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Santé

Santé: un homme de 40 ans décède de la fièvre jaune

S.Z.& P.R. Samedi 17 Octobre 2020 - 15h19
Santé: un homme de 40 ans décède de la fièvre jaune
La fièvre jaune est une maladie transmise par piqûre de moustique infecté (photo d'illustration) - DR

Un patient, transféré de Maripasoula, est décédé le 11 octobre au Centre hospitalier de Cayenne. C'est le quatrième cas depuis 2017. 

 Agé de 40 ans, l'homme est la deuxième personne à succomber à la maladie cette année, le quatrième depuis 2017. On ne sait pas encore s'il était vacciné.

La fièvre jaune est une maladie virale aiguë qui se transmet par la piqûre d’un moustique infecté et peut donner lieu à des formes graves et potentiellement mortelles, précise l'Agence régionale de santé.

Ce nouveau cas confirme que la fièvre jaune est bien présente sur l’ensemble de la Guyane, particulièrement sur les zones forestières. Cela justifie l’obligation vaccinale sur l’ensemble du département.

La vaccination est la principale mesure de prévention contre la fièvre jaune. Le vaccin est sûr et très efficace. Une seule dose suffit généralement à conférer une immunité durable et une protection à vie contre la maladie. Il donne en 30 jours une protection immunitaire efficace à 99% des sujets vaccinés.
Se protéger individuellement et collectivement contre les moustiques
Pour l’ensemble de la population, mais en particulier pour ceux présentant une contre-indication à la vaccination, la protection contre le moustique est essentielle par des mesures individuelles et collectives :

• en zone urbanisée comme en forêt, se protéger des piqures de moustiques en portant des vêtements longs, en utilisant des répulsifs cutanés (en respectant les précautions d’emploi, en particulier chez l’enfant et la femme enceinte) ainsi que des moustiquaires, en particulier de berceau chez le nouveau-né et le nourrisson ;

• protéger l’habitat (moustiquaires, diffuseurs électriques, tortillons....) ;

• détruire les larves ainsi que les gites potentiels de reproduction des moustiques autour et dans l’habitat (en supprimant, les soucoupes sous les pots de fleurs et en vidant au moins une fois par semaine tous les récipients contenant de l’eau stagnante : détritus, gouttières...).
4 cas depuis 2017
En août 2018, un ressortissant suisse de 47 ans non vacciné contre le virus avait contracté la fièvre jaune « dans la zone forestière autour de la rivière Comté ». Il avait alors été rapatrié dans un hôpital parisien où il avait du subir une greffe du foie. (LIRE ICI)

Dans ses formes les plus graves, soit 15% des cas, la fièvre jaune peut être mortelle. Maladie ictéro-hémoragique, elle s'attaque au foie en tuant les cellules qui produisent la coagulation du sang.
Le vaccin en rempart
« Dans un contexte où la vaccination est critiquée, les derniers cas de fièvre jaune recensés en Guyane ont été contractés par des personnes non vaccinées. Le message est clair : le vaccin protège » , affirme Jean-Bernard Duchemin, chercheur au vectopole (lire ci-dessous) et directeur par intérim de l'Institut Pasteur. Il est rejoint sur ce point par son collègue Antoine Enfissi : « Nous avons suffisamment de recul sur le vaccin contre la fièvre jaune pour certifier que c'est un excellent vaccin, de par son efficacité et sa durée d'action. »

Dans cette logique, l'obligation de rappel tous les dix ans a été supprimée en 2016. « Il est plus important de garder des doses pour vacciner un maximum de personnes plutôt que de revacciner alors qu'une seule piqûre suffit » , argue Jean-Bernard Duchemin qui assure que les stocks de vaccins sont « suffisants » en Guyane.
La maladie est silencieuse mais elle est là
Selon l'ARS, 95% de la population guyanaise est vaccinée. Restent les nourrissons de moins de six mois, les personnes intolérantes ou pour lesquelles la vaccination est contre-indiquée et quelques localités où la couverture vaccinale peut être perfectionnée.

L'agence rappelle que le vaccin est une protection individuelle, mais aussi collective : plus il y a de personnes vaccinées, moins une épidémie peut se développer.

Une chose est sûre : ce nouveau cas prouve que la fièvre jaune est bien présente en Guyane. « Le vaccin éteint l'épidémie chez les hommes. La maladie est silencieuse, ce qui ne veut pas dire qu'elle est inexistante. Il est fort probable qu'elle circule en Guyane » , alerte Jean-Bernard Duchemin.

Avant 1967 et l'obligation de vaccination, la Guyane a connu des épidémies de fièvre jaune. Depuis cette date, trois cas ont été recensés : en 1998 sur le Haut-Maroni, où il s'agissait d'une contamination locale. En 2017, mais la contamination en Guyane n'avait pu être tranchée du fait d'allers-retours au Brésil de la malade. Et en 2018, sur la Comté.
Le vectopole, qu'est-ce que c'est ?
Il s'agit d'un département au sein de l'institut Pasteur de la Guyane spécialisé dans l'étude des relations entre les virus et les moustiques. Inauguré en 2014, cet outil est plutôt à la pointe de la recherche dans le domaine des arboviroses, c'est-à-dire des maladies transmises par les moustiques ou les tiques : fièvre jaune, dengue, zika, chikungunya, encéphalite...
Comment se transmet la fièvre jaune ?
La fièvre jaune, maladie virale aiguë, ne se transmet pas d'homme à homme, y compris lors des rapports sexuels. Il faut nécessairement un vecteur : la piqûre d'un moustique infecté. Certaines espèces de singes sont souvent présentées comme porteuses de la maladie et comme pouvant la transmettre aux moustiques mais, d'après l'Institut Pasteur, les singes sont des sentinelles de la maladie et pas « un réservoir exclusif » . D'autres espèces animales peuvent être porteuses de la fièvre jaune.
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