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GUYANE

Evacuation de la pointe Buzaré : la préfecture annonce "180 places potentiellement disponibles" sur 241 migrants recensés

Samir MATHIEU Mercredi 3 Février 2021 - 10h06
Evacuation de la pointe Buzaré : la préfecture annonce "180 places potentiellement disponibles" sur 241 migrants recensés
Combien de temps vont encore rester les tentes bleues de la pointe Buzaré et où vont aller les quelques 250 migrants qui occupent le site cayennais ? - Samir MATHIEU

Que faire des quelques 250 migrants de la pointe Buzaré lorsque celle-ci aura été évacuée ? La préfecture communique à propos de cette "mise à l'abri", qui devrait être imminente. Une conférence de presse aura lieu ce jour. D'ores et déjà 152 migrants sont éligibles aux mesures de relogement et 180 places sont potentiellement disponibles, selon la préfecture, dans le futur centre d'hébergement de Cayenne et à l'hôtel du fleuve à Sinnamary. Reste à savoir quand ces places seront disponibles alors qu'on parle d'une évacuation de la pointe Buzaré le 11 février prochain...

C'est un dossier sensible. La préfecture l'a bien compris et communique en amont, pour essayer de désamorcer les critiques et tensions. L'évacuation du camp de migrants de la pointe Buzaré à Cayenne, semble désormais imminente. Selon nos informations, le démantèlement du camp de migrants pourrait avoir lieu le jeudi 11 février prochain, mais cela devrait être confirmé, ou infirmé, cet après-midi lors de la conférence de presse de la préfecture. Annoncé début janvier par Guyane La 1ere, le sujet ne cesse d'animer les débats depuis.

Deux camps se font face : celui qui voit d'un côté la mairie, la préfecture et les collectifs comme Trop Violàns, qui réclament au plus vite le démantèlement du camp, qui abrite plus de 250 personnes. Et de l'autre les associations humanitaires et autres ONG, dites "pro-migrants", qui estiment que le camp de la pointe Buzaré est la "moins mauvaise des solutions" en attendant que la situation de ces personnes soit régularisée.
Le sous-préfet Daniel Fermon veut préparer "au mieux" cette opération
Vendredi, nous avons rencontré le sous-préfet en charge des questions de sécurité et d'immigration (parmi les compétences indiquées par les services de l'Etat), Daniel Fermon. Il nous a confirmé que l'évacuation du site de la pointe Buzaré était "en cours de préparation". Mais Daniel Fermon expliquait que pour l'instant, il s'agissait de préparer "au mieux" les choses : "il faut essayer de trouver des solutions pour éviter de déplacer le problème". C'est justement le sens du travail engagé par la préfecture avec la mairie de Cayenne et le Samu social depuis plusieurs semaines, après les tentatives avortées d'évacuation en fin d'année dernière, retoquées par la justice administrative. Les arrêtés de la mairie et la volonté de la préfecture, avaient connu une violente opposition des associations humanitaires, qui avaient gagné en justice. 
152 migrants (sur 241 recensés) éligibles au relogement d'urgence
Cette fois-ci, la préfecture entend réaliser l'opération dans les "meilleures conditions". Un recensement a été réalisé. Il fait état de 241 migrants, venus de Colombie, de Cuba, d'Haïti, de Syrie et du Yémen. Il s'agit pour la plupart de Cubains et de migrants venus de Syrie (Syriens et Palestiniens).

152 sont éligibles à des solutions de relogement selon les services de l'Etat, qui viennent d'annoncer, dans le communiqué envoyé hier soir aux rédactions, que 180 places étaient potentiellement disponibles. Il s'agit d'une de places en appartements hôteliers, dans un futur centre d'hébergement d'urgence à Cayenne et à l'Hôtel du Fleuve à Sinnamary.

Une conférence de presse aura lieu en fin d'après-midi en préfecture pour faire le point sur ce dossier. Plus d'infos à venir demain sur France-Guyane.

Le communiqué de la préfecture :

"Dans le cadre de l’opération de prise en charge des étrangers installés sur la pointe Buzaré à Cayenne, les services de l’État compétents, avec la mairie et les associations ont procédé, tout d’abord, au recensement et au diagnostic concernant la situation sur les lieux, pour ensuite programmer la mise à l’abri des personnes vulnérables et en parallèle le traitement des dossiers administratifs.

241 personnes ont été recensées, provenant de 5 pays différents : Colombie, Cuba, Haïti, Syrie, Yémen. Parmi les étrangers sur place, certains ont déjà un parcours de demandeur d’asile (184) et plusieurs ont déjà obtenu une réponse positive à leur demande (57).

Sur la pointe Buzaré 152 personnes sont concernées par un critère de vulnérabilité. Cf. l'article 21 de la directive d'accueil, qui établit les situations particulières des personnes vulnérable et prédéfinies telles que :
• les mineurs
• les mineurs non accompagnés
• les handicapés
• les personnes âgées
• les femmes enceintes
• les parents isolés accompagnés d’enfants mineurs
• les victimes de la traite des êtres humains
• les personnes ayant des maladies graves
• les personnes souffrant de troubles mentaux
• les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d’autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, par exemple les victimes de mutilation génitale féminine

152 personnes sont, à ce stade, concernées par l’hébergement d’urgence. Une mise à l'abri des personnes campant sur le site de Buzaré est prévue avec la contribution de la Croix-Rouge Française, du Samu social de Guyane et la ville de Cayenne.

180 places sont potentiellement disponibles pour cette opération (en appartements hôteliers, dans un futur centre d'hébergement d'urgence à Cayenne et à l'Hôtel du Fleuve). Un accompagnement social est prévu pour les personnes ayant obtenu le statut de protection internationale, afin qu’ils accèdent à un logement social pérenne. D’autres projets sont en cours pour augmenter les places d'hébergement d'urgence, au-delà des 220 places existantes pour les demandeurs d'asile. En plus de ces 220 places, 240 personnes sont prises en charge en nuitées hôtelières dans le cadre de la mise à l’abri suite à la crise sanitaire. Ces démarches permettent la préfiguration du schéma régional des demandeurs d’asile en 2021."

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4 commentaires

Vos commentaires

lestranger 04.02.2021

Démarche totalement hypocrite car à l'issue du "relogement" la quasi totalité se retrouvera a rue ( ou à Bambou). L'hébergement d'urgence n'est que de quelques jours voir quelques semaines pour les plus chanceux. Il n'y a pas de communication sur le suivi des actions de ce style : mont Baduel, matines ... mais la réalité sur le terrain démontre ce simulacre d'organisation. Alors oui, soit nous accueillons dignement, soit nous sommes honnêtes et ne laissons pas pourrir les situations et les vies qui vont avec. Un peu de courage la classe dirigeante.

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Laguya2020 03.02.2021
Urgence

Il y a urgence en effet à régler ce problème qui est un important lieu un problème humanitair.La solution ce n'est pas dégagez ce camp que je ne saurai voir, mais accueillir des êtres humains dans des conditions minimales de confort, n en déplaise à ceux qui voudraient les voir disparaître du territoire..
S'ils sont arrivés là c'est qu on a bien voulu quelque part...Alors maintenant à la communauté guyanaise d'assumer.
Même problème à Bambou et ailleurs...sur cette terre qui est bien assez vaste pour accueillir des centaines de milliers de candidats à un avenir meilleur !
Eh oui la Guyane avec son système unique d aides sociales diverses exerce une force d attractivité énorme dans ce coin d'Amérique du Sud!
France terre d asile France pays des droits de l homme.
Assez de chanter! Il faut assurer maintenant !

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A. LEA 03.02.2021

On fait de la place pour les prochains arrivages.

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Féfé973 04.02.2021

La préfecture et Trop violans dans le même camp. Ca se fête !

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5 commentaires
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