avril dernier, Mgr Michel Dubost tire la sonnette d’alarme. « Notre église traverse une période extrêmement difficile. » - PR

Lancements simultanés de la campagne du Denier du Culte et du synode, nouvelle formule d’ « Eglise en Guyane », mais surtout cri d’alarme quant aux finances particulièrement dégradées du diocèse: les chantiers de Mgr Michel Dubost, administrateur apostolique de Guyane, sont nombreux en cette rentrée. Rencontre.

 « Sur trois années cumulées, 2019, 2020 et 2021, nous avons un déficit cumulé d’environ 3 millions d’euros. » Administrateur apostolique du diocèse de Guyane depuis avril dernier, Mgr Michel Dubost tire la sonnette d’alarme. « Notre église traverse une période extrêmement difficile. »

Plusieurs raisons à cela : la crise sanitaire qui a vidé les paroisses, avec, pour conséquence, la baisse drastique du niveau des quêtes dominicales (1), l’augmentation des salaires versés aux prêtres du diocèse (+ 20 % entre 2019 et 2021)(2), la non-finalisation de certaines ventes de biens initiées à l’époque par le prédécesseur de Mg Michel Dubost, Mgr Emmanuel Lafont.

Face à ce qu’il qualifie de « péril », le prélat propose que les paroisses les plus « riches » de Guyane - en gros, celles situées sur l’île de Cayenne - « paient pour les plus pauvres. Il n’est pas difficile de comprendre, je crois, qu’il est plus malaisé de donner pour un paroissien de Régina ou de Maripasoula que pour un paroissien de Rémire, par exemple. »

Appel aux dons, donc, et même si Mgr Michel Dubost admet que les Guyanais sont plus « généreux que ses anciens paroissiens du diocèse d’Evry, dans la région parisienne », il suggère quand même qu’un effort significatif soit fait cette année à l’occasion du lancement du Denier de l’Eglise (3). « Si chaque paroissien de Guyane essayait de donner, cette année, 20 euros de plus que ce qu’il a l’habitude de donner, je pense que nous pourrions rétablir la situation. » Car les chantiers sont nombreux. « Nous avons des églises qui prennent l’eau, des presbytères dont l’état se dégrade d’année en année… »

Outre l’appel aux dons, et afin de juguler au mieux le déficit, Mgr Michel Dubost va proposer que les honoraires des messes spécifiques (baptême, mariage, enterrement…) soient aligné sur ceux pratiqués dans l’hexagone. « Soit une petite augmentation de 3 euros. » Des mesures, qui, l’espère t-il, devraient permettre « de retrouver l’équilibre d’ici 3 ans au mieux. »

(1) : en 2020, année du début de la pandémie, le déficit a atteint près d’1,5 million d’euros.

(2) : contrairement à certaines idées reçues, sur les 47 prêtres que comptent le diocèse, seuls 10 sont rémunérés directement par la CTG. Les 37 autres le sont par le diocèse. Le salaire moyen d’un prêtre est de 1300 euros, somme avec laquelle il doit vivre, payer ses charges sociales, etc…


(3) : également appelé Denier du Culte, le Denier de l’Eglise est la contribution financière volontaire des fidèles à la vie de l’Eglise. Elle peut prendre la forme d’un versement annuel, de prélèvements réguliers…

Mgr Michel Dubost, entouré de deux prêtres du diocèse, le père Séraphin (à gauche) et le père Stanislas - MLT

 
Un synode sur le "vivre ensemble" entre clercs et laïcs

A la demande du pape François, les catholiques du monde entier sont entrés en synode en ce mois d’octobre. Mais que sous-entend ce terme, peu usité dans le langage courant ?

« Un synode, pour faire simple, c’est proposer un temps d’écoute, de dialogue et de discernement aux catholiques engagés dans leur foi, explique Mgr Michel Dubost. Faire échanger prêtres, laïcs engagés, simples croyants, autour d’un thème précis. Celui choisi cette fois-ci par le Pape concerne la synodalité.»

Autre terme peu courant, mais que l’on peut résumer par « la manière dont l’Eglise fait participer ses différents membres à l’ensemble de sa vie et sa mission. Il s’agir de réfléchir à la manière dont l’on peut concevoir de nouveaux rapports entre clercs et laïcs.»

Dans chaque paroisse, doyenné (regroupement de paroisses) et jusqu’au niveau diocésain, des délégués proposeront ou accompagneront toute démarche visant à travailler le thème choisi, en s’appuyant sur des cas concrets et en initiant des réunions. Les conclusions seront rendues au niveau du diocèse de Guyane au plus tard en avril-mai 2022.
 
 
 
« Eglise en Guyane » en version électronique 

Né au début des années 70, le mensuel « Église en Guyane », qui collectait les informations relatives à la vie du diocèse (horaires des messes, témoignages, vies des communautés…) change de formule.

Suivant en cela le chemin de beaucoup de médias de presse écrite, il abandonne la version papier pour devenir une petite newsletter hebdomadaire de deux pages, paraissant tous les lundis. « Le mensuel papier coûtait beaucoup d’argent, confie le père Séraphin, chargé de la communication du diocèse, pour un retour pas toujours probant. »

« Il faut reconnaître que les gens lisent de moins en moins, et quand ils le font, il faut que les articles soient courts et d’actualité récente, renchérit Mgr Michel Dubost. Ce qui n’était pas toujours facile à proposer avec le mensuel papier. »

Concocté par une équipe bénévole d’une dizaine de personnes, le nouvel « Église en Guyane » va aussi permettre d’accompagner de manière plus étroite le synode actuellement en cours (lire par ailleurs). « Du moins jusqu’en avril 2022, date prévue pour la clôture du synode, précise le père Séraphin. Mais nous nous réservons la possibilité, à ce moment là, de ressortir une version papier. »

Pour prendre connaissance de la newsletter, s’inscrire sur www.guyane.catholique.fr

 
 

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3 commentaires

Vos commentaires

A. Brazyphe 23.10.2021

Il suffit de demander une subvention aux émirats arabes unis..

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siage 22.10.2021

Sans compter les provisionnement pour les réparations aux victimes des agissements sur les enfants. Un dépot de bilan doit être envisagé et serait salutaire.Si Bondié lé

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jess 22.10.2021

franchement

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