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Le centre pénitentiaire en "état d'alerte"

Jade Letard-Methon & Marie ODRY Mercredi 8 Juin 2022 - 15h42
Le centre pénitentiaire en "état d'alerte"
Les agents pénitentiaires feraient en moyenne 80 heures supplémentaires par mois, un rythme jugé “insoutenable” par les représentants du personnel. - ARCHIVES FG

L'UTG-CGT alerte sur les conditions de travail des surveillants pénitentiaires, alors que les agressions se multiplient au sein de la prison.

 Sous deux tentes immaculées, baignées de la chaleur de la mi-journée approchante, deux représentants du syndicat UTG-CGT ont poussé un cri du cœur pour faire entendre la voix des agents du Centre Pénitentiaire de Rémire-Montjoly. Manuella Dimanche et Mike Clet - tous deux surveillants brigadiers - ont ainsi énoncé un à un tous les griefs et les besoins de leurs confrères et consoeurs en charge de la garde des détenus de Guyane. Ils ont ainsi profité de la période électorale en cours pour signaler à tous les candidats aux législatives, qu'ils avaient conviés, leur détresse. Pour l'occasion, une dizaine de candidats ont ainsi répondu présents à leur appel.
Multiplications des violences
Nous sommes en souffrance, je crains qu’il arrive un drame”, déclare Mike Clet. Depuis des mois, les conditions de travail des agents du Centre Pénitentiaire de Rémire-Montjoly ne cesseraient de se dégrader, selon le syndicaliste. Les agressions du personnel se multiplient d'après les agents qui comparent la situation en 2020 où il était question d'une agression contre 22 agressions, en l'espace d'un mois et demi seulement, en 2022. Le mois dernier, deux des gardiens ont reçu de l’eau de Javel dans les yeux. Ces travailleurs qui se disent "en souffrance", alertent sur un climat qui "risque d’exploser".
Une moyenne de 80 heures supplémentaires par mois
L’organisation dans le centre est aussi l’une des raisons de ce cri d'alerte : “Les plannings sont tout le temps modifiés, le rythme est trop intense” explique Mike Clet. Les agents pénitentiaires feraient en moyenne 80 heures supplémentaires par mois, un rythme jugé “insoutenable” par les représentants du personnel. Le terme “mal être au travail” a d'ailleurs été répété plusieurs fois lors de la conférence. “Cela va exploser, un collègue va péter les plombs parce qu’ il se sera fait agresser, fustige Yannick Xavier, secrétaire général de l’UTG .Il ne va pas tenir face au stress et à la fatigue, il va se retrouver à son tour en prison !”
“Nous sommes face à une direction qui, depuis plusieurs mois, fait une entrave syndicale”
Les travailleurs expliquent également ressentir “un manque de considération de la hiérarchie directe”. D'après les agents, ils auraient tenté d’en parler à leur direction, mais leurs sollicitations seraient restées lettre morte. Dans le cas présent, les agents ne seraient plus formés sur les formations nécessaires pour exercer ce poste, et souhaiteraient suivre un apprentissage de self-défense.

Ils argumentent sur les retours de leur hiérarchie qui d’après eux ne laisserait rien passer vis-à-vis de leur comportement. “On ne peut pas faire un travail impeccable quand nous n'en avons pas les moyens” , poursuit Yannick Xavier.

Dimanche Manuella, Clet Mike et Yannick Xavier lors d'une conférence donnée le mercredi 8 juin, à laquelle étaient invités les candidats aux législatives. -

Les conditions des détenus
Le Centre Pénitentiaire de Rémire-Montjoly est en surpopulation. Les syndicalistes nous ont donné les chiffres : 835 détenus sont en détention sur une capacité initiale de 614 places. Manuella Dimanche, surveillante pénitentiaire-brigadier confie : “Les détenus n’ont plus rien, presque plus de sport, ils ont en marre, il faut les occuper. Pourtant ils savent faire quelque chose de leurs mains, ils sont capables du meilleur comme du pire, mais si on leur fait faire que le pire à quel moment ils feront le meilleur ?"
Yannick Xavier : "Les agents ne sont pas formés en self-défense"

Quels moyens devraient être mis en place en priorité?

Les formations! Les agents ne sont pas formés en self-défense, aux nouvelles techniques d’approches, ni à la gestion du personnel et humain.

Pourquoi n’y a t’il pas de nouveaux recrutements pour alléger le temps de travail des agents?


Ce sont des lois, des quotas et après il y a une volonté de la direction qui veut ou non. Par des moyens artificiels, les heures supplémentaires à répétition permettent de compenser les équipes. On use d'artifice afin de maintenir à l’eau l’effectif, voilà comment cela se passe.

L’UTG est une fédération qui regroupe plusieurs autres syndicats, si notre syndicat pénitentiaire est en difficulté les autres viendront l'aider.
Les élus présents ont pris la parole et ont eux aussi accordé leur soutien aux agents du Centre Pénitentiaires de Rémire-Montjoly.



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