• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Quatre chercheuses antillo-guyanaises lauréates du Prix Jeunes Talents L’Oréal-Unesco

Rédaction web Jeudi 1 Octobre 2020 - 10h06
Quatre chercheuses antillo-guyanaises lauréates du Prix Jeunes Talents L’Oréal-Unesco

Deux chercheuses de Martinique, une de Guyane et une de Saint-Martin figurent parmi les 35 candidates retenues pour leurs travaux et récompensées par le Prix Jeunes Talents L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science.

 La 14ème édition du Prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science s’inscrit dans un contexte inédit : « la pandémie COVID-19 bouleverse en profondeur notre rapport au vivant, à la société, à l’innovation et à l’avenir », indique Alexandra Palt, la Directrice Générale de la Fondation L’Oréal.

Cette édition 2020 distingue 35 Jeunes Talents sélectionnées par un jury d’excellence parmi 700 candidatures. Différentes catégories sont distinguées : biologie, chimie-physique, ingéniérie, mathématiques et informatique, médecine et sciences de l’environnement et de la terre.

Originaires du monde entier, menant leurs recherches en France métropolitaine ou dans les Outre-Mer, ces doctorantes ou post-doctorantes sont engagées dans des champs aussi variés que la médecine, l’astronomie, la physique ou l’informatique.

Parmi les 35 jeunes femmes qui seront accompagnées financièrement : quatre viennent des Antilles et de la Guyane. Présentation de ces talents chercheuses, récompensées dans la catégorie « Science de l'environnement et de la terre » pour les trois premières et biologie, pour la dernière.
• Aurélie Boisnoir (Martinique) : « La Mer des Caraïbes sous bonne surveillance »
Aurélie Boisnoir -


Elle habite Ducos et est originaire de Le François. Elle réalise un post-doctorat à l’Ifremer Martinique. Ses travaux ambitionnent de faire avancer la recherche sur les dinoflagellés benthiques - des microalgues présentes dans les eaux des Caraïbes. Ces dernières occasionnent de nombreux problèmes sanitaires dans la région, et ont tendance à proliférer vers les zones tempérées. Pourtant, à ce jour, peu d’études s’étaient intéressées à leur identification génétique ou à la caractérisation de leurs toxines.

À travers le programme Jeunes Talents - auquel elle rêvait déjà dans les salles d’embarquement de l’aéroport de Roissy à l’occasion de ses trajets entre la France métropolitaine et les Caraïbes, la chercheuse espère susciter des vocations chez les jeunes femmes noires et les jeunes antillais, afin qu’ils prennent conscience de la richesse de l’écosystème qui les entoure et de la nécessité de travailler à sa préservation. Inspirée dans son parcours par des femmes, Aurélie reconnaît que les cursus scientifiques ne font pas la place belle aux femmes, pour des raisons telles que la mobilité accrue imposée, la précarisation de l’emploi ou bien la durée des études. Pourtant, dit-elle, « l’audace et la ténacité sont des atouts féminins adaptés aux carrières scientifiques ».
• Jordane Corbeau (habite Le Carbet) : « Prédire toujours mieux les séismes »
Jordane Corbeau -


Passionnée par les sciences de la vie et de la terre, elle décide très rapidement de se dédier aux géosciences. Au gré des enseignements reçus et de ses différents stages, elle se spécialise en géophysique et en sismologie. Dans le cadre de ses travaux de thèse, elle découvre la région des Caraïbes. Elle s’intéresse plus particulièrement à Haïti après le terrible tremblement de terre qui secoua l’île en janvier 2010, à la recherche de la compréhension de la dynamique des frontières de plaques tectonique.

À la suite de son doctorat, elle intègre l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Martinique où elle poursuit ses recherches sur l’activité sismique de la frontière de la plaque Caraïbe.
• Lorène Jeantet (Guyane) : Comprendre les tortues marines pour mieux les protéger »
Lorène Jeantet -


Douée pour les mathématiques dès ses études secondaires, Lorène Jeantet intègre une école d’ingénieur agronome après une classe préparatoire avec une seule ambition : étudier le vivant. Passionnée par la nature et désireuse de la protéger, elle se forme rapidement au développement d’algorithmes permettant d’identifier automatiquement les comportements des tortues marines à partir de séquences dites « accélérométriques », un accéléromètre étant un capteur miniature fixé à un objet qui permet de mesurer son accélération linéaire.

Les recherches que mène Lorène Jeantet entre Strasbourg, la Guyane et la Martinique portent sur trois espèces de tortues marines dont elle étudie les stratégies énergétiques et les comportements. L’identification des zones où ces espèces se reposent et s’alimentent permet ensuite, en collaboration avec les acteurs locaux, de mettre en place des aires marines protégées afin de limiter l’impact des activités humaines sur ces populations en déclin.

Aujourd’hui, sa passion pour les mathématiques participe activement à la préservation de la nature. Son rêve le plus cher est que « le déclin de la biodiversité cesse » : à travers ses recherches, elle y contribue avec humilité et détermination.
Stéphanie Jacquet : « Apporter sa pièce au grand puzzle des relations entre virus et hôtes »

Stéphanie Jacquet -


Originaire de Saint-Martin, Stéphanie Jacquet quitte son île natale des Caraïbes dans le but de poursuivre des études supérieures à Montpellier afin de devenir enseignante. Fascinée par la richesse des mécanismes employés par les parasites pour se répliquer et se transporter d’un hôte à l’autre, elle décide de s’orienter vers une carrière en recherche scientifique pour étudier les interactions qui régissent le monde du vivant.

La chercheuse se spécialise alors dans l’étude et la compréhension des processus écologiques, évolutifs et moléculaires qui façonnent les interactions entre hôtes et parasites. Dans sa thèse, elle démontre notamment que certains facteurs environnementaux, comme le vent ou la mer, et des facteurs écologiques, comme le mode de dispersion ou encore le cycle de vie, ont un impact sur l’aire de distribution d’un type de moucheron qui est le vecteur principal d’une maladie bovine.

Ses travaux les plus récents visent à comprendre comment les chauves-souris, hôtes de nombreux pathogènes transmissibles à l’être humain, coexistent avec les virus. Pour cela, elle étudie la diversité génétique et fonctionnelle de leur système immunitaire inné, à savoir les mécanismes cellulaires permettant la défense des chauves-souris contre les virus, comparativement à d’autres mammifères. Stéphanie Jacquet a mis en évidence certaines caractéristiques génétiques spécifiques aux chauves-souris qui contribueraient à leurs défenses antivirales uniques.
 
 
Une bourse de 15 000 euros
Le Prix Jeunes Talents L'Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science représente une belle reconnaissance pour les lauréates : non seulement il va leur permettre de financer leurs recherches, mais il fait aussi gage de soutien pour leur statut de femme en science, un geste particulièrement symbolique qui les encourage à continuer dans cette voie.

Récompensées pour leur parcours émérite et leurs travaux brillants, elles recevront une bourse de recherche d’un montant de 15 000 euros et bénéficieront d’un programme de formation au leadership, complémentaire à son parcours scientifique, afin d’avoir les moyens de briser plus facilement le plafond de verre.

La Fondation L’Oréal, aux côtés de l’UNESCO, soutient chaque année de jeunes chercheuses dans le monde. En France, 20 doctorantes et 15 post-doctorantes sont récompensées par les membres du jury de sélection de l’Académie des sciences. Depuis sa création en 1998, le programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science a accompagné et mis en lumière plus de 3 000 femmes scientifiques.

Si les femmes représentent aujourd’hui 28 % des chercheurs, le plafond de verre reste particulièrement persistant dans le domaine de la recherche : près de 90 % des postes à responsabilités dans le secteur de la recherche sont occupés par des hommes.
 
 


Pour en savoir plus :

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
1 commentaire
1 commentaire
Guyane

Coronavirus: le couvre feu à nouveau allégé...

S.Z. - Samedi 26 Septembre 2020

1 commentaire
Santé

Covid-19 : 9 400 patients guyanais guéris

P.R - Mardi 22 Septembre 2020

2 commentaires
A la une
1 commentaire
5 commentaires

Vidéos

Voir toutes les vidéos