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FORÊTS

Chasseurs à l'ONF : vers un dialogue renoué

Xavier-Paul Le Pelletier Vendredi 5 Février 2021 - 11h19
Chasseurs à l'ONF : vers un dialogue renoué
C’est en extérieur dans le carbet que la dizaine de chasseurs a pu être écoutée. - XPLP

Hier en fin de matinée, une dizaine de chasseurs s'est déplacée à l'Office national des forêts (ONF) à Montabo pour imposer une discussion avec ses responsables. Consignes sanitaires oblige, c'est en extérieur, au sein du carbet qui surplombe le site, que la directrice les y a reçu afin d'écouter leurs revendications.

 Depuis le départ du précédent préfet Marc Del Grande, les collectifs de chasseurs ont perdu un précieux allié qui s'était bien décidé à remettre l'ensemble de leurs problématiques sur la table des négociations. L'arrivée de son successeur Thierry Queffelec semble n'avoir en rien arrangé leurs affaires, comme le souligne la suppression de l'autorisation de sortie pour chasse vivrière pendant les horaires de couvre-feu. Une situation que ces derniers ne comprennent pas et qui vient s'ajouter au contexte de tensions accrues au contact d'agents ONF et de gendarmes qui leur rappelleraient intempestivement l'interdiction de circulation motorisée sur les pistes de l'office des forêts. Ce, en imposant parfois pour ces agents leur méconnaissance de la législation.

En cause, l'impossibilité légale d'être couvert par les assurances en cas d'accident sur l'une de ces pistes vouées à l'exploitation du bois et qui hébergent quelques sites touristiques. En cette fin de jeudi matin, une seule chose préoccupe les chasseurs : comprendre pourquoi certaines dérogations de passage pour les véhicules motorisés sont accordées tandis qu'eux devraient respecter le principe d'avancer à pieds. Et la grogne n'a eu de cesse de monter depuis que certains exploitants de bois ont exigé un renforcement du contrôle sur leurs pistes suite à des vols de carburants.

" Madame, nous entendons bien les problématiques de la filière. Il n'est pas question pour nous d'aller entraver la circulation des gros engins durant la journée. Mais que je sache ces exploitants ne sont pas propriétaires de la forêt. Leurs sites se situent à plusieurs kilomètres tout au bout des chemins que nous empruntons. Pourquoi ne pas nous laisser circuler en voiture la nuit ou le week-end? Il se plaignent de vols, mais est-ce à dire que ces gens là n'ont pas de services de sécurité? " fait remarquer un des chasseurs au cours de l'échange.

" Je vais encore vous le répétez, mais comme vous le savez, nos pistes ne sont ouvertes que pour les véhicules des exploitations forestières et pour ceux se rendant sur les sites touristiques, il n'existe malheureusement pas d'autre cadre légal. Ça n'est pas moi qui fait la loi, mais ce sont vos élus qui les négocient, constate la directrice de l'ONF en Guyane, Catherine Latreille. Vous le savez, j'ai écrit aux différents ministères pour les saisir de la question, mais je n'ai jamais trouvé de réponses. "

Chasseurs de gibiers VS chasseurs de papillons

La colère est montée encore d'un cran lorsque dimanche des chasseurs ont croisé de retour de Kaw un groupe d'entomologistes qui auraient reçu l'autorisation expresse de la main de l'un des cadres de l'ONF de faire leurs prélèvements scientifiques - celui normalement en charge du tracé des pistes. " Cela me semble invraisemblable, et si ce document existe, c'est certainement un faux " se défend la directrice.

Un argument insuffisant pour ces chasseurs qui croisent bon nombre de personnes armés de ce qu'ils considèrent comme des passe-droits. "Madame, ce que je veux vous dire, c'est que tous les enfants de ce pays - et pas uniquement les chasseurs - ont besoin de respirer l'air pur de la forêt. Le fait de donner l'autorisation de circuler aux touristes et aux famille des agents de l'ONF nous amène à constater que ce ne sont que des personnes comme vous, les blancs, qui y ont droit. On voit que ce ne sont que les blancs qui font chez nous ce que nous, nous n'avons pas le droit de faire. C'est brutal comme image, mettez-vous le bien dans la tête. " lâche un des chasseurs présents qui ne s'était pas encore exprimé.

La directrice revient sur sa proposition du jour après avoir rappelé que depuis début 2020 ses agents n'ont procédé à aucune verbalisation : " Le mieux si vous êtes d'accord serait de nous revoir pour vous présenter le cadre de nos missions, il me faut m'organiser avec mes équipes mais cela peut se faire début mars "

Intervient alors une dame qui chasse depuis des décennies : " Nous connaissons pour la plupart déjà bien votre fonctionnement. Pour que ce rendez-vous devienne un enjeu : il vous faut y faire venir les élus. Si ils ne se déplacent pas, nous saurons où les attendre " .

Après près de deux heures de discussions à bâtons rompus, une certaine conciliation semble trouvée mis à part chez l'un des présents qui tapant du pieds n'aura eu de cesse d'exiger l'ouverture de toutes les pistes, tout de suite, à tous les chasseurs. L'un des représentants insiste néanmoins sur l'urgence de résoudre les conflits. " Je vous mets en garde Madame car ce qui est en train de couver dans l'Ouest ne présage rien de bon. J'essaie tant bien que mal d'apaiser les animosités, mais mes gars là bas ont dit qu'ils étaient prêts à en découdre avec la gendarmerie si ils continuent de nous entraver. Si cela arrive, il va y avoir des blessés.



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Vos commentaires

Laguya2020 06.02.2021
Permis de chasser ou de tuer

Qu on se le dise, ils depouilleront la forêt de ses derniers animaux sauvages.jaguars caïmans singes etc etc .. Ils n ont pas le doigt sur la couture du pantalon comme le Préfet mais sur la gâchette de leurs armes...La poudre va parler !
(Ils reprochent à l onf de ne pas payer de taxe foncière....rappelons simplement que derrière l Onf, il y a le contribuable ....Force doit rester à la loi ..ceux qui décident ce sont ceux qui détiennent les cordons de la bourse. Or malgré leurs 4/4 rutilants, force est de constater que ces énergumènes ne paient pas d impôt !

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