• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Guyane / Santé

Médiation en santé dans les communes isolées: «Une avancée, une nécessité»

Samuel Zralos Lundi 21 Septembre 2020 - 22h37
Médiation en santé dans les communes isolées: «Une avancée, une nécessité»
L'équipe mobile de santé publique de Guyane au complet - Équipe mobile de santé publique

Depuis la fin 2019, des infirmiers et médiateur assistent les soignants à Maripasoula, Grand Santi ou Saint-Georges. Une médiation en santé sans doute amenée à se développer en Guyane.

Ça fait bientôt un an, trois binômes infirmiers - médiateurs sont respectivement à Maripasoula, Grand Santi et Saint-Georges. Encadrés par deux coordinateurs avec qui ils forment l'équipe mobile de santé publique, ils font le lien avec les soignants sur place et les habitants. « On essaie de mettre en place des consultations délocalisées, de faire venir des spécialistes », explique Lise Dugognon, coordinatrice et infirmière.

Ce projet pilote a notamment ceci d'intéressant qu'il est axé sur la médiation en santé, continue-t-elle. Malgré un retard des actions de 2020 du à la crise du coronavirus, les six personnes sur le terrain se sont efforcées « d'être au plus près des communautés, pour bien comprendre les besoins grâce aux médiateurs et y répondre de façon appropriée », résume-t-elle.
Les médiateurs, un rôle essentiel

Par exemple, sur le dépistage du VIH, 18 affiches affiches ont été créés avec, dans la langue courante, des messages de personnes connues localement, rencontrées et persuadées par les médiateurs. Ce, dans le but de faire passer les messages par des personnes légitimes aux yeux des populations concernées.

Alors que beaucoup ne vont pas se faire dépister, ces affiches, l'entregent des médiateurs « permettent l'ouverture de la parole », affirme Lise Dugognon. « L'idée c'est d'avoir une palette assez variées de types d'interventions et aussi d'avoir des moyens de faire passer les messages ». Et ce, dans tous les domaines de la santé.

Ainsi, à l'arrivée de la Covid-19, « les médiateurs ont joué un rôle essentiel pour toutes les interventions en extérieur », précise la coordinatrice. Ils sont allés à la rencontre des habitants, ont fait les présentations entre ceux ci et les soignants. Afin de faciliter les échanges, les médiateurs « font le pont culturel, traduisent si nécessaire et participent à la mise en place des outils de prévention ».
Vers une généralisation de la médiation en santé ?

Si ce projet n'est financé que pour trois ans, il devrait « continuer après vu les besoins », espère l'infirmière en charge. Plus globalement, elle attend une généralisation de la médiation en santé : « Je pense que c'est une avancée, une nécessité, qui répond à des besoins, ça va se développer et c'est tant mieux, car ce sera essentiel à l'avenir ».

« On peut difficilement faire notre métier dans un contexte culturel qu'on ne connaîtrait pas » ou mal, argumente la soignante. D'autant que les parcours de soins se pensent sur le long terme. Or la quasi totalité des soignants des villes de l'intérieur sont métropolitains, qui souvent passent en Guyane, la où les médiateurs guyanais sont habituellement « plus durablement sur place ».

Une problématique qui pose en creux la question de la formation accrue de soignants locaux. L'étape logique suivante ? En tout cas, Lise Dugognon « pense vraiment et espère que c'est le début d'un processus ». Elle juge « essentiel qu'on donne aux guyanais la possibilité de se former et d'avoir du travail sur le territoire ».

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
3 commentaires
A la une

Vidéos

Voir toutes les vidéos