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Covid-19 : « Que la vague arrive le plus tard possible chez nous »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Jeudi 26 Mars 2020 - 16h19
Covid-19 : « Que la vague arrive le plus tard possible chez nous »
"Pour l’instant, il n’y a pas d’épidémie en Guyane", tempère Clara De Bort - Guillaume Reuge

Interview de Clara De Bort, directrice générale de l’Agence régionale de santé de Guyane, réalisée ce jeudi 26 mars

La situation est-elle sous contrôle ?
Pour l’instant, il n’y a pas d’épidémie en Guyane. Aucun patient n’a été placé en service de réanimation. Néanmoins, l’épidémie étant mondiale, et la Guyane étant connectée au reste du monde, nous nous préparons. À ce jour, trente personnes ont été déclarées comme infectées par le virus en Guyane. Dix sont déjà guéries et aucune n’a contracté de forme grave. La Guyane expérimente le confinement au stade 1, c’est une première : tous les autres pays sont passés au confinement plus tard. On espère un effet positif sur l’évolution du virus.
On s’attend néanmoins à un pic ?
Il est absolument nécéssaire que la vague arrive le plus tard possible chez nous. Idéalement après qu’elle soit passée en métropole. Plus la vague arrivera tard en Guyane plus nous pourrons avoir du renfort de métropole.
Le nombre de lits en service réanimation, revu à la hausse, suffira-t-il ?
Les unités réanimations du Char et du Chog sont désormais dédiées au Covid. Avant la crise, il y avait 11 lits, nous sommes aujourd’hui prêts à monter à une quarantaine de lits. Une trentaine à Cayenne et le reste à Saint-Laurent. Il y a 81 respirateurs disponibles. Cette maladie est la plupart du temps non grave et permet une prise en charge à domicile. Mais pour une proportion limitée de cas, surtout nos ainés, ça peut être grave et nécessiter des soins en réanimations. Les expériences italienne ou chinoise nous apprennent que le risque de saturation vient de la longueur de ces soins en réanimations.
Les personnels ont-ils également été renforcés ?
Notre système de santé va être mis à rude épreuve. Nous sommes en pleine réorganisation. Les activités d’interruption volontaire de grossesse et de dialyses ont été maintenus. Mais toutes les activités qui peuvent être déprogrammées l’ont été pour soulager les personnels. Ceux-ci sont aussi renforcés par des infirmiers libéraux volontaires et des étudiants en dernière année de médecine.
Comment les proches des malades sont-il suivis ?
Au cours des deux dernières semaines, nous avons testé environ 200 personnes. Nous avons suivi le maximum de personnes qui ont pu côtoyer les malades avérés. 807 entretiens téléphoniques ont été menés par l’ARS, c’est à dire environ trente entretiens de proches par personne malade. 675 ont été classés en risque élevé ou modéré, plusieurs d’entre eux ont été placés sous surveillance. À ce jour, il n’y a aucun cas tertiaire ni quaternaire. C’est une bonne nouvelle, il faut maintenir la pression.
À quoi va servir le porte-hélicoptères amphibie Dixmude qui sera envoyé aux Antilles en avril comme annoncé par le président de la République ?
Il servira de base logistique pour faciliter les transport de personnes ou de matériel sur l’arc Antilles-Guyane. Ce n’est pas un hôpital de campagne !

Pour en savoir plus :