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Grossesse quintuple : un événement exceptionnel à l'hôpital de Cayenne

Rédaction Web Lundi 10 Janvier 2022 - 11h26
Grossesse quintuple : un événement exceptionnel à l'hôpital de Cayenne

 Mardi dernier, une habitante de Saint-Laurent-du-Maroni a accouché de quatre garçons et d'une petite fille, malheureusement décédée in utero. Le personnel du CHC s'est fortement mobilisé pour cet événement rarissime qui n'était, vraisemblablement, jamais encore arrivé dans le centre hospitalier.

 C'est un accouchement « extraordinaire » qui s'est déroulé mardi dernier à la maternité du Centre hospitalier de Cayenne. Une habitante de Saint-Laurent-du-Maroni a donné naissance à quatre garcons, qui sont aujourd'hui en bonne santé. La maman, « Mme A » portait également une petite fille, malheureusement décédée in utero, signale l'ARS.

Une grossesse de ce type est exceptionnelle par sa rareté. L’Institut national des études démographiques (Ined) a recensé des naissances de quintuplés et plus en 1998, 2001, 2010, 2015 et 2016, 2019 et deux en 2020. Julie Siban, cadre sage-femme à l’hôpital de Cayenne, n’en avait jamais vécu jusque-là. Et à sa connaissance, ses collègues ayant participé à l’accouchement non plus.

Les soignants du CHC, mobilisés autour de la maman
Pendant les mois de grossesse, les soignants du CHC ont accompagnés les parents. Le jour de l’accouchement, 8 pédiatres, 5 sages-femmes et 2 auxiliaires de puériculture se trouvaient autour de la mère pour s'assurer, au mieux, du bon déroulé des naissances. Très rapidement, le caractère multiple de la grossesse a été découvert à l’hôpital de Saint-Laurent du Maroni. Mais l’accouchement de quintuplés n’est envisageable que dans une maternité de niveau III, l'hôpital de Cayenne était alors la meilleure option pour les parents. Les soignants l’invitent à s’installer dans l’Île-de-Cayenne pendant toute la grossesse, pour permettre le suivi. 

En raison de fortes contractions et d'un risque d'accouchement prématuré, la mère est hospitalisée en décembre.  Des échanges ont lieu avec les gynécologues de l’Assistante publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). L’hypothèse d’une évacuation sanitaire en Île-de-France est écartée : les huit heures de vol ne sont pas envisageables.

Echographies quotidiennes et crainte de décès en cascade
Les échographies sont quotidiennes. « Il est difficile de faire l’échographie de 5 fœtus et impossible de faire du monitoring : personne n’a d’appareil qui permette de savoir quel fœtus on enregistre. Ni à Cayenne, ni ailleurs, indique Julie Siban. Mais tous les jours, nous effectuions des échographies pour voir si les cœurs battaient. Ce n’est pas du tout le même niveau que le monitoring. »

Alors que la nouvelle année passe, le staff médical « décide de ne pas de ne pas aller à 32 semaines, mais à 30, car la réanimation avait des boxes disponibles ». Julie Siban poursuit : « nous avons l’habitude d’accueillir un ou deux grands prématurés en vingt-quatre heures. Jamais cinq ! Il faut du matériel, du personnel. » L’accouchement est fixé pour le jeudi.

Le mardi, alors que la cadre sage-femme prépare les carnets de santé des bébés, l’échographie révèle le décès de l’un d’eux. « A partir du moment où un fœtus décède, il peut y avoir d’autres décès en cascade », explique-t-elle. La césarienne est décidée pour le jour-même. « On a battu le rappel de tout le personnel nécessaire. Par chance, l’activité était calme dans les autres services. Les planètes étaient alignées. »

A 17h35, le premier garçon naît. A 17h39, le quatrième. La petite fille décédée in utero, deux minutes plus tard. « Les quatre garçons ont crié immédiatement », relate-t-elle. Ils pèsent entre 965 et 1 110 grammes. La petite fille ne pesait que 700 grammes, « sans doute en raison d’une hypoperfusion de ce fœtus ».

Deux mois en réanimation néonatale
Les quatre garçons sont transférés en réanimation néonatale. Tout s'y passe bien. « Ils vont rester facilement deux mois, au moins jusqu’au terme prévu. » Le couple a été « très touché par le décès, d’autant que c’était la seule petite fille, relate Julie Siban. C’est le malheur dans leur bonheur. Mais ils estiment avoir été très bien pris en charge. » S’ils ne souhaitent pas s’exprimer sur ce qu’ils ont vécu, ils ont volontiers accepté que la cadre sage-femme témoigne pour la Lettre pro de l'ARS. La maman va bien. « On aurait pu craindre des problèmes hémorragiques, mais ce n’est pas le cas. Elle s’est bien remise. Dès le lendemain, elle marchait pour aller voir ses garçons en réanimation. »

Le personnel de la maternité partage son bonheur. « Même s’il y avait déjà eu l’accouchement quadruple l’an dernier, ça reste très exceptionnel. Tout le monde est très intéressé et suit ça de près. »

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