France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

« La politique envers les demandeurs d’asile s’est encore durcie »

Samir MATHIEU Samedi 15 Juin 2019 - 03h10
« La politique envers les demandeurs d’asile s’est encore durcie »
Lucie Curet dénonce une politique d'enfermement plus sévère en Guyane. - Samir Mathieu

La Cimade vient de publier le rapport d’activité des centres de rétention administratifs (CRA) pour l’année 2018. En Guyane, comme ailleurs, la politique de l’Etat s’est durcie envers les demandeurs d’asile. Les conséquences sont nombreuses.

Le bilan d’activité 2018 du centre de rétention administratif de la Guyane est sans appel. La politique de l’État s’est durcie envers les demandeurs d’asile. « Le centre de rétention enferme beaucoup plus que les années précédentes », constate Lucie Curet, directrice de la Cimade en Guyane. Les arrestations et placement en rétention se sont multipliés pour atteindre les 2 000 cas l’an passé, contre 1 500 en 2017. « Les expulsions sont organisées plus loin », précise Lucie Curet. Elles se font par avion mais aussi par hélicoptère vers le Guyana, et ce alors que le coût est « exorbitant » à plus de « 4 000 euros par personne expulsée ». Interrogée à ce sujet au mois de juillet dernier, la préfecture, par la voie du directeur de cabinet de l’époque Olivier Ginez, avait alors expliqué qu’un avion acheté par l’Etat, allait remplacer d’ici la fin de l’année la solution jugée provisoire des expulsions par hélicoptère (France Guyane du jeudi 2 août 2018). Selon la Cimade, « les expulsions par hélicoptère ont perduré ».

Des enfermements plus longs

Autre caractéristique enregistrée par la Cimade, c’est la forte augmentation de la durée d’enfermement. Elle était de 5 jours en moyenne en 2018 contre à peine 48 heures en 2017. Ce constat a été dressé dans bon nombre de CRA en France, et n’est donc pas seulement l’apanage de la Guyane. Une situation qui entraine « trop de promiscuité » au sein du CRA de Matoury. « On n’a jamais connu un tel niveau de tension, de stress et d’actes désespérés », s’inquiète Lucie Curet. Il y a un malaise explique la représentante de la Cimade. Des courriers de détresse ont été adressés aux autorités. Une tentative de suicide a même eu lieu l’an dernier au CRA. Et à la rentrée de septembre, un groupe de personnes a entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention. « Il y a aussi des dégradations de l’état psychique au fur et à mesure de l’enfermement », rappelle Lucie Curet.

Plus d’enfermements que d’expulsions

Concrètement, ces maux sont les résultats de la politique menée par l’État en Guyane selon la Cimade : « la politique s’est durcit avec des expulsions de parents isolés et de jeunes majeurs en cours de scolarisation ». Plusieurs syndicats et le député Gabriel Serville ont à plusieurs reprises, et fermement, dénoncés les arrestations qui ont eu lieu à proximité de l’université et des lycées sur l’île de Cayenne. « J’ai écrit au préfet concernant ces arrestations arbitraires », expliquait ainsi Gabriel Serville au mois d’avril. Selon Lucie Curet, « ces arrestations de jeunes sont doublement pénalisantes car elles stoppent net la scolarité de jeunes parfois bien insérés dans la société et à l’école ». Enfin, selon la Cimade, c’est la première fois depuis six ans que le centre enferme plus qu’il n’expulse. C’est à dire, que les personnes arrêtées sont finalement relâchées suite à de nombreuses « irrégularités dans les procédures » selon Lucie Curet. Elle précise ainsi que 41 % des personnes enfermées ont été présentées à un juge et parmi elles, 56 % ont été libérées.

Eviter des avis négatifs

L’autre grosse partie des personnes libérées, le sont par décision de la préfecture. « En fait, cela fait suite à des grosses carences dans l’examen de situations individuelles explique Lucie Curet. Cet examen doit se faire juste après l’interpellation, or selon la Cimade, il est fait rapidement et de façon massive. Lucie Curet dénonce cette situation : « Cet examen des situations n’est réalisé qu’une fois la personne enfermée, alors qu’en principe c’est l’inverse ». Donc elle indique que la préfecture a décidé de libérer « 25 % des personnes qu’elle avait décidée d’enfermer ». « C’est un effet de rattrapage » selon l’ONG qui conclut que « beaucoup sont libérés » juste avant l’audience devant le juge « pour éviter d’avoir un avis négatif sur leur choix ».

Samir MATHIEU

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
5 commentaires

Vos commentaires

antcorp 18.06.2019

pas facile de dissuader des gens qui on plus d'espoir dans leur propre pays et qui pensent pouvoir s'intégrer comme nous ou nos ancêtre, dans un autre temps pour avoir une vie meilleurs il y a bien l'extermination mais certain donneurs de leçon nous traiterai de régime fasciste

Répondre Signaler au modérateur
joko973 16.06.2019

Il faut envoyer un signal fort pour décourager cet afflux de faux demandeurs d'asile. Il est quasi impossible de les expulser lorsqu'ils ont mis un pieds sur le territoire, car ils sont aidés par ces associations subventionnées. L'état doit encore faire preuve de plus de fermeté. Or, ce sont ces mêmes associations qui reprochent à l'état de faire son travail. Elles devraient être poursuivies pour aide à l'entrée sur le territoire, ou chargées du retour sous peine de poursuites pour chaque demande refusée...

Répondre Signaler au modérateur
joko973 16.06.2019

Des irrégularités dans les procédures pour des personnes entrées irrégulièrement sur le territoire ??? la première irrégularité, c'est l'entrée. Retour immédiat à l'envoyeur !!!

Répondre Signaler au modérateur
Gérard Manvussa 15.06.2019

Il faut arrêter l'angélisme. Seule la Cimade a voix au chapitre sur le sujet ? Les demandes d'asile abusives c'est pas un sujet ?

Répondre Signaler au modérateur
josy 15.06.2019
Fermeture

Fermez la Cimade et laissez entrer !!!!!!!!!!!!

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
1 commentaire
A la une
8 commentaires