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REMIRE-MONTJOLY

Les habitants du squat des Manguiers se préparent à l’évacuation

Samir MATHIEU Lundi 25 Novembre 2019 - 03h20
Les habitants du squat des Manguiers se préparent à l’évacuation
La famille Kingston paye la taxe foncière et va pourtant être expulsé. Les parents installés depuis plus de 30 ans en Guyane ne comprennent pas la situation. - Samir MATHIEU

De nombreux habitants des Manguiers, sur la route du Mahury, à Rémire-Montjoly, ont déjà déménagé leurs affaires alors que le squat doit être détruit aujourd’hui. D’autres, plus sceptiques, attendent avec inquiétude.

Les va-et-vient des camions chargés des déménagements n’ont pas arrêté de tout le week-end au squat des Manguiers, route du Mahury à Rémire-Montjoly. Des milliers d’habitants se préparent tant bien que mal à l’évacuation du squat, programmée aujourd’hui. Les agents des services de l’État doivent procéder à la destruction de l’un des plus grands squats de l’Île de Cayenne.

On estime qu’entre mille cinq cents et trois mille personnes vivent dans ce squat, pour certaines depuis trente ans. Dans l’ensemble, les habitants ne comprennent pas cette décision. Certains, nombreux, réclament un délai pour pouvoir se retourner.

« Ce sera la rue pour tout le monde »

Jean-Baptiste vit aux Manguiers depuis un peu plus d’un an avec sa femme et son fils. Il a le statut de réfugié. Il vient d’Haïti. Pour lui, c’est clair : « Il nous faut un délai. » Il l’explique par le fait que son fils, comme nombre d’enfants vivant dans le squat, est scolarisé à Rémire-Montjoly : « Comment on va faire ? On ne peut pas leur supprimer l’école comme ça du jour au lendemain », s’indigne-t-il. Alors comme nombre de ses voisins, Jean-Baptiste attend. Il a du mal à croire que tout va être détruit comme ça aujourd’hui. Et puis surtout les habitants ne savent pas où s’installer.

Charles n’y va pas par quatre chemins : « Ce sera la rue pour tout le monde », déclare-t-il, défaitiste. Il affirme que rien n’a été préparé pour permettre aux habitants des Manguiers de vivre dans des logements décents. André est amer lui aussi. Il explique que les gens qui déménagent « ne savent pas où ils vont vivre ». Sa seule certitude est que leur agitation trahit leur inquiétude de perdre leurs affaires : « Ils essaient de sauver tout ce qu’ils peuvent. »

Un stress continu

Gédilia nous ouvre les portes de chez elle. Elle est arrivée sur place en avril 1992. Elle a effectué plusieurs demandes d’attribution de logements en 1994, 2000, 2006 et plus récemment en 2014, et affirme n’avoir jamais obtenu de réponse favorable. Aujourd’hui, elle souhaite partir mais n’a pas trouvé où se loger. Elle a d’ores et déjà déménagé une partie de ses affaires, ce qui lui a coûté la somme de 500 euros pour les ranger chez une connaissance. Il lui faudra ajouter une soixantaine d’euros pour la fin du déménagement aujourd’hui quand la démolition aura lieu.

Franck est son filleul. Il vit chez elle depuis plusieurs mois maintenant. Pour lui, comme pour d’autres, c’est « beaucoup de stress » : « Je n’arrive plus à manger correctement, ni même à bien dormir. L’huissier, qui est passé accompagné des gendarmes pour nous informer de la destruction à venir, ne nous a même pas laissé de papier, ce qui fait qu’on n’a pas de document pour prouver l’urgence de la situation auprès des services sociaux en vue d’un relogement », relate ce quadragénaire particulièrement inquiet. Et pourtant, comme pour plusieurs centaines d’habitants du squat, il est en situation régulière, mais se heurte au manque de logements disponibles en Guyane.

Déianara juge que ce comportement des services de l’État est « inhumain ». Elle se fait énormément de souci pour les enfants : « Ils sont encore scolarisés. Il fallait leur laisser finir l’année scolaire », dénonce-t-elle, estimant que les gens responsables sont « méchants ». Elle aussi attend ce matin pour voir ce qui va se passer.

Samir MATHIEU

Si une partie des habitants attend toujours l'évacuation pour bouger, la moitié a pris ses dispositions et effectué leur déménagement. - Samir MATHIEU
Les va et vient des camions sont incessants pour permettre d'évacuer le maximum d'affaires. - Samir MATHIEU
Les habitants du squat récupèrent tout ce qu'ils peuvent. Ici des taules sur le toit des habitations. - Samir MATHIEU
Laicimini est présidente de l'association Xavier pour le droit au logement. - Samir MATHIEU
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Ta race Boulba 26.11.2019

Le rassemblement national pourrait venir faire des formations en Guyane ...

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