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Les quatorze gynécos du Char refusent de pratiquer l’avortement

Samedi 30 Novembre 2019 - 03h20
 Les quatorze gynécos du Char refusent de pratiquer l’avortement
Au service gynécologie du Char, les 14 gynécologues-obstétriciens invoquent la clause de conscience pour ne pas pratiquer des avortements. - Angelique GROS

À l’hôpital de Cayenne, l’ensemble des gynécologues font valoir leur clause de conscience pour ne pas à avoir à pratiquer des avortements. Les interruptions volontaire de grossesse sont effectuées par un médecin libéral.

Sur les 14 médecins du service de gynécologie de l’hôpital de Cayenne, pas un n’accepte de pratiquer les interruptions volontaire de grossesse (IVG) chirurgicales. Pourtant, le taux de recours à l’IVG est important : 33 pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans en Guyane contre 15 dans l’Hexagone. Chez les 15-17 ans, il est quatre fois plus élevé en Guyane que dans l’Hexagone.

Il faut distinguer les IVG médicamenteuses, qui peuvent être administrées par une sage-femme jusqu’à la cinquième semaine de grossesse, des IVG chirurgicales, qui ne peuvent être réalisées que par un médecin au bloc opératoire. L’an dernier, 24 % des avortements effectués en Guyane l’année dernière l’ont été au Char. Soit 678 IVG sur 2 604 : 328 médicamenteuses et 350 chirurgicales. Face au refus des gynécologues — c’est leur droit — de garantir ce droit aux femmes, la direction de l’hôpital a recours à un médecin libéral, les mardis et jeudis. « Aucune demande n’est rejetée », rassure Christophe Robert, directeur du Char. Cette solution précaire provoque un rallongement des délais pour subir un avortement. Le délai moyen pour un IVG chirurgical est de 3 semaines et demie.

Onze libéraux pratiquent l’IVG

Ce problème, qui n’existe ni à Kourou, ni à Saint-Laurent, a été dénoncé mardi par l’Agence régionale de santé. Clara de Bort, sa directrice, demande « que les futurs recrutements soient orientés, vers le développement de l’activité de planification au CH de Cayenne (...) L’offre de soin est instable et repose, encore bien souvent, dans certains territoires sur un professionnel motivé, sans solution simple lors de ses absences. » Près d’un avortement sur deux est pratiqué en libéral en Guyane. En 2018, onze praticiens effectuait des avortement hors des établissements de santé. Ils réalisent en moyenne 133 IVG par an contre moins de 30 au national.

Angélique GROS

Au service gynécologie du Char, les 14 gynécologues-obstétriciens invoquent la clause de conscience pour ne pas pratiquer des avortements. - Angelique GROS
Christophe Robert, directeur du Char et du CHK - Angelique GROS
Christophe Robert, directeur du Char

Depuis quand êtes-vous obligé de faire appel à un médecin libéral pour pratiquer les IVG chirugicales au Char ?

Il était déjà recruté quand j’ai pris mes fonctions (en mars, ndlr). Notre priorité depuis est d’orienter nos recrutements spécifiquement sur l’activité d’orthogénie. Nous sommes en pourparlers avec un gynécologue qui accepterait de pratiquer l’IVG. […] Je tiens à rappeler qu’un médecin qui fait jouer sa clause de conscience devant une patiente à l’obligation de la rediriger et de la suivre jusqu’à ce qu’elle trouve une solution. Et sur un acte en urgence le médecin sera obligé de pratiquer l’IVG.

Vous ne souhaitez pas que nous rencontrions ces gynécologues mais quelles raisons font-ils valoir ?

Ce sont des raisons intimes qui peuvent avoir trait à la déontologie, leur conscience morale, leur culture, leur religion... Ça peut étonner mais c’est légal et prévu dans le code de santé. […] Les 220 000 à 230 000 IVG pratiquées en moyenne chaque année en France ne reposent pas non plus sur un nombre pléthorique de médecins. Il n’y a pas qu’à Cayenne que la clause de conscience pose problème.

Comment est organisé l’accueil des patientes qui souhaite avorter au Char ?

Nous avons un accueil cinq jours sur sept de 8h30 à 17h30 sans rendez-vous. Tous le monde a accès à l’IVG grâce à la permanence d’accès aux soins de la santé. Depuis octobre, nous avons essayé de mettre en place un parcours de soins organisés pour respecter les impératifs de confidentialité et limiter le nombre de venues à l’hôpital. La qualité de l’accueil a été amélioré en regroupant une équipe pluridisciplinaire […] Nous avons lancé les travaux d’élaboration du nouveau projet d’établissement. L’un de ses axes porte sur la consolidation de la prise en charge de l’IVG. Il faut aussi que nous renforcions en interne la pédagogie autour des équipes médicales. Il est nécessaire que nous réussissions à augmenter le nombre de praticiens pour sécuriser l’activité et réduire les délais.

Christophe Robert, directeur du Char et du CHK - Angelique GROS

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