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Société

Mana: le carrefour Charvein bloqué par des élèves à bout

Samuel Zralos Jeudi 12 Novembre 2020 - 09h11
Mana: le carrefour Charvein bloqué par des élèves à bout

Une grosse centaine de manifestants ont empêché le passage des voitures, sauf les véhicules d'urgence, toute la matinée, avant un barrage filtrant l'après midi. Ils protestent contre le refus des compagnies de bus scolaires de prendre les élèves, alors que les familles ont déjà payé leur inscription.


Depuis ce matin, barrières, pneus et parasol sont installés de part et d'autre du carrefour de Charvein, entre Mana et Saint-Laurent du Maroni. Plus d'une centaine d'habitants du quartier manifestent, pour pouvoir envoyer leurs enfants à l'école. « On se manifeste parce qu'on a des problèmes de transport de personnes. On a payé pour le transport scolaire de nos enfants, mais on n'arrive pas à avoir la carte et ils ne veulent pas laisser monter » les élèves, explique Stive, porte-parole du mouvement. Les familles réunies ne contestent pas du tout la nécessité de payer leur part, mais veulent bénéficier des services correspondant à leur participation.

Vers 11h20, les élus de la CTG arrivent de Cayenne à Charvein pour négocier avec les habitants en colère. Isabelle Patient, déléguée aux transports, entame les négociations. Elle rappelle qu'un remboursement de vingt euros est prévu pour compenser les jours sans école de mars à juin dernier et acte directement une dérogation de 15 jours pour que les enfants puissent prendre le bus dans l'attente de leur carte. Pas suffisant pour les habitants, qui exigent un document écrit et, surtout, ne croient pas que la situation puisse être réglée en deux semaines.

Mme Patient a beau arguer qu'il faut du temps pour traiter les dossiers et que certains sont arrivés tardivement, elle est immédiatement remise en cause par un homme d'âge mur, qui rappelle que « le problème c'est pas que les dossiers sont déposés en retard c'est qu'ils sont traités lentement. J'ai vu des familles faire la queue des heures et ne pouvoir déposer leur dossier », témoigne-t-il. Trois agents supplémentaires vont être affectés à l'établi des cartes de transport, décide la CTG.

Après trois quart d'heure de discussions, rendez-vous est finalement pris pour demain à 9h à Mana entre les manifestants et les autorités, pour tenter de faire sauter les points d'achoppement. « Et si vous n'êtes pas là, on bloquera encore », met en garde Stive. Au final, le rendez-vous est avancé à l'après-midi même, avec transformation du blocage en barrage filtrant le temps de la réunion. Manifestants et autorités sont finalement tombés d'accord pour un moratoire sur les contrôles de cartes jusqu'à décembre, sur le remboursement pour les jours perdus l'an dernier et sur le projet de construction de ralentisseurs, d'éclairage public et d'abribus.

Le problème est ancien et revient régulièrement, rappellent plusieurs manifestants. En 2018 déjà, les habitants avaient manifesté pour la même raison. Depuis « il n'y a eu que des petits problèmes », avant cette année et le retour du blocage des élèves.
« Je veux aller à l'école »

«Y avait les vacances et là on va rater tout à l'école. Le lundi j'ai pu aller à l'école, mais depuis mardi ils ont refusé parce que je n'ai pas de carte de bus, alors que ma mère avait payé pour l'année », se désole Jair Afoeja. Scolarisé en 5e, il espère aller à l'école demain, comme ses camarades, « Y en a qui n'ont pas envie, mais moi je veux aller à l'école. »

De l'autre côté du carrefour, cagoule sur le visage, un jeune père se tient devant les barrières pour que les autorités donnent ce pourquoi ils ont payé. « Déjà, on a payé pour rien l'an dernier avec le coronavirus », sans remboursement des mois sans cours, précise l'homme masqué.

Alors, voir que cette année ses trois enfants - pour qui il a payé 414 euros en tout de transport - ne peuvent toujours pas aller à l'école l'agace au plus haut point. « Il faut qu'ils nous donnent les cartes de transport, les bus doivent prendre nos enfants », insiste-t-il, d'autant plus agacé que « c'était déjà comme ça il y a quinze ans », quand lui même était scolarisé.
Blocage sur toute la matinée

Très motivés, les manifestants affichent leur intention de rester sur le carrefour «jusqu'à avoir une réponse écrite » des responsables affirme Stive. L'arrivée d'une délégation de la CTG avait été annoncée dès 9h30, mais le temps qu'ils viennent de Cayenne, « il y en a pour la matinée », soupirait alors un observateur.

Adossé à sa voiture depuis presque une heure, Eric trouve la situation « chiante », d'autant que son arrêt forcé lui a fait rater un rendez-vous. D'un côté il « comprend » les revendications des habitants, mais il aimerait « qu'ils libèrent les gens qui veulent faire leurs affaires. On est fatigués de rester au soleil ». Une lassitude que les manifestants entendent en fin de matinée, en laissant passer certains véhicules.

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3 commentaires

Vos commentaires

tronokar 12.11.2020
les voleurs et les paresseux

Le problème est récurrent, plus ou moins grave selon les années. Ces compagnies de cars sont managées par des voleurs, qui chaque année vendent plus de cartes de transport qu'ils n'ont soi-disant de places dans les bus.
Si l'on ajoute le problème de leurs feignants de chauffeurs, en grève pour un oui ou pour un non... la Guyane, personne ne vous croira !

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GILLES BERNARD 13.11.2020

Le problème vient de la CTG, qui met beaucoup trop de temps à délivrer les cartes de transport, et pas des compagnies de bus, qui n'ont pas le droit de transporter des enfants sans cartes de transport. D'autre part, les grèves de chauffeurs de bus ne concernent généralement que les services de transport de la ville de Cayenne, et pas les services de transport scolaire. Voilà, cher Tronokar, de quoi éclairer votre lanterne.

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tronokar 13.11.2020

Merci pour ces précisions, et mea culpa pour m'être laissé quelque peu emporté !
Mes excuses les plus plates aux chauffeurs de bus scolaires, il est vrai que j'ai très peu vu mes élèves absents pour grève des bus, j'ai amalgamé un peu (beaucoup) cavalièrement !.

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