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Mille six cents manifestants contre la réforme des retraites

Vendredi 6 Décembre 2019 - 03h25
Mille six cents manifestants contre la réforme des retraites
1 600 personnes ont répondu à l'appel national à la grève relayé en local par une large intersyndicale interprofessionnelle contre la réforme des retraites, hier, à Cayenne. - Angelique GROS

Hier, environ 1 600 personnes ont défilé dans les rues de Cayenne à l’appel de l’intersyndicale contre la réforme des retraites.

«Macron, non à ta réforme ! On n’en veut pas ! » L’intersyndicale FSU, FO, Solidaires, l’Unsa éducation, la CFE-CGC, l’UTG et le Sgen-CDTG-CFDT a réussi le pari de la mobilisation contre la réforme des retraites, hier. Vers 9 heures, plus de 1 600 grévistes ont déferlés dans les rues de Cayenne au son des tambours et du grajé. Parmi eux, une grande diversité de professions venues dénoncer les conséquences de cette réforme systémique et paramétrique étaient représentées : policiers, agents de collectivités, professeurs, soignants, journalistes, avocats... « Nous sommes sur le terrain nuit et jour, toute la semaine, 24 heures sur 24. Vous nous voyez à plus de 62 ans sur une scène de crime alors qu’on arrive plus à plier les genoux ? », questionne Hélène Palton, correspondante locale du syndicat national des personnels de la police scientifique Unsa. La réforme prévoit de décaler l’âge pivot pour partir à la retraite de 62 à 64 ans. « Cette réforme nous paraît inégalitaire et injuste. Elle va créer encore plus de misère sociale », prévient Yannick Xavier, secrétaire-adjoint de l'UTG.

Plus de 38 % d’enseignants grévistes

« La retraite par point : le calcul est vite fait. Moins de pensions, plus de décote. » Ce message sur une pancarte dénonce les conséquences de la réforme sur la retraite des enseignants. Ils sont considérés comme les grands perdants de cette réforme qui prendra en compte pour le calcul des pensions l’ensemble de la carrière, contre les six derniers mois actuellement.

Martine Nivoix, du Sgen CFDT, s’insurge : « Le ministre de l’éducation a cru bon de nous envoyer une lettre pour nous dire que nos salaires seraient augmentés pour compenser les pertes dues à la réforme des retraites ! » Selon le rectorat, hier, 44,46 % des enseignants du 1er degré et 34,60 % du 2nd degré étaient en grève. De nombreux établissements scolaires étaient fermés. La grève n’a en revanche pas perturbé les cours à l’université : la journée était banalisée en raison de la tenue du forum post-bac.

Inédit depuis 2010

Le cortège a brièvement été stoppée en milieu de matinée, suite à la décision de l’UTG de s’arrêter devant la mairie de Cayenne pour protester contre le gel des négociations relatives au rachat du terrain sur lequel est implanté son siège. « La maire de Cayenne est prête à nous céder la moitié du terrain pour 15 000 euros mais nous réclamons la totalité de notre parcelle actuelle pour ce prix-là. Nous devons nous revoir dans les prochains jours », souligne Yannick Xavier.

L’intersyndicale et les manifestants, restés en retrait, ont ensuite continué jusqu’à la préfecture. Une délégation a été reçue par le sous-préfet Fréderic Bouteille et a réaffirmé la demande des manifestants : le retrait pur et simple de la réforme des retraites.

Une telle mobilisation pour un appel national à la grève n’avait pas reçu un écho aussi puissant depuis plusieurs années, en Guyane. En 2010 déjà, la réforme des retraites avait fait descendre deux milliers de personnes dans les rues partout en Guyane. Le mouvement était alors principalement porté par les lycéens.

Angélique GROS

1 600 personnes ont répondu à l'appel national à la grève relayé en local par une large intersyndicale interprofessionnelle contre la réforme des retraites, hier, à Cayenne. - Angelique GROS
Marc Honorine - Angélique Gros
Samuel Tracol du Snesup FSU - Angelique GROS
« Entre 300 et 800 euros en moins »

« La réforme des retraites, c’est entre 300 et 800 euros de moins par mois. C’est l’égalité pour tous mais par le bas (...) Une grande partie de notre section était mobilisée mais on regrette que les étudiants n’aient pas encore trop perçus l’intérêt de rentrer dans l’action. Nous regrettons le maintien d’un colloque sur les mouvements sociaux (hier et aujourd’hui, ndlr), ce qui paraît eu égard au mouvement de ce jour, pas solidaire. Ça donne le sentiment que les universitaires sont repliés sur eux-mêmes alors qu’ils doivent être au service de l’action. »

Samuel Tracol du Snesup FSU - Angelique GROS
Rassemblement à Maripasoula aussi

Maripasoula aussi était mobilisé hier matin contre la réforme des retraites. Une vingtaine de grévistes se sont réunis sur la place des fêtes de la commune pour débattre du fond de cette réforme. « On a recensé une soixantaine de grévistes majoritairement dans la fonction publique d'état à Maripasoula. Parmi eux, 25 enseignants du premier degré et une vingtaine du second degré, des personnels du parc amazonien et du Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Matiti notamment », précise Dany Mizrahi, professeur d'histoire au collège Gran Man Difou, syndiqué Sud éducation.

Une vingtaine de grévistes se sont réunis hier matin sur la place des fêtes de Maripasoula pour échanger sur la réforme des retraites. - DR
L’UTG reconduit la grève générale

Si l’unique objectif de l’intersyndicale, hier était le retrait de la réforme des retraites, l’UTG et ses militants manifestaient aussi pour l’application de l’Accord de Guyane et la mise en place du plan additionnel de 2,1 milliards d’euros. Un cahier de revendications comptant des points relatifs à l’énergie, la santé et l’éducation notamment a été déposé par l’UTG lors de la rencontre avec le sous-préfet. Le syndicat demande notamment la création d’un hôpital à Saint-Georges et Maripasoula, la mise en place d’une prime « vie chère » pour l’ensemble des travailleurs du secteur privé ou encore la mise en place d’un plan de construction supplémentaire de 5 lycées et 10 collèges en dix ans. « Nous avons demandé à être rapidement reçus par le préfet », précise Yannick Xavier. En attendant, l’appel à la grève générale est reconduit par l’UTG à partir de 9 heures à la centrale, à la Digue Ronjon, à Cayenne.

Saint-Laurent défile contre la réforme des retraites

Du marché à la sous-préfecture, avant de repartir au rond-point, quelques 300 Saint-laurentais ont battu le pavé, hier matin, derrière un mégaphone géant, pour apporter leur pierre à la lutte contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. « Ils prennent toujours les retraites des petites gens. S'il y a des économies à faire, qu’elles soient d’abord sur la retraite des présidents de la République, des ministres, des députés ! Qu’ils prennent d’abord chez eux ! »

Comme ce professeur croisé dans le cortège, nombreux sont les manifestants à être très remontés contre l’exécutif, qu’ils perçoivent comme arrogant, plus intéressé par la poursuite d’une idéologie libérale que par une réelle volonté d’accompagner les Français dans leur vieillesse. Maria, professeure d’espagnol de 38 ans, est venue manifester « contre ce gouvernement de droite, qui favorise les riches plus que les pauvres ». Pour elle, « il y a de quoi râler », bien au-delà de la seule réforme des retraites, que ce soit au niveau local ou national. Comme elle, beaucoup de salariés de l’éducation nationale défilaient hier matin, formant une part non négligeable du contingent saint-laurentais.

« On peut le faire »

Du marché à la poste, les grévistes défilent sous le soleil, avant de se poser quelques temps à proximité de la sous-préfecture. Des orateurs défilent, les retardataires rejoignent en douce le rassemblement. Puis, dans une ambiance chaleureuse, malgré une rapide pluie qui oblige le cortège à s’arrêter à l’abri quelques minutes, la foule se dirige vers le rond-point, qu’elle occupe sans blocage, tournant en rond entre les voitures, banderoles au vent. Elle reviendra normalement sur ce même rond-point ce matin à 7 heures – la poursuite de la grève a été votée devant la poste. Parce « qu’on ne peut pas se permettre de travailler aussi longtemps » et parce qu’il « faut montrer aux jeunes qu’il y a une prise de conscience, qu’on peut le faire », que les luttes sont gagnables, résume Bernard, gréviste venu du Chog. 

S. Z.

A l’issue du parcours, le cortège a tourné quelque temps autour du rond-point, ralentissant la circulation sans la bloquer. - Samuel Zralos
Plus de 300 personnes se sont rassemblées à Saint-Laurent pour s’opposer à la réforme des retraites, hier. - Samuel Zralos
« 67 ans pour une retraite pleine »

« Si je prends mon cas personnel, j’ai trente ans de collectivité à la mairie de Cayenne et avec cette réforme je serais obligé de travailler jusqu’à 67 ans pour avoir une retraite pleine. Vous imaginez partir à la retraite à cet âge-là et surtout dans quel état ? (...) Ce combat, on le mène pour nous et les générations à venir. »

Marc Honorine - Angélique Gros
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7 commentaires

Vos commentaires

Leonardo 06.12.2019
Feignasses

J'espère au moins que toutes ces feignasses qui n'ont pas assurées les cours de nos enfants se sont bien baladées... prendre l'air va peut-être leur remettre les idées en place...

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dtc97300 07.12.2019

A priori vous ne savez pas lire car il n'y avait pas que des enseignants. De plus, qui appelle à continuer la grève avec des objectifs uniquement locaux ? L'utg et non des syndicats spécifiquement enseignants. Bref, vous êtes sabs doute un produit de l'éducation locale. Toutes mes condoléances.

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Gérard Manvussa 08.12.2019

DstonQ égal à lui-même : quand il n'exporte pas sa franchouillardise, il défend sa chapelle. Corporatiste en plus...

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Nespresso 09.12.2019

Gégé alias Melville a pris un 3ème pseudo pour étaler sa haine du colon, du blanc, du métro et de l'enseignant : Leonardo !

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Gérard Manvussa 09.12.2019

Non, non, t'inquiète Nespresso, il n'y a pas qu'un seul Guyanais qui ne pense pas comme vous.

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tronokar 07.12.2019

Le beauf de service qui n'aime pas les profs et on comprend pourquoi en comptant le nombre de "fôtes" par ligne. Peuchère, ses profs ont sûrement négligé son instruction pour aller manifester, d'où "l'otografe" cahotique !

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Nespresso 08.12.2019

Quand on vous parle des dégâts de l'alcool... Le malheureux s'énerve, vocifère, se prend les pinceaux dans les méandres la langue française. Pathétique, encore une victime du colonialisme.

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