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Aux Archives, la saga continue

Matthieu DELMAS Mercredi 24 septembre 2014
La serrure du portail d'entrée a été soudée pendant le week-end. Un acte de malveillance qui a poussé la directrice, Sandra Montabord, à porter plainte lundi matin (MD)

Suite à notre article de vendredi dernier dénonçant de nombreux dysfonctionnements aux Archives départementales, les agents ont fait valoir leur droit de retrait lundi. Les locaux, eux, sont restés fermés. La serrure du portail d'entrée avait été soudée pendant le week-end.

Lundi matin, aux Archives départementales, la directrice, Sandra Montabord, a eu la surprise de découvrir que la serrure du portail qui permet au personnel d'accéder au bâtiment avait été soudée. A midi, les portes des archives étaient toujours closes. La directrice a porté plainte.
Un acte de malveillance qui n'est pas le premier aux Archives de la place Léopold-Héder. En 2004 déjà, lors d'une grève, la directrice de l'époque, Françoise Lemaire, avait constaté que la serrure de la porte d'entrée du bâtiment avait été obstruée (LIRE ICI LA LETTRE DE LA DIRECTRICE).
Suite à notre article de vendredi dernier - « Des documents historiques bradés sur eBay » -, des employés des archives ont fait valoir leur droit de retrait. Ils étaient rassemblés devant les locaux à 10 heures et avaient convenu d'une réunion dans les locaux de l'UTG en début d'après-midi.
« NOUS NE SOMMES PAS DES VOLEURS »
Dans le document signé par treize employés et destiné au président du conseil général, dont ils dépendent, les agents informent de leur « intention d'user de leur droit de retrait au devant des différents inconvénients majeurs qui ont lieu au sein des Archives départementales » sans les mentionner précisément. Ils s'insurgent également d'avoir appris « vendredi 19 septembre dans France-Guyane d'être devenus des voleurs de documents historiques, et d'avoir appris dans le journal télévisé du samedi 20 septembre, que deux d'entre eux seraient affectés pour insubordination dans d'autres services » . Dans cet article, nous évoquions les irrégularités à répétition constatées aux Archives départementales, notamment des vols et des défaillances au niveau des installations de sécurité (système d'alarme, détecteur d'incendie).
Laurent Giffard, un des agents affectés dans un autre service pour insubordination, assure que les employés « ne sont pas des voleurs » . « Ce matin (lundi matin), nous avons été convoqués par Alain Tien-Liong qui nous a menacés de tous nous licencier » , ajoute-t-il. L'employé évoque une ambiance délétère au sein des Archives, qui aurait provoqué des dépressions et plusieurs arrêts maladie. L'ensemble des employés aurait été « humilié par la direction » .
Hier, treize agents faisaient toujours valoir leur droit de retrait. Deux avaient repris le travail.

La serrure du portail d'entrée a été soudée pendant le week-end. Un acte de malveillance qui a poussé la directrice, Sandra Montabord, à porter plainte lundi matin (MD) -
« FÉODALITÉ DANS LA FÉODALITÉ » SELON ALAIN TIEN-LIONG
Contacté par téléphone, le président du conseil général a confirmé les propos évoqués par Laurent Giffard. « Depuis 2008, j'ai été contacté par la direction des Archives de France suite à la vente de documents historiques sur les quais de Seine. » Dans un rapport de l'inspection générale des archives, Alain Tien-Liong assure « qu'il lui était recommandé de licencier deux employés » . Ce qu'il n'a pas fait, préférant des sanctions disciplinaires. Le président du conseil général qualifie les Archives de « féodalité dans la féodalité » et explique ne pas être dans une démarche électoraliste. « Je ne pose pas la question de savoir si les employés vont voter pour moi aux prochaines élections. C'est la dernière sommation avant de passer à la vitesse supérieure » . Cette situation dans laquelle « certains employés empêchent leurs supérieurs de travailler ne peut plus perdurer » .
Des rapports d'inspection explosifs
La situation des Archives départementales est dénoncée depuis 2003 par plusieurs rapports d'inspection. Morceaux choisis.
 
Nous nous sommes procurés les rapports d'inspection des Archives évoqués par Alain Tien-Liong. Dans celui de 2008, les propos sont sans appel. Les Archives départementales de Guyane seraient « l'objet de crises récurrentes liées au comportement déviant ou individualiste des agents, aux divisions internes et aux pressions politiques » . Dans le document, les inspecteurs expliquent « être frappés de l'ignorance au quotidien des règles de base du service public d'une part et de l'archivage d'autre part » , ajoutant que « les confusions entre vie publique, vie associative et vie politique ne semble pas taries » .
« ETAT DE CONSERVATION CATASTROPHIQUE »
Le rapport stipule également que les inspecteurs généraux des Archives de France ainsi que les directeurs des Archives départementales ont signalé depuis 1989 les « caractéristiques désastreuses du bâtiment dans lequel le service a été installé en 1986 » . Enfin, les inspecteurs font part de « l'état de conservation catastrophique des archives » affirmant qu'au sein du service « l'incurie et l'incompétence de quelques-uns ainsi que le non-respect de l'autorité hiérarchique se joignent aux habitudes prises » et ajoutant que les « activités menées ne relèvent pas toutes - loin de là - des missions archivistiques » .
En 2005, après son séjour en Guyane, la directrice des Archives de France stipule dans son rapport que « les dysfonctionnements sont aussi dus au comportement irrégulier de deux agents, qui s'approprient le service et se constituent en groupe d'opposition » et affirme qu'il est « nécessaire de les affecter sur d'autres sites » , soulignant l'aspect « urgent » de ces départs.
« UNE SITUATION CONSTERNANTE »
Il est troublant que ces irrégularités soient dénoncées depuis plus d'une décennie et que rien n'ait été entrepris. Dès 2003, un rapport d'inspection des Archives départementales dénonçait déjà « une situation consternante, aggravée de mois en mois » . Dans le document, les inspecteurs évoquent une « faiblesse du traitement des documents difficile à concevoir ou à imaginer, tant sur le plan matériel qu'intellectuel » avant d'ajouter que « la mémoire de la Guyane pour la 2e moitié du XXe siècle sera fondée sur des bribes sauvegardées par hasard! »
 

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