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cLARA dE BORT, directrice de l’Agence régionale de la santé

« Donner envie aux jeunes professionnels de venir »

Samir MATHIEU Vendredi 15 Novembre 2019 - 03h15
 « Donner envie aux jeunes professionnels de venir »
Clara de Bort - Samir MATHIEU

Clara de Bort était l’invitée FA Guyane sur Radio Péyi. La directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) fait le point sur les sujets d’actualité.

Un mot tout d’abord sur ce scandale, révélé grâce au rapport de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, publié en octobre au Journal officiel, et qui met en lumière des pratiques d’un autre temps exercées au pôle psychiatrique de l’hôpital de Cayenne (lire notre édition du 25 octobre). Photos à l’appui, elle parle de cages, de nourriture donné à même le sol, de punitions abusives... En tant que directrice de l’ARS , comment abordez-vous ce problème ?

Je l’aborde de façon extrêmement sérieuse avec les équipes qui sont concernées à travers les problèmes et les améliorations à apporter. J’ai pu constater que des améliorations très concrètes avaient été mises en œuvre juste après la visite de la contrôleuse. Il en reste à mener et l’ARS accompagnera les équipes, à la fois dans les travaux à conduire et qui démarreront très bientôt, mais aussi dans les pratiques envers les patients.

Certes le rapport évoque des faits qui remontent à un an... Mais on se pose la question de savoir si les choses ont-elles changé depuis ? Aujourd’hui, peut-on affirmer que s’en est fini de ces pratiques ?

Je crois bien que les choses ont changé mais qu’il reste du chemin à faire. Et je serai vigilante quant à la mise en œuvre vraiment de ce chemin qui est très important pour nous. Les services de psychiatrie de Guyane sont en difficulté. Il ne faut pas le nier. Ils ont été conçus aussi dans un autre temps. C’est difficile de faire des soins modernes dans des bâtiments qui ne sont pas adaptés. Là aussi, on va les accompagner pour améliorer rapidement la situation.

Quel est l’avenir du pôle psychiatrique de Cayenne ?

Ce sont des travaux mais c’est aussi un travail pour aider l’hôpital à trouver des solutions pour certains des patients qui sont hospitalisés depuis parfois de très nombreuses années. Or l’hôpital psychiatrique moderne, ce n’est pas un lieu de vie. Ce n’est pas prévu pour ça et c’est compliqué de proposer des conditions de vie correctes à des patients toute leur vie. Il faut que l’on trouve des solutions notamment sur le plan médico-social avec mes équipes, avec celles de la CTG (Collectivité territoriale), de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Nous allons avancer sur cette situation pour aider les équipes à trouver des solutions.

Après avoir réquisitionné des ophtalmos pour le Char, vous faites désormais appel à des réservistes. Des infirmières et un pédiatre réservistes ont été mobilisés pour les hôpitaux de Saint-Laurent et de Cayenne, pour les services de néonatalogie... C’est tout récent... Pouvez-nous nous présenter ce dispositif ?

La réserve sanitaire est un fabuleux outil. Je le connais bien car j’ai été directrice de la réserve sanitaire pendant cinq ans juste avant d’arriver en Guyane. C’est la réserve du ministère de la Santé. Ce sont plusieurs dizaines de milliers de professionnels et il y en a beaucoup en Guyane, qui me saluent quand je passe dans les hôpitaux, ce qui me fait toujours très plaisir. Ce sont des réservistes civils, des infirmiers, qui travaillent en ville, à l’hôpital ou qui sont retraités et même étudiants, et qui sont d’accord pour être contactés quand un établissement en a besoin. Les hôpitaux des Outre-mer sont particulièrement servis par la réserve sanitaire parce qu’ils n’ont pas d’autres solutions de recours. C’est un dispositif qui leur est dédié. Il avait été mis en place pendant la crise du chikungunya en 2006 à La Réunion. J’ai décidé de m’en servir.

C’est le problème majeur des services de santé en Guyane... Le manque de professionnels est criant...

Vous avez lancé une campagne numérique pour recruter de nouveaux spécialistes. Avez-vous déjà recruté quelqu’un grâce à ce clip de promotion ?

C’est un travail de longue haleine. On ne recrute pas comme ça du jour au lendemain. Ce sont des projets de vie avec des gens, des jeunes et des moins jeunes. Nous avons aussi mis en ouvre d’autres méthodes, et puis j’accueille chaque promotion d’internes tous les six mois dès leur arrivée en Guyane. Je recevrai début décembre la nouvelle promotion. En plus, nous avons ici la possibilité de faire des choses personnalisées.

Cette problématique a été une nouvelle fois rappelée lors du congrès national des kinésithérapeutes qui a eu lieu à Cayenne le week-end du 1er novembre. Quelles réponses avez-vous apportées aux kinés ?

Nous avons reçu le congrès national des masseurs-kinésithérapeutes de France, qui a eu lieu grâce à un appui important de l’ARS. Nous avons dit combien il était important d’avoir des professionnels dans une région où cela fait cruellement défaut. On manque aussi d’orthophonistes, d’orthoptistes... et pour toutes ces professions, nous avons différentes stratégies à la fois d’attractivité, mais aussi des réflexions pour savoir comment les former sur place — on pourrait déjà les accueillir en stage — comment on peut les aider à se loger. Il y a aussi le fait que l’on puisse accueillir des étudiants en médecine pour faire des stages dans nos hôpitaux. Je crois beaucoup à la découverte et au coup de foudre.

Propos recueillis par Samir MATHIEU

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