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GUYANE

Covid19 : La seconde vague imminente ? Le seuil d'alerte franchi. Rémire et Kourou en première ligne

Vendredi 20 Novembre 2020 - 19h01
Covid19 : La seconde vague imminente ? Le seuil d'alerte franchi. Rémire et Kourou en première ligne
Le nombre de cas augmente doucement mais sûrement, avec des situations plus inquiétantes à Rémire-Montjoly et Kourou. - DR

"Plusieurs signaux font craindre un redémarrage imminent de l'épidémie". L'ARS évoque une véritable et concrète reprise du nombre de contaminations dans sa dernière lettre pro publiée ce vendredi. Le taux d'incidence est repassé sur le seuil d'alerte pour s'établir à 54 pour 100 000 habitants. Rémire-Montjoly est particulièrement touchée, y compris dans les écoles et collèges de la commune. Un cluster est apparu au lycée Melkior-Garré à Cayenne, avec notamment des jeunes de Rémire. Situation délicate aussi à Kourou, dans une moindre mesure. Tous les quartiers de la commune sont touchés. La directrice de l'ARS, Clara de Bort, temporise en disant qu'il est "trop tôt pour parler de seconde vague" mais demande aux habitants de "remettre le masque en toute circonstance, notamment à Rémire et Kourou" et incite les habitants à "se faire tester régulièrement". 

La situation n'est pas encore critique mais on s'achemine vers une seconde vague concernant la Covid19 en Guyane. Le nombre de cas augmente depuis 3 semaines, doucement mais sûrement. Le taux d'incidence vient de franchir le seuil d'alerte pour s'établir à 54 pour 100 000 habitants. Il ne s'agit plus seulement de cas importés par avion mais de nouveaux clusters apparaissent. 5 nouveaux clusters se sont formés cette semaine, dont un au lycée Melkior-Garré à Cayenne. 
Grosse alerte à Rémire, commune la plus touchée de Guyane
Plusieurs points d'alerte sont recensés et en premier celui de Rémire-Montjoly. C'est la commune la plus touchée de Guyane. Depuis 8 jours, le nombre de nouveaux cas sur sept jours glissants est solidement supérieur à 30. Ce qui, rapporté à la population de Rémire-Montjoly représente une incidence hebdomadaire supérieure à 125 cas pour 100 000 habitants. C'est plus du double que la situation en Guyane et que le seuil d'alerte. 

Ces derniers-jours, un cluster s'est déclaré au lycée Melkior-Garré de Cayenne. Une majorité des élèves touchés vivent à Rémire-Montjoly. Les écoles et les deux collèges de la commune ont également enregistré plusieurs cas, tant chez les enfants que chez les adultes.

Dans la commune, les trois quarts des contaminations se produisent localement : dans le cadre familial en premier lieu puis dans le cadre amical et enfin en milieu professionnel. La part des cas importés y est supérieure au reste de la Guyane. Un patient sur quatre revient d'une zone où le virus circule fortement. C'est en majorité des gens qui ont pris l'avion, qui reviennent des Antilles qui apportent le virus, et dans une moindre mesure de Paris. Enfin, il y a aussi les cas importés depuis le Brésil. Mais ils sont beaucoup plus difficile à quantifier, car les gens ne vont pas se faire dépister après avoir effectué une traversée illégale, mais tout à fait possible puisque les moyens de contrôle sont inéfficaces à la frontière avec le Brésil principalement. Ce qui laisse à penser qu'il y a plus de cas que ceux recencés. D'ailleurs la directrice générale de l'ARS (Agence régionale de la santé), Clara de Bort, demande à tous les habitants "de se faire contrôler régulièrement"  et, pour Rémire, aux habitants de "porter le masque systématiquement" voir son itw ci-dessous).

Cette situation à Rémire-Montjoly a conduit l'ARS à organiser une réunion technique avec la mairie. Elle aura lieu en tout début de semaine prochaine afin de décider des actions à mener auprès de la population. Dans les prochains jours, le Centre communal d'action sociale (CCAS) de Rémire, avec ses partenaires, va reprendre la distribution de masque et ses actions de prévention auprès des habitants. 
Tous les quartiers de Kourou touchés
Second point d'alerte : Kourou. C'est la deuxième ville de Guyane la plus touchée. La circulation du virus y est forte. Les nouveaux cas de Covid19 touchent d'ailleurs tous les secteurs de la ville, selon le travail de géo-localisation réalisé par Santé Publique France. Jeudi après-midi, la direction de la santé publique de l'ARS a échangé avec les responsables de la mairie et avec la docteur Martine Papaix-Puech, médecin au Centre hospitalier de Kourou (CHK), en charge des questions de santé. La municipalité a annoncé plusieurs opérations pour les jours à venir telle que les maraudes ciblées, des messages de prévention, le rappel de l'importance de se faire dépister au moindre doute et surtout de faire respecter les gestes barrière.
Plusieurs signaux font craindre l'imminence d'un redémarrage
"Dans sa lutte contre l'épidémie de Covid19, la Guyane semble marcher actuellement sur une ligne de crête, qui peut la faire basculer brutalement du mauvais côté" indique ce vendredi la lettre pro de l'ARS. Plusieurs signeaux faibles attestent d'une reprise de la circulation virale, et le nombre de tests, peu élevé, peut conduire à une multiplication inaperçue du réel nombre de cas. C'est une véritable source d'inquiétude pour les autorités qui savent qu'il y a plus de cas que ceux officiellement recensés, tout simplement parce que les gens ne vont pas se faire dépister. On l'a dit (ci-dessus), il y a le problème des frontières où les gens passent sans problème. Les gens qui reviennent du Brésil ou du Suriname ne vont pas se faire tester sauf si ils sont vraiment malades. Et les habitants, de par le recul de la maladie ces deux derniers mois, n'avaient plus l'envie ni l'occasion de se faire tester.

Des clusters, terme qui avait à peu près disparu des conversations ces dernières semaines, réapparaissent. En milieu professionnel, mais aussi en milieu scolaire, comme c'est le cas cette semaine au lycée Melkior-Garré à Cayenne. Selon l'ARS, ces clusters sont apparus notamment suite à des soirées festives qui ont été organisées à domicile ou lors de soirées plus ou moins déclarées comme il y en a eu beaucoup ces dernières semaines. Dont 2 grosses soirées qui ont eu lieu justement à Rémire-Montjoly, avec celle qui a eu lieu à Montravel chez une personnalité bien connue de la Guyane avec un chanteur particulièrement connu et médiatisée ou encore le week-end dernier, toujours à Rémire avec une soirée non déclarée, qui s'est donc tenue en totale illégalité avec 5 artistes prévus dont une très grosse affiche très connue et très appréciée des jeunes en Guyane. Il y a également des soirées sauvages ou des raves et des party festives un peu plus loin de l'gglomération, comme régulièrement, quasiment tous les week-ends, du côté de la Comté sur la commune de Roura et ou dans certaines criques et endroits paisibles en forêt qui permettent d'organiser des rendez-vous festifs.

Clara de Bort estime qu'il est trop tôt pour dire qu'on est dans la seconde vague par contre elle appelle les habitants à reprendre les gestes barrières et à se faire tester. - Samir MATHIEU

Clara de Bort : "Il faut remettre les masques et se faire dépister régulièrement"
La directrice générale de l'ARS, Clara de Bort livre ses impressions et donne son analyse de la situation concernant la reprise de l'épidémie de Covid19. Si pour elle, il est trop tôt pour parler de seconde vague, elle insiste pour que les habitants reprennent l'habitude des gestes barrières et pour qu'ils se fassent dépister rapidement. 

- C'est trop tôt pour dire qu'on est dans la deuxième vague. Ce que l'on peut dire, c'est que certes les cas augmentent significativement. Nous sommes dans une situation qui nécessite une surveillance intense. Elle connaît une évolution sensible depuis quelques jours. On a redépassé le seuil d'alerte épidémique avec 54 cas pour 100 000 habitants. Mais sur certains endroits, nous sommes déjà bien plus haut hélas. C'est le cas sur la commune de Rémire-Montjoly où le taux d'incidence est plus du double avec 115 cas pour 100 000 habitants. Surveillance aussi du côté de Kourou. 

- L'enjeu immédiat c'est d'éteindre ces démarrages de petits incendies sur ces deux zones sensibles que sont Rémire et Kourou. Les deux communes sont sous surveillance renforcée. On connaît une augmentation lente mais franche depuis 2 à 3 semaines.

- C'est pour cela que l'on compte sur l'information de la population. Il faut que les gens sachent qu'il faut remettre le masque. C'est très important, notamment sur les communes de Rémire et Kourou, où l'on fait face à une circulation active du virus. Il faut aussi se faire tester. C'est vraiment très important. Et se faire tester, même si on a aucun symptomes. Plein de personnes sont asymptomatiques. On le sait. Mais ça permet de prévenir les proches, soit directement soit par l'application.

- Ce qui est important, c'est que les gens connaissent leur situation virale. Il faut se faire tester, je le redis, même si on a pas de symptomes, et surtout si on a pris un risque. Je pense aux soirées entre amis ou aux autres soirées festives nombreuses qui ont eu lieu ces dernières semaines. C'est un réflexe à avoir : se faire dépister. C'est un réflexe qu'il faut développer. Ce n'est pas forcément très agréable le test PCR, mais ce n'est pas douloureux, mais surtout il faut les faire régulièrement. On va mettre en place des tests, dès mercredi prochain, à l'université à Cayenne. Ce dispositif devrait être maintenu pendant les 3 semaines qui suivent à la fac à Cayenne. 

En chiffres
En Guyane
- 10 950 cas cumulés dont 170 pour cette semaine (point au 19 novembre)
- 10 patients en hospitalisation conventionnelle
- Aucun patient en réanimation
- 70 décès en milieu hospitalier (aucun nouveau décès depuis plus de 15 jours)

Dans l'Amapa, au Brésil :
- 55 885 cas cumulés (+ 2 095 cas en une semaine). Le nombre de contamination a doublé en une semaine dans l'Amapa, ce qui laisse apparaître une forte reprise du Covid19 dans notre état voisin du Brésil.
- 785 décès (+15 en une semaine) au 19 novembre
Et rien que sur Oiapoque :
- 3 016 cas positifs (+42 en une semaine). Là aussi, il s'agit d'une hausse, plus légère.

Au Suriname :
- 5 284 cas cumulés (+23 en une semaine)
- 5 patients en soins intensifs
- 116 décès (+2 en une semaine)

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2 commentaires

Vos commentaires

GILLES BERNARD 21.11.2020

C'était sûr qu'on allait droit vers une seconde épidémie,suite au retour des vacanciers de la Toussaint, particulièrement. Sinon, c'est quoi la méthode de soin, pour les personnes atteintes ? "Retournes chez toi et prends du Doliprane ?".

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g6d 21.11.2020

conséquence des retours de vacances ? c'était il y a 2 semaines

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