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Il y a deux ans, la marche géante du mouvement social

Jeudi 28 mars 2019
Il y a deux ans, la marche géante du mouvement social
La foule, pacifique, réclamait du changement. L'a-t-elle obtenue aujourd'hui ? - Archives FA Guyane

Il y a deux ans jour pour jour, 20 000 personnes défilaient à Cayenne et à Saint-Laurent du Maroni. Tous les Guyanais étaient réunis sous une même banderole, sous un même drapeau avec un message clair pour dire stop aux violences. Pour que la Guyane ne soit plus laissée pour compte par la République. Le mouvement s’est poursuivi jusqu’à l’Accord de Guyane, signé le 21 avril 2017. Qu’en est-il, deux ans après ? Le plan d’urgence a-t-il répondu aux attentes de la population ? Les leaders du mouvement social arrivent-ils à rester unis, malgré les deux années qui viennent de s’écouler ?

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Le plan d'urgence et le plan complémentaire avancent progressivement : trop lentement ? - Archives FA Guyane
La foule dans l'avenue De-Gaulle, le 28 mars 2017 - Gerno Odang
Lors de la manifestation du 28 mars 2017 - Gerno Odang
« Globalement on a stagné, même si... »

Deux ans après, est-ce que les choses ont évolué ?

Globalement, on a stagné, même si, sur le plan d’urgence, on a commencé à débloquer certaines choses. Concrètement, on ne voit pas les effets. Le fond du problème reste le même. Je l’ai déjà dit, on aura beau mettre des centaines de gendarmes partout, ça ne va pas régler le problème de la violence et de l’insécurité sur le territoire. C’est une conséquence de plusieurs maux ça, et la réponse n’est pas là. La question est : « Comment s’attaque-t-on aux causes de l’insécurité ? » Mais pour ça, il faut régler le problème économique et social. Tant qu’il n’y aura pas d’emplois et de perspectives, on ne va pas y arriver.

Pour ce qui concerne les grands travaux, le gouvernement a accordé des fonds sur plusieurs années. Par exemple, sur les constructions scolaires, c’est 50 millions d’euros par an pendant cinq ans. C’est chaque année. Ils n’ont pas versé 250 millions d’euros d’un coup pour la collectivité. En termes de communication, le gouvernement a trompé son monde. Or nous, dès le départ, nous avions dit que c’était une situation d’urgence, donc qu’il fallait les fonds tout de suite. Pour une situation d’urgence, il fallait tout verser dès le départ. Le plan d’urgence tarde parce qu’on a des mesures qui tardent à venir.

Comment envisagez-vous les mobilisations à venir ?

Un meeting est prévu samedi soir. On va faire un état de la situation avec la population. Ça n’avance pas, parce que certains élus cosignataires de l’Accord font tout pour que ça ne se passe pas. Ce n’est pas normal que, lorsqu’il rencontre le président de la République, Rodolphe Alexandre lui dise que tout va bien et que tout est respecté dans le plan d’urgence. C’est inadmissible de dire ça. Ce n’est pas vrai. On ne peut pas dire ça. C’est mentir à la population. Moi je le dis : le président Macron ne respecte pas l’Accord de Guyane dans sa globalité.

Sinon, il n’y a jamais eu de désunion. Il y a eu des choix différents sur la forme. Mais l’union sur le fond n’a pas bougé d’un millimètre. Donc, samedi soir, je serai présent aux côtés des 500 Frères et de Tròp Violans. On verra bien qui sera là.

Davy Rimane - DR
« Les projets font les budgets »

Une chargée de mission spécifique a été recrutée pour suivre les 171 mesures contenues dans l’Accord, à la fois le plan d’urgence et les 15 accords thématiques.

Nous n’avons jamais perdu de vue le plan complémentaire du collectif Pou Lagwiyann dékolé, que l’État s’est engagé à examiner. Nous attendons toujours les projets qui ont été exposés dans ce plan complémentaire, deux ans après, alors que les collectivités ont signé et qu’elles disposent des compétences pour leur mise en œuvre.

Sur les projets avancés dans ce plan complémentaire, plusieurs sont en cours dans le droit commun (hors financements exceptionnels), soit au travers des assises des Outre-mer (Livre bleu Outre-mer), soit du plan de convergence et de transformation (cité dans l’Accord du 21 avril), soit dans les financements annuels que nous recevons de l’administration centrale.

Mais nous sommes toujours en attente des projets qui déclencheront les financements autrement que sur le tableau de trois pages qui a été annexé aux accords, car ce sont les projets qui font les budgets et non l’inverse.

Philippe Loos, secrétaire général aux affaires régionales - Angelique GROS
Béatrice,commerçante

« Une marche, des mois de blocage et tout ça pour ça ? Le problème, c’est que tout ce qu’on a été capable de demander, c’est de l’argent, sans mener de réflexion derrière, alors qu’il y a énormément de choses qu’on pourrait déjà changer sans. Il faut que nous aimions davantage la Guyane et que nous prenions les choses en mains plutôt que de venir toujours réclamer des sous à l’État. »

Béatrice - Gabrielle Trottmann
N.J,aide maternelle

« J’étais pour la marche, j’ai participé au mouvement, mais ça n’a rien changé pour la jeunesse et il y a encore énormément de problèmes d’insécurité. On ne va pas encore bloquer la Guyane pour mieux reculer. Il faut d’abord aller voter pour faire changer les choses. »

NJ - Gabrielle Trottmann
Chaldy,Pâtissier

« Cette marche, ça a été une très bonne chose. C’était beau de voir qu’on pouvait s’unir pour avancer tous ensemble. Mais aujourd’hui, rien n’a changé. La vie est plus chère. Et ça tuerait le pays de relancer un mouvement pareil aujourd’hui. »

Chaldy - Gabrielle Trottmann
Mario,vendeur

« Le mouvement social a aggravé les choses. Beaucoup de commerçants ont dû fermer depuis. C’est de plus en plus dur. Il faut que nous nous mettions au travail, tous ensemble, pour faire changerles choses. »

Mario - Gabrielle Trottmann
Maryvonne,mère de famille

« J’étais contente de voir la marche. J’étais contente de voir tout le monde s’unir. Mais je n’y ai jamais cru. Je ne crois pas que l’État puisse faire quoi que ce soit pour faire avancer les choses. »

Maryvonne - Gabrielle Trottmann
Ralf, étudiant

Personnellement, je ne vois pas de grands changements. Par exemple, pour nous les jeunes, c’est toujours pareil. Les effectifs dans les classes sont surchargés. ça a même tendance à s’amplifier. Ils mettent de plus en plus d’élèves dans une même classe. C’est pénalisant pour nous. Au niveau scolaire, il y a beaucoup de problèmes et pas beaucoup de places dans les écoles. Concernant les infrastructures, rien n’a changé non plus. La route, elle est dégradée. On a fait des grèves pour ça, mais il y a zéro changement.

Ralf - Samir Mathieu
Estelle, sans emploi

« Moi, je suis tout à fait d’accord avec les raisons pour lesquelles ils ont fait ce défilé (en 2017). Ce qu’il faudrait faire, et je prie pour, c’est arranger les choses. Pour les jeunes de maintenant, il faut un bon avenir, parce qu’il y a trop de violence. Regardez tout ce qui se passe dans les établissements... ça continue, l’insécurité devant les établissements. Il faut que ça cesse tout ça. Il faut que les jeunes comprennent qu’ils vont à l’école pour apprendre, suivre un cursus pour avoir un avenir. Ils en ont vraiment besoin, parce que par les temps qui courent, il faut qu’ils réfléchissent. Pour bien réussir, il faut un diplôme. Lorsque j’ai vu ce défilé il y a deux ans, j’ai dit : « Espérons que ça va changer. » Aujourd’hui, je dis encore : « J’espère que les choses vont changer. » On va obtenir quelque chose de positif pour notre avenir en commun en Guyane. Samedi, je serai au grand rassemblement pour ça. »

Estelle - Samir Mathieu

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9 commentaires

Vos commentaires

xxl 31.03.2019
SERIEUSEMENT

Je ne comprends pas pourquoi que les collectifs antillos guyanais n'appels pas à soutenir les gilets jaunes ? LE GOUVERNEMENT a réussi à nous traumatiser, plus de HAOU!HAOU! maintenant c'est mimiaouu!

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xxl 29.03.2019
AHOU!AHOU!AHOU!

j'imagine les gilets jaunes cagoulés criant AHOU!AHOU!AHOU!

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cloclo 29.03.2019

Où nous en sommes aujourd'hui?, le sanitaire et sociale décollent lentement.... Et juste pour vous dire progressera jusqu'en 2022, selon Mme BEZYN s'agissant les 40 millions d'euros données aux comptes-gouttes pour l'investissement CHAR Sous Projets effectifs....????

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Paassy 29.03.2019
Disparition inquiètante...

Article très surprenant.
Les autochtones, leurs revendications, leur drapeau, ont complètement disparu du mouvement social de 2017 !

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973Cayenne 29.03.2019
Rimane à coté de la plaque

Il est rassurant de voir le contraste entre la lucidité des commerçants interviewés, et l'aveuglement du syndicaliste salarié d'EDF : l'obsession de demander de l'argent à un Etat qu'on maudit en bloquant les seuls qui tentent de développer l'économie locale...

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Gérard Manvussa 29.03.2019

Le problème est que certains parents sont des anciens enfants mal (ou pas) éduqués

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dtc97300 29.03.2019

Attention gg, vous parlez des Guyanais...lol. Tontons macoutes et autres fins limiers locaux.

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Gigi973 28.03.2019
PARENTS IRRESPONSABLES

Que les parents commencent déjà par éduquer leurs enfants ça résoudra beaucoup de problèmes.

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dtc97300 29.03.2019

Culture locale...

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