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EDITO

[EDITO] UN CHEMIN GLISSANT…

Pierre ROSSOVICH Vendredi 8 Octobre 2021 - 07h11
[EDITO] UN CHEMIN GLISSANT…
 En ces temps de défiance généralisée, le travail de la presse fait l’objet de nombreuses remises en cause et d’attaques frontales (lire ci-dessous le communiqué du SNJ à ce propos). Une dérive d’autant plus pernicieuse qu’elle se cache souvent sous la bonne conscience de syndicalistes et/ou militants, mais aussi d’élus, de conseillers etc. qui prétendent chercher à améliorer la « qualité » de l’information. Nous l’avons vu ces dernières semaines en Guyane au sujet des manifestations contre l’obligation vaccinale : il s’agit en réalité d’une volonté de contrôler l’information, quitte à discréditer le travail des journalistes.

Le chemin est glissant. Car les médias sont garants de la démocratie. Ils permettent aux citoyens d’accéder à une information fiable et de se faire une opinion sur un sujet. Ils facilitent la diffusion de toutes les opinions et contribuent ainsi au débat.

La liberté de la presse nécessite, il est vrai, un combat de tous les instants, qui exige des journalistes un engagement d’indépendance et de professionnalisme. Car oui, l’information est un métier. L’avènement des réseaux sociaux pourrait faire penser le contraire à certains. Ceux-là même qui se laissent aller, au nom de la liberté d’expression, aux fausses accusations, à la manipulation, à la désinformation… Face aux commentaires haineux ou aux théories du complot véhiculés sur ces réseaux sociaux, il est impératif que chacun apprenne à croiser ses sources d’information et à exercer son esprit critique avant de se forger une opinion. L’éducation aux médias est aujourd’hui devenue indispensable.

En tant que média, le rôle de France-Guyane est d’être une passerelle dressée entre les différents points de vue sur les sujets qui font notre actualité. Cette préoccupation est la nôtre pendant cette crise sanitaire, et le demeurera bien après.


 
COMMUNIQUÉ DU SYNDICAT NATIONAL DES JOURNALISTES (SNJ)

Guyane et Covid 19 : menaces et entraves contre des journalistes et des médias

Guyane, 4 octobre 2021

Alors que la Guyane est durement touchée par la 4ème vague de l’épidémie de Covid, des journalistes locaux et personnel de média sont pris à partis par des militants « anti-vaccins » et/ou « anti-obligation vaccinale », ce qui créé un climat peu propice à la liberté d’informer, alertent les sections du Syndicat National des Journalistes (SNJ) de Guyane la 1ère et de France-Guyane. Peu après le 20 septembre, dans un audio largement partagé sur whatsApp, un homme qualifie de « propagande » les chiffres de décès de la covid, et cite nommément une journaliste de Guyane la 1ère, comme étant « la pire en ce moment des journalistes », ajoutant : « il faut qu’on la rappelle à l’ordre (…) on va s’occuper de son cas ».

Le 17 septembre, dans le Journal télévisé de Guyane la 1ère, cette journaliste avait fait un « fact checking » sur le caractère non expérimental du vaccin Pfizer, contrairement à ce qui est martelé sur des réseaux sociaux.

Le 20 septembre, la même journaliste a fait un reportage sur des faits de la veille : des militants d’une association d’usagers de la santé et d’autres engagés contre l’obligation vaccinale ont fait irruption devant un stand de vaccination de la Croix Rouge Française dans une zone d’habitat précaire à Cayenne, invectivant notamment avec un mégaphone l’équipe médicale et les gens venus se faire vacciner, qui ont quitté les lieux. Le reportage montre des vidéos tournées par les militants et la réaction de la Croix Rouge.

Le 26 septembre, la direction régionale du média public transmet le message WhatsApp au procureur de la république pour un « suivi judiciaire ».

Dans un communiqué du 22 septembre, le collectif « caravane pour la liberté » engagé contre l’obligation vaccinale, dément tout fait violent et lien avec l’incident de la Croix Rouge, menace de « diffamation » Guyane la 1ère et France-Guyane, taxés de « désinformation » et de connivence avec l’Etat et l’ARS.

Le 13 septembre, Guyane la 1ère couvre le blocage par les militants anti- obligation vaccinale d’un pont sur la RN1, axe majeur de circulation. « Si je vois ma voiture dans ton reportage, ça va mal aller », menace un manifestant.

Le 3 septembre, des militants de l’association « Trop Violans », membre de ce collectif, bloquent l’entrée de la radio « Radio Peyi » pour empêcher le préfet, invité, de s’exprimer sur ce média. Il pourra entrer après l’intervention de la police. Le directeur est qualifié de « traitre » par un auditeur et dénigré sur sa vie privée sur whatsApp et une radio associative le lendemain.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce ces pressions et adresse son soutien aux journalistes et personnel de média menacés ou entravés dans l’exercice de leur métier. La presse peut être critiquée, mais cela ne doit pas aller jusqu’aux menaces, pressions ou blocages, qui nuisent à la recherche d’une information sourcée et vérifiée, garante de la démocratie.

 
 


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28 commentaires

Vos commentaires

g6d 09.10.2021

Pour Uku: l'esclavage a été aboli il y a plus de 170 ans, la Guyane est devenue département il y a 75 ans. Depuis, les Guyanais ont choisi leurs élus qui passent leur temps à quémander de l'argent à Paris pour leurs projets. Aucun n'a permis de développer car ils n'étaient pas adaptés et avaient plus pour but de flatter leurs ego. Les emplois communaux et de la CTG sont pléthoriques pour des résultats que personne ne peut voir. Balayons devant notre porte avant de jouer au Calimero. A nous focaliser sur notre passé, notre histoire, nous ne nous occupons pas de notre avenir

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Uku man 09.10.2021

On sait très bien que tous les business importants sont téléguidés depuis la métropole qui fourni presque tout, dans tous les domaines, alors que la Guyane est frontalière de pays, ce n'est pas une île.

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OLIVEA 08.10.2021
Soutien total

Continuez à exercer votre métier en toute indépendance, la presse et les medias sont les meilleurs remparts contre les fake-news et l'abrutissement de la population par les réseaux sociaux.

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Uku man 08.10.2021
dernière parole même si censurée

Tout le monde sait bien que les subventions de la métropole sont captées par un tout petit nombre de guyanais. La société est trop inégalitaire. Attention, les bushinengés vont prendre leur revanche, ils sont plus nombreux (dont mon fils ... hé hé).

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Miroslav 09.10.2021

Bjr Uku, vous nous annoncez un remake de la guerre civile au Surinam qui opposerait la communauté bushinengés à la communauté créole de Guyane. Goudet dans le rôle de Bouterte mais qui dans le rôle de Brunswijk ?

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Uku man 08.10.2021
fin

Pour finir, menacer des journalistes ou des soignants est indigne, jamais je ne cautionnerai ça. Mais voilà, ce pass sanitaire ... c'est nul, nul de nul, encore plus nul que nul.

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Uku man 08.10.2021

Je termine ... l'esclavage est passé par là, les gens ne sont pas prêts à se laisser faire encore une fois, je comprend tout à fait.

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Uku man 08.10.2021
Méfiance

Le problème principal, c'est la méfiance de tout ce qui vient de la part de l'état français. On peut le dire, la Guyane est une colonie, ce qui intéresse la France, c'est d'abord sa fusée. J'ai vécu à Kourou, des ingénieurs du monde entier qui vivent bien, et de l'autre le village Saramaka, la zone, le chômage, acculturation, la galère, en gros. L'état achète la paix sociale en distribuant des allocs, qui permettent juste de survivre, alors que les guyanais attendent un vrai développement, de vrais emplois, des projets construits dans l’intérêt de la population guyanaise, métissée, jeune, qui n'aspire qu'à avoir une place dans la société, à savoir un vrai travail permettant de vivre et faire vivre sa famille. Au lieu de ça, un système commercial où tout est importé de la métropole, y compris le pétrole (moins cher au Suriname), en passant par la viande (interdit d'importer du boeuf du Brésil, pourtant très bon et pas cher). Tant que l'économie guyanaise sera sous perfusion de la métropole, bien entretenue, rien ne se passera de concret. Alors oui, je suis vacciné, mais je suis profondément contre le pass sanitaire. C'est un système sournois ... autant dire obligatoire pour tous plutôt que de sanctionner bêtement les récalcitrants avec fourberie.
Bref, les guyanais ont vite compris que cette histoire de pass sanitaire était une provocation, une atteinte aux droits fondamentale, et ils ont bien fait de se rebeller, alors qu'en France les gens sont endormis.

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philsa973 08.10.2021
Emploi ou Travail ?

On a l'impression que tous ces professionnels de la contestation que l'on trouve dans des micro collectifs occupent à priori un emploi mais ne semblent pas travailler....
Peuvent ils conserver leur emploi s'ils ne travaillent pas ?

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g6d 08.10.2021

Depuis le 22 septembre aucune information sur la page Facebook de la CTG, quand à celle de Serville, il semble être mort. Quel courage ! Taubira dit drs bêtises mais assume cette bêtise , au moins !

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