France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Stéphane Bailly, directeur régional de Pôle emploi

Chômage : « On est sur une baisse qui a l’air solide »

Propos recueillis par Angélique GROS Mercredi 29 Janvier 2020 - 03h20
Chômage : « On est sur une baisse qui a l’air solide »
Stéphane Bailly, directeur régional de Pôle emploi - Angelique GROS

Le chômage est en net recul en 2019. Le nombre de demandeurs d’emplois sans aucune activité passe de 22 540 à 21 190 en un an. Décryptage avec Stéphane Bailly, directeur régional de Pôle emploi.

Quel bilan faites-vous du net recul des chiffres du chômage en 2019 ?

Au second trimestre 2018, l’emploi était reparti à la hausse et bien qu’on ait eu un début d’année un peu difficile en 2019, ça c’est accéléré en cours d’année. On est sur une baisse qui a l’air solide notamment au regard des indicateurs de l’Insee du 30 septembre dernier qui pointent une progression de 4 % de l’emploi salarié. En parallèle, nous observons qu’il y avait 10 000 contrats de plus d’un mois qui ont bénéficié aux demandeurs d’emplois en 2018 et plus de 11 000 en 2019. C’est une augmentation de 10 % qui montre que cette progression de l’emploi salarié a en proportion beaucoup plus bénéficiée aux demandeurs d’emplois. […] En 2019, grâce au plan d’investissement dans les compétences (PIC) on a aussi beaucoup fait progresser nos programmes qualifiants et beaucoup de demandeurs d’emplois ont pu trouver un travail derrière ça. En 2019, on a augmenté de 40 % le nombre d’entrées en formation par rapport à 2018 avec près de 3 000 entrées.

Les personnes qui recherchent un poste tout en étant déjà en activité (catégories B et C) voient leurs effectifs se réduire, ce qui n’était pas le cas en 2018. Comment cette évolution peut-elle être interprétée ?

Les offres ont été beaucoup plus qualitatives et plus en CDI. Donc les personnes plutôt que d’être dans une activité réduite ou en CDD ont plus été en transformation de CDI sur leur contrat. On le voit notamment par rapport au dispositif emploi francs, un système d’aide aux entreprises qui embauchent des personnes qui habitent les quartiers prioritaires de la ville. Cette année, 75 % des personnes qui ont utilisé les emplois francs l’ont fait avec un contrat CDI. […] Par contre, sur la fin du dernier trimestre, l’intérim est en baisse.

En 2019, le nombre de demandeurs d’emploi de 25 à 49 ans est en baisse de 7, 6 %. En comparaison, les moins de 25 ans n’enregistrent qu’une diminution de 2, 3 % …

On peut déjà relever que le chômage est en baisse pour toutes les tranches d’âge. Ensuite, nous sommes sur un petit marché en Guyane et d’un trimestre à l’autre ça varie parfois. Sur les outils et la façon de faire de Pôle emploi il n’y a pas de discriminations par catégorie. C’est le niveau d’autonomie, le niveau de qualifications et d’expérience qui permettent de déterminer l’offre de service adéquat mais pas la tranche d’âge tous simplement parce que les catégories ne sont pas homogènes. Sur les jeunes, la problématique c’est que très peu sont inscrits. Les moins de 25 ans ne représentent que 3 000 demandeurs sur les 22 000 inscrits…

Les cessations d’inscription pour défaut d’actualisation sont en hausse de quasiment 14 % et représentent plus de 2000 sorties. Comment cela s’explique t-il ?

C’est surtout lié au fait qu’il y a peu d’impact financier : seuls 30 % des demandeurs d’emplois bénéficient d’allocation chômage en Guyane contre 70 % en métropole. Il y a aussi eu un changement au niveau de l’accès à l’espace sur internet. Avant les demandeurs avaient un identifiant imposé. Depuis octobre ils doivent choisir leurs identifiants et leurs mot de passe. Certains d’entre eux ont eu un peu de mal au début.

Quelles sont les perspectives par rapport à l’emploi en 2020 ?

Les perspectives sont plutôt bonnes. Notre enquête des besoins en main d’œuvre doit sortir au mois de mars et même si nous n’avons pas encore les chiffres on voit bien depuis plusieurs années que les intentions d’embauche augmentent. La plan d’urgence et les différents chantiers que ce soit sur l’habitat social où les nouvelles structures telles que la cité judiciaire à Saint-Laurent ou la nouvelle prison, commencent à prendre forme et vont amener de l’emploi. Ces projets vont sortir de terre d’ici deux à trois ans mais nous travaillons déjà dessus. Nous avons par exemple prévu de lancer un appel d’offre auprès de prestataires le mois prochain pour faire des formations de préparation au concours de gardien de prison… En 2020, nous comptons encore augmenter notre offre de formation en ouvrant 4 000 places.

Pôle emploi organise plusieurs rendez-vous pour les demandeurs d'emplois au premier trimestre...

Oui, cette semaine on organise des jobs dating en lien avec le numérique avec des entreprises du secteur mais pas que, car chaque entreprise a aujourd'hui besoin du numérique. Au mois de mars, nous organisons la Semaine de la mer en lien avec la direction de la mer, le comité des pêches et la marine nationale. Nous allons aussi organiser fin mars, la semaine de l'industrie avec l'association des moyennes et petites industries et aussi le lycée Michotte, qui est le lycée industriel de Guyane. Nous travaillons sur un évènement en lien avec la ligue d'athlétisme qui s'appelle Du stade vers l'emploi qui doit se dérouler en avril. C'est un concept nouveau qui permet de réunir des chefs d'entreprises et des demandeurs d'emplois autour d'activités sportives le matin et d'un job dating l'après-midi. L'idée qu'il y a derrière ça c'est de développer les valeurs du sport et montrer que le recrutement ce n'est pas que du domaine technique, il y a aussi les qualités, les aptitudes et les savoirs-être qui peuvent être des critères de recrutement.

Le chômage recule de 6 % en 2019

L’année 2019 est un bon cru pour l’emploi avec une baisse de 3,7 % du nombre de chômeurs toutes catégorie confondues selon les chiffres communiqués par la direction régionale de Pôle emploi. On compte ainsi 26 810 chômeurs toute catégories confondues au quatrième trimestre 2019 contre 27 830 un an auparavant. D’octobre à décembre, le nombre de demandeurs d’emplois sans aucune activité (catégorie A) passe de 22 000 à 21 190, soit 810 demandeurs en moins inscrits sur les registres de pôle emploi.

Sur ce quatrième trimestre, la plus forte baisse du nombre de demandeurs d’emplois en catégorie A concerne la catégorie des moins de 25 ans qui diminue de 6 %. Sur un an, elle baisse de 2,9 % contre une diminution de 7,6 % pour la tranche d’âge de 25 à 49 ans. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A de 50 ans ou plus enregistre quand à elle une diminution de 3,5 % sur un an. Globalement le nombre de demandeurs d’emplois en catégorie A chute de 6 % sur un an, soit une baisse du nombre de demandeurs d’emploi de 5, 3 % pour les hommes et de 6, 5 % pour les femmes.

Sur le dernier trimestre 2019, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A et ceux recherchant un poste tout en étant déjà en activité (B et C) depuis un an ou plus diminue de 4,9 % et de 14,5 % sur un an. Le nombre moyen d’entrées en catégories A, B, C augmente de 6,9 % en an alors que le nombre de sorties progresse de 12,1 %.

A. G.