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Guyane / Santé / Sciences

L'histoplasmose sous les microscopes des chercheurs guyanais

Samuel Zralos Mercredi 23 Septembre 2020 - 18h06
L'histoplasmose sous les microscopes des chercheurs guyanais
Les chercheurs du Centre hospitalier de Cayenne étudient l'histoplasmose. - Antoine Adenis

Bien connue en Guyane, l'histoplasmose est une maladie pourtant méconnue tant par le grand public que par de nombreux soignants. Au Centre hospitalier de Cayenne, les spécialistes s'efforcent de faire avancer les connaissances.

Très présente et souvent étudiée en Amérique latine ou aux États-Unis, l'histoplasmose n'est presque jamais observée en France métropolitaine, où elle n'est arrivée par les voyageurs. Un manque qu'a cherché à combler Myriam Chiaruzzi, autrice d'une thèse dont elle a récemment présenté les résultats aux Journées nationales d'infectiologie.
Histoplasmose, cette inconnue si répandue

Une étude intéressante notamment parce que l'histoplasmose est une maladie aussi commune à travers le monde que méconnue. Il s'agit d'une pathologie infectieuse causée par des champignons, qui peut être notamment indirectement transmise par de la terre contaminée ou les déjections de certaines chauves souris, et qui touche les poumons.

Rien qu'en Guyane, les spécialistes estiment qu'en 2012, 32,5% de la population avait été exposée à une forme de la maladie. « On parle de millions de personnes exposées », commente le professeur Antoine Adenis, du Centre hospitalier de Cayenne (CHC). Un chiffre qui donne le tournis, mais pas de panique : la majorité des personnes touchées sont asymptomatiques et ne subissent donc aucune conséquence. La Guyane est d'ailleurs loin d'être le pays le plus touché dans la région : 57,2% des guatémaltèques seraient concernés, selon la même étude.
Les personnes affaiblies à risque

Là où cette pathologie devient problématique, c'est quand elle touche une personne immunodéprimée, avec des défenses immunitaires absentes ou réduites. Celles-ci risquent alors de développer des symptômes qui peuvent être graves. Amaigrissement, fatigue importante, toux qui ne s'arrête pas peuvent apparaître et, à terme, la maladie peut mettre en danger la vie du patient.

« On constate à l'heure actuelle que l'histoplasmose ne concerne pas que les patients atteints du VIH, contrairement à ce qu'on pensait encore il y a dix ans », explique Myriam Chiaruzzi. De nouvelles populations à risque apparaissent, par exemple des patients de pays riches traités avec des immunosuppresseurs pour d'autres maladies.
Changer le prisme pour mieux comprendre

Avec son équipe au CHC, elle a donc décidé d'approfondir les connaissances sur le sujet en étudiant pour une fois non pas les populations de zones endémiques comme la Guyane, mais les patients en France. « Une inversion de la façon dont la recherche est souvent abordée en Guyane », rappelle fièrement le docteur Loic Epelboin, qui a dirigé sa thèse.

Un changement de prisme qui, surtout lui a permis de constater que la moitié des 116 patients recensés entre 2007 et 2018 étaient originaires non pas d'Amérique latine mais du continent africain. D'ailleurs, très peu venaient de Guyane. Une demi-surprise seulement : les chercheurs savent que la pathologie y est présente mais elle y est peu étudiée par manque de moyens.

Myriam Chiaruzzi a aussi confirmé dans sa recherche que le nombre de patients en France est « sous-estimé, c'est sûr », entre autres parce que les symptômes sont proches de la tuberculose et que les maladies sont parfois confondue par les médecins, par méconnaissance. Au contraire, « Guyane, les soignants sont très attentifs à cette maladie », vu sa prévalence, souligne le docteur Adenis.

A Cayenne comme à Paris, il reste important de faire de l'éducation, d'informer tant les praticiens que les patients, jugent tant Myriam Chiaruzzi que son collègue. Une quête où la Guyane, « acteur importants des travaux » sur le sujet, a toute sa place. Antoine Adenis, avec des chercheurs étasuniens, a d'ailleurs participé à la rédaction de recommandations publiées officiellement en avril 2020 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), que devraient suivre les médecins du monde entier.

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Vos commentaires

hannaeb 24.09.2020

Sauf erreur de ma part, vous avez interviewé un.e docteur.e (preuve en est, sa thèse). Par respect pour sa profession et son travail, merci donc de bien mentionner son titre avant son nom et son prénom: il s'agit donc du Docteur Myriam Chiaruzzi.

Privilège apparemment accordé sans réserve à ses confrères de sexe masculin (comme le Docteur Loic Epelboin)...

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