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Mgr Lafont, évêque de cayenne

« Écouter les cris des habitants de la forêt »

Propos recueillis par Angélique GROS Jeudi 27 Juin 2019 - 11h59
« Écouter les cris des habitants de la forêt »
L'écologiste José Gaillou, ancien président du Parc naturel régional de la Guyane, appuie Emmanuel Lafont dans l'organisation de cette assemblée pré-synodale. "Ça va au delà de la religion et permettra de faire émerger des propositions à faire aux politiques car le pape dit aujourd’hui que « nous avons besoin d’être évangélisé par les peuples autochtones pour retrouver cette sagesse par rapport à la nature » et en parallèle la plateforme intergouvernementale de scientifiques sur la biodiversité dit que " face aux menaces du réchauffement climatique notamment l’une des premières propositions est de regarder les modes de vie des peuples autochtones". - Angelique GROS

En octobre prochain, un synode sur l’Amazonie réunira pendant plus de deux semaines une centaine d’évêques de l’Amazonie avec le Pape à Rome. Dans ce cadre, Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, organise une assemblée pré-synodale des peuples autochtones à Awala-Yalimapo, du 5 au 7 juillet.

Qu’est-ce qui sera abordé durant cet événement, le premier du genre ?

Ce synode tourne autour du territoire amazonien et de ses peuples, la vie de l’église et la vie de la planète. L’objectif, c’est d’écouter les cris des habitants de la forêt, de la faune, de la flore, de l’eau... On a invité des délégués de tous les villages du littoral, du Maroni et de l’Oyapock, Amérindiens et Bushinengués, les chefs coutumiers, les maires... On devrait être entre 80 et 100.

Le taux de pénétration de l’Église catholique dans les communautés autochtones, en particulier amérindienne, est assez faible...

En dix ans, on a dû baptiser au moins une centaine de fidèles en pays amérindien mais chez les Bushinengués, nous sommes implantés depuis plus longtemps. Il y a maintenant deux prêtres à Grand-Santi, un prêtre qui va régulièrement à Papaïchton, un prêtre à Maripasoula passe régulièrement deux jours par semaine en pays amérindien. Il y a aussi un prêtre à Apatou. À Ipokan ëutë, les leaders de la communauté ont construit une chapelle dans laquelle ils se rendent régulièrement. Nous avons des membres à Antecum Pata, Talluen, Kayodé, etc. On est présent dans l’Est depuis le XVIIIe siècle mais la focalisation de ces peuples se fait surtout sur le baptême. Nous avons une communauté catholique à Camopi, à Trois-Palétuviers et Tampak avec deux prêtres de Saint-Georges qui montent régulièrement.

Comment l’évangélisation catholique s’adapte t-elle aux traditions ?

D’abord en les respectant. Durant l’assemblée, nous aurons une prière kalin’a et aluku ainsi qu’une bénédiction chamanique. C’est une grande première ! C’est une manière de partager d’abord ce que nous avons en commun et vivre ensemble cette espèce d’écoute mutuelle. Pour nous, c’est aussi un chemin de conversion et il ne fait pas de doute que l’approche est nouvelle.

Quelles seront les propositions du synode de l’Amazonie ?

L’acculturation de la liturgie est évoquée, c’est-à-dire que la manière de vivre le culte soit davantage en cohérence avec la culture, les pratiques, les chants et les danses. La question de l’ordination de prêtre marié sera posée. Ce que j’ai compris de l’avis du Pape qui est venu nous voir l’année dernière, c’est qu’il ne compte pas changer la règle de l’Église mais qu’il conçoit que dans la situation où il est impossible pour une communauté d’avoir des visites de prêtres régulières, on puisse donner à des hommes mariés la possibilité de célébrer la messe.

Peut-on imaginer une église plus féminisée ?

Les femmes ont déjà, même si ce n’est pas au niveau hiérarchique, une place quotidienne. Cela doit être reconnu davantage mais de là à parler d’ordination de femmes, c’est autre chose...

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